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L'antisèche d'Angleterre - Afrique du Sud : le miracle sud-africain
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Publié 22/10/2023 à 00:14 GMT+2
L’Afrique du Sud a battu l’Angleterre sur le fil samedi en demi-finale de la Coupe du monde (15-16). Apathiques dans une rencontre particulièrement pauvre en termes de spectacle, les Springboks ont eu l’audace de changer leur fusil d’épaule à un quart d’heure de la fin du match et ont fait la différence in-extremis grâce à l’apport du banc. Ils filent en finale par un trou de souris.
Merci, Messieurs les Anglais !
Video credit: Eurosport
Le jeu : une négation du rugby
Cette Coupe du monde nous aura proposé la quintessence du beau rugby avec Nouvelle-Zélande – Irlande et son exact opposé samedi avec cet insipide Angleterre – Afrique du Sud. Les deux équipes ayant pris le parti de ne pas jouer et encore moins de se faire des passes, il est vrai sous une pluie continue, la rencontre a vite pris des airs de bouillie. Un scénario qui a très longtemps fait l’affaire du XV de la Rose, plus que ravi de cette physionomie de match où toute forme de passe paraissait suspecte.
Peu à son avantage au pied depuis le début de la compétition, Owen Farrell a choisi cette demie pour se sublimer et tout passer, à l’image d’un drop de 45 mètres en deuxième période qui a mis les Springboks hors de portée de fusil (55e). Certainement émoussés du combat de dimanche dernier face aux Bleus, les partenaires de Siya Kolisi ont patiné pendant une bonne heure dans ce rugby petit-bras. Au pied du mur, ils ont ensuite (et enfin !) fini par élargir un peu leur palette et ont été récompensés, bien aidés par l’apport d’un banc efficient à l’image de RG Snyman, Ox Nche et Kwagga Smith.
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A-t-on assisté à des demi-finales dignes de ce nom ?
Video credit: Eurosport
Les joueurs : Farrell a pris son pied, Nche a changé la donne
On attend d’un ouvreur qu’il anime le jeu et Owen Farrell a fait en tout et pour tout cinq passes à la main, dont deux seulement durant la première heure de jeu. Il s’est en revanche épanoui avec du jeu au pied d’occupation et de pression et a réussi tous ses tirs au but, marquant même un drop de 40 mètres. Devant, Courtney Lawes n’a pas ménagé ses efforts et a mis son équipe dans l’avancée, avec le plus de mètres parcourus ballon en main dans cette partie (41).
Côté sud-africain, le match était raté dans les grandes largeurs jusqu’à l’heure de jeu mais la lumière est venue du banc. En particulier d’un homme, Ox Nche, dont la puissance en mêlée fermée a fait des ravages et permis à l’Afrique du Sud de récupérer trois pénalités. La première pour éviter le pire à 5 mètres de sa ligne d’en-but (60e), la deuxième pour permettre à Handre Pollard de trouver une touche à 5 mètres de l’en-but adverse préalable à l’essai de l’espoir de RG Snyman (69e) et la dernière, à trois minutes du terme, qui a offert la munition de la gagne à son ouvreur. Si l’Afrique du Sud est en finale, elle lui doit énormément.
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Owen Farrell, le demi d'ouverture du XV de l'Angleterre
Crédit: Imago
L’action : le raté de Steward fatal à l’Angleterre
Le rugby peut être parfois bien cruel. Excellent dans les airs toute la partie, Freddie Stewart a connu une faille et celle-ci a offert la victoire aux Springboks. A six minutes de la fin, le XV de la Rose menait encore (15-13) malgré un essai de RG Snyman, et son arrière a eu un ballon de relance à négocier. Sans surprise, vu ce qui a été proposé tout au long du match, il a monté une chandelle. Sauf que cette fois, le ballon n’a pas beaucoup avancé. À la retombée, il n’a pu maîtriser la balle, bien gêné par Kwagga Smith. En-avant, mêlée et le bulldozer Ox Nche a concassé une dernière fois le pauvre Kyle Sinckler. Une occasion pour l’Afrique du Sud de passer devant pour la première fois du match pas manquée par Handre Pollard, à 48 mètres des poteaux. Inespéré pour une équipe qui s’est noyée pendant près d’une heure.
La stat’ : 66
C’est le nombre de passes réalisées par les Sud-Africains dans cette partie. A titre de comparaison, les Néo-Zélandais en ont fait 211 la veille face à l’Argentine. Sans la pluie, certes, mais la différence énorme traduit quand même la faible ambition de jeu des Springboks dans cette partie.
La décla’ : Siya Kolisi (capitaine de l'Afrique du Sud)
La question : Comment l’Afrique du Sud a-t-elle pu s’extraire de ce bourbier ?
Vu ce qu’elle avait proposé depuis le début de la Coupe du monde et même de l’année, on n’attendait pas de l’Angleterre qu’elle enchante le Stade de France avec des envolées lyriques en bout de ligne. Voir l’Afrique du Sud refuser à ce point de jouer était en revanche plus surprenant. Conscient de s’être trompé dans le choix des hommes, Jacques Nienaber n’a alors pas fait dans le sentiment pour tenter de redresser la barre.
Manie Libbok est sorti à la demi-heure de jeu. Cobus Reinach juste après a mi-temps (43e), Eben Etzebeth trois minutes plus tard et le capitaine Siya Kolisi à une demi-heure de la fin. Et puisque cela n’allait toujours pas et que les Sud-Africains fonçaient inexorablement tête baissée dans le mur, ils ont fait le choix de faire vivre un peu plus le ballon pour se donner une chance. Tard, très tard même, mais pas trop tard puisque ce petit plus d’ambition leur a permis de mettre les Anglais sous pression et d’inverser la tendance.
Mais comment ne pas louer avant tout l’apport d’Ox Nche, sur le banc au coup d’envoi et qui a sauvé la patrie en gagnant à l’heure de jeu une pénalité sur une mêlée à 5 mètres de son en-but avec introduction anglaise, qui aurait pu permettre au XV de la Rose de se détacher pour de bon. Un petit bonhomme râblé d’1,73m véritable game changer d’une rencontre qui paraissait perdue pour les champions du monde. Personne ne l’attendait, comme personne n’attendait autant de souffrance pour cette Afrique du Sud bien loin du niveau qui lui avait permis de terrasser les Bleus une semaine plus tôt et qui a eu besoin d’un petit miracle pour poursuivre sa route dans la compétition.
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