L'antisèche d'Afrique du Sud - Irlande (8-13) : Rendez-vous en finale ?

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L'Irlande a battu 13-8 l'Afrique du Sud, samedi à Saint-Denis, dans ce qui pouvait ressembler à une finale avant l'heure. L'intensité de l'affrontement a été à la hauteur des attentes. On se demande encore plus, après cette conjointe démonstration de brutalité, si le vainqueur de la Coupe du monde n'est pas immanquablement sous nos yeux. Pourtant, les Français ont des motifs d'espoir.

Peur bleue pour la France après ce sommet d'intensité ?

Video credit: Eurosport

Le jeu : férocité extrême

L'affrontement promettait d'être violent. Il l'a été. Irlandais et Sud-Africains ont offert aux 78 542 spectateurs présents à Saint-Denis ce samedi ce qu'il se fait de plus brutal dans le rugby mondial. Sans jamais flirter avec l'orgie de grandes envolées, le choc de titans n'a pas été pour autant restrictif, avec des prises de risque des deux côtés. Les Boks ont un peu plus tenté, leurs rivaux ont eu le dernier mot (13-8).

Les joueurs : De Allende - Aki, duel d'autobus

Bundee Aki et Damian de Allende ont deux points communs : un n°12 dans le dos et une puissance colossale. Le premier a été désigné homme du match, fort d'un plaquage décisif et d'une percée impressionnante. Le second a mis sur les fesses Garry Ringrose et Johnny Sexton au cœur d'un premier acte monstrueux de sa part.
Damian Willemse, par ailleurs emballant par ses appuis électriques, est fautif sur l'essai irlandais, où il "ferme" en montant en pointe alors qu'il y a un 2 contre 2. Il analyse mal une situation en fin de rencontre, coûtant une mêlée à cinq mètres. Ronan Kelleher a vécu, avec son alignement, un début de match compliqué (0/4 en touche pour commencer, côté irlandais, 12/18 au final).
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La joie de Bundee Aki, après la victoire de l'Irlande contre l'Afrique du Sud | Coupe du monde 2023

Crédit: Getty Images

L'action

L'ultime action de cette rencontre, qui a vu les Irlandais défendre leur ligne d'en-but comme des morts de faim, mettant en échec le maul sud-africain pour faire chavirer une grande majorité du Stade de France.

L'image

Le colosse Eben Etzebeth (2,03 m, 122 kg) soulevé comme un enfant, il fallait le faire. L'exploit est signé par l'ailier James Lowe, soutenu par Josh van der Flier.

La décision symbolique

Même pas peur. L'Irlande a choisi la pénaltouche plutôt que les 3 points, pour tenter d'ouvrir le score en bonne position dès la 3e minute. Un pari audacieux qui n'a pas payé. Cette ambition s'est à nouveau illustrée dans une situation similaire (angle plus fermé) à la demi-heure de jeu et Mack Hansen l'a récompensée.

La stat : 1/5

Il ne manque pas grand-chose à cette équipe d'Afrique du Sud pour ressembler à une machine sans faille. Mais la principale faille en question – un buteur d'élite – est très coûteuse à ce niveau. Ce samedi soir au Stade de France, le duo Libbok-De Klerk a signé un faible et décisif 1/5 face aux poteaux.
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"Le Stade de France était un petit Dublin"

Video credit: Eurosport

La décla de Bundee Aki

La question : inévitable revanche en finale ?

Des finales, en veux-tu, en-voilà. Entre le match d'ouverture France - Nouvelle-Zélande, cette affiche Afrique du Sud - Irlande et des quarts qui verront probablement se croiser ces équipes, la Coupe du monde de rugby 2023 regorge de rencontres prestigieuses. Celle de ce samedi a mérité sa pompeuse appellation de "finale". La place de numéro 1 du classement World Rugby était en jeu de manière aussi anecdotique que significative, à l'aune du monument d'intensité proposé.
Par la tension qui a régné jusqu'à la dernière seconde, par l'effervescence qui a accompagné ces 80 minutes d'une confrontation immense, par le niveau d'excellence proposé – face aux perches excepté pour les Sud-Africains –, on a eu le sentiment d'avoir un avant-goût du 28 octobre prochain. Le succès des Bleus face aux All Blacks était au moins aussi fort en émotions, ici-même le 8 septembre, en raison du soutien populaire qu'il avait magnifié. Mais en termes de rugby, c'était autre chose.
Est-ce pour autant rédhibitoire pour Néo-Zélandais et Français ? Les hommes au maillot frappé de la fougère argentée semblent les moins solides des quatre favoris, mais cette opportunité d'avancer dans l'ombre est unique pour eux, et l'écart n'a rien d'abyssal. Pour les Tricolores, les raisons d'espérer ne manquent pas. Si le match inaugural de ce Mondial n'a pas eu la même dramaturgie, c'est parce qu'ils l'ont gagné nettement et c'est tout sauf une tare.
Au complet – entendez par là avec Antoine Dupont –, ils ont de quoi se sentir capable de rivaliser. D'autant plus que la joute énergivore de cette fraîche soirée séquano-dionysienne a montré que les Boks n'étaient pas des tenants du titre au-dessus du lot, que leur manque au talon (un seul spécialiste depuis le forfait de Malcolm Marx) était non-négligeable et qu'ils pouvaient buter sur l'écueil du but. Un quart face à eux reviendrait à escalader une montagne… peut-être pas un Everest.
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Dupont, un coup dur évitable ? "Galthié ne pouvait pas faire 15 changements à la pause"

Video credit: Eurosport

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