Tous frustrés, après France - Uruguay (27-12) lors de la Coupe du monde de rugby 2023

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C'est un XV de France empli de frustration qui a battu l'Uruguay, sans jamais se mettre en route, jeudi à Villeneuve-d'Ascq. Son succès 27-12 ne traduit pas l'écart de niveau attendu, entre une équipe favorite de la Coupe du monde et une cylindrée à l'ambition bien moindre. Les Bleus et leurs supporters aspirent à mieux. Fabien Galthié aussi, même s'il préfère relativiser, de manière cartésienne.

Le pire match de l'ère Galthié ? "L'un des plus mauvais mais on a gagné !"

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Frustration. C'est le mot qu'on a sans doute le plus prononcé et entendu, jeudi soir en conférence de presse et en zone mixte à Villeneuve-d'Ascq. "On n'a pas pu se lâcher comme on voulait", a notamment regretté Sekou Macalou, après la victoire 27-12 du XV de France face à l'Uruguay. Fabien Galthié a déploré ce sentiment d'inachevé : "Les joueurs,on a envie qu'ils s'amusent, qu'ils jouent, qu'ils soient heureux."
De là à dire que le sélectionneur français était déçu ? "C'est vous qui employez le mot décevant. Je suis satisfait de la victoire", a-t-il rétorqué à l'un de nos confrères. Comme frustré, lui aussi, d'avoir à rappeler qu'un succès, même poussif, est de fait réjouissant : "On n'est pas là pour faire des démonstrations, rendre des copies propres, a argumenté le coach des Bleus. Respectons l'adversaire."

"On s'est fait chier"

Reste qu'entre la France et l'Uruguay, il est légitime d'espérer constater un monde, côté fans tricolores. On ne l'a pas vu au Stade Pierre Mauroy. Non seulement le score étriqué en témoigne, mais ce n'est pas seulement dans le combat que "los Teros" ont rivalisé. Ils ont aussi regardé l'un des quatre favoris de cette Coupe du monde droit dans les yeux, en termes de capacité à produire un jeu attrayant.
"On s'est fait chier", a pesté Paul Boudehent, selon qui le XV de France n'a pas réussi à s'exprimer comme il le souhaitait. "Bravo à eux", glisse-t-il même en direction des Uruguayens, renforçant le paradoxe entre des vainqueurs penauds et des battus dont tout le monde a salué la valeur. Ces derniers ont même été applaudis par le public, qui n'a pas débordé d'enthousiasme lors du tour d'honneur des Bleus.
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Qui a bousculé la hiérarchie ? "Bielle-Biarrey a levé le doigt timidement"

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Soutien plus timide

Cette équipe de France remaniée (douze changements par rapport au match d'ouverture remporté face à la Nouvelle-Zélande) n'a pas suscité un engouement démentiel, alors qu'une ola était partie dans les travées du Stade de France face à l'Australie, le 27 août dernier, avant même que la partie ne se décante. Les matches de préparation relativement inaboutis face à l'Ecosse et aux Fidji avaient aussi semblé convaincre l'assemblée, à Saint-Etienne et à Nantes.
Comme si cette brillante équipe de France n'avait plus besoin de scintiller constamment pour être soutenue ardemment. Jeudi, cette mansuétude s'est encore ressentie… mais moins nettement. Comme si le delta entre l'extase vécue six jours plus tôt, face aux All Blacks, et la satisfaction mesurée de dominer péniblement l'Uruguay était trop vertigineux pour que le public français s'accommode pleinement d'une victoire cahin-caha.

Galthié a eu le don d'en sourire

C'est donc naturellement que ce climat d'amertume a accompagné les discussions, tardives, entre joueurs et médias ce jeudi. Des médias face auxquels Galthié a même ironisé, taquin, voyant la déception d'un journaliste qui n'avait pas eu l'opportunité de le questionner, non pourvu du micro qui se promenait de main en main dans la salle : "Vous avez fait un frustré". Un de plus.
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