Coupe du monde de rugby féminin I L'équipe de France s'en veut après un nouveau revers face à l'Angleterre (35-17) : "On n'a jamais été aussi près"
Par Vincent Roussel
Publié 20/09/2025 à 21:14 GMT+2
Battues pour la dix-septième fois de suite par l’Angleterre (35-17), les Bleues ont, une fois de plus, échoué en demi-finale de la Coupe du monde. Un plafond de verre qui ne cède pas pour l’équipe de David Ortiz et Gaëlle Mignot, et une bête noir continue de se jouer du XV de France. Mais cela n’a pas empêché les Tricolores d’afficher une surprenante dose d’optimisme, après le match.
Battues pour la 17e fois de suite par l'Angleterre (35-17), les joueuses du XV de France ne sont pas passées loin de faire tomber leur bête noire en demi-finale de la Coupe du monde
Crédit: Getty Images
Comment faire tomber la meilleure équipe du monde ? Comment bousculer une institution qui domine le rugby européen sans relâche depuis plus de 20 ans ? Ces questions, qui trottent dans la tête des différents staffs de l’équipe de France féminine qui se sont succédé ces dernières années n’ont pas encore trouvé leur réponse. Mais cette fois, quelques fissures sont apparues, et cela a forcément donné un peu d’espoirs.
"On a regardé dans les yeux cette équipe pendant 60 bonnes minutes, et malheureusement, quelques erreurs ont coûté cher sur cette fin de match et valorisent le score alors que la prestation a été de haut niveau", a ainsi positivé David Ortiz, co-sélectionneur du XV de France, ce samedi, dans les travées d’Ashton Gate, à Bristol, après la défaite des siennes face à l’Angleterre en demi-finale de la Coupe du monde (35-17).
Ce que l'on dit à la mi-temps, c'est que, premièrement, on est dans le match, on n'a jamais été aussi près
Un optimisme déplacé, alors que son équipe venait d’encaisser un 17e revers de suite face au XV de la Rose ? Forcément, en cette semaine de Classique, cela fait un peu penser à la série noire de l’OM face au PSG entre avril 2012 et septembre 2020 : 20 matches sans victoire dont… 17 défaites. Sauf que, cette fois, les Bleues ont vraiment fait douter les doubles championnes du monde (1994, 2014), dominant même sur certaines phases de jeu.
"On ne s'est pas dit, elles sont encore supérieures aujourd'hui. Je pense qu'on a respecté ce qu'on s'était dit au sein du groupe, être courageuse, jouer notre jeu", a ainsi apprécié la capitaine Marine Ménager. Du courage, il en a fallu pour ne pas s’effondrer après une entame délicate et un essai encaissé dès la 5e minute. Les Françaises s’en sont relevées, toute proche de revenir à 7 partout après l’essai marqué par Nassira Konde (24e).
On a senti à un moment donné qu'on aurait pu faire basculer la rencontre
"Clairement, ce que l'on dit à la mi-temps, c'est que, premièrement, on est dans le match, on n'a jamais été aussi près", a raconté Gaëlle Mignot, co-sélectionneuse des Bleues. "Après, on est conscients, forcément, qu'on a vendangé des occasions. On sait que sur ce style de match, l'erreur coûte cher en règle générale à la fin. Donc voilà, c'est ce qu'on dit à nos joueuses, qu'il faut être plus précises là-dessus, continuer de mettre en place le jeu parce qu'on a trouvé des brèches, on a trouvé des occasions, dans les couloirs, par exemple".
Un autre géant attend les Bleues
Toujours dans le récit, l’ancienne talonneuse du XV de France a ainsi poursuivi : "On a senti à un moment donné qu'on aurait pu faire basculer la rencontre. Après, il y a encore un peu de décalage entre cette équipe et nous. Il faut être précis pendant 80 minutes. On ne l'a pas été et aujourd'hui, on le paye cash". Une analyse qu’a partagé Ortiz : "Je crois que ce qui fait basculer peut-être à la 60ème, ce sont des petites erreurs techniques, des imprécisions, une touche manquée qui nous renvoie dans les 22 mètres alors qu'on était en train de mettre la pression chez elles".
Des manques que les joueuses ne renient pas et assument même pleinement, à l’image des déclarations de Menager en conférence de presse d'après-match : "Oui, notre jeu, est fait aussi de petits déchets parce qu'on a envie que chacune s'exprime, qu'on a un jeu d'initiative. De temps en temps, ça passe, de temps en temps, ça passe un peu moins. Les Anglaises ont encore montré que c'était une très grande équipe, que la moindre occasion, elles la mettaient au bout".
C'est de bon augure pour la suite
Et c’est ce qui fait la différence entre les partenaires de Zoé Harrison et celles de Morgane Bourgeois, qui a par exemple loupé la transformation dans le premier acte, qui aurait permis aux siennes de revenir à hauteur. Mais pourquoi se laisser abattre, quand le sport vous offre toujours une autre chance ?
"Je crois qu'on a la chance, si on regarde pour l'avenir, d'avoir une jeune équipe qui vient de vivre un moment important, historique", a voulu se projeter Gaëlle Mignot. "Jouer les Anglaises en Angleterre en demi-finale de la Coupe du Monde devant 26 000 personnes, je crois que ça marque un groupe. C'est de bon augure pour la suite". Là, il s’agira de faire tomber un autre mastodonte mondial, lors du match pour la 3ème place : la Nouvelle-Zélande, vainqueure de 6 des 9 éditions du Mondial. Avant, peut-être, d’enfin briser cette satanée série noire face à l’Angleterre.
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