Finale de Champions Cup | UBB-Leinster : Bordeaux-Bègles sans penser au lendemain, enfin...

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Poussifs face à Perpignan le week-end dernier (victoire 37-32), les joueurs de l'UBB ont eu du mal à gérer la proximité de cette rencontre avec la finale de la Champions Cup. Une habitude avouée qui n'a pas entamé leur confiance, avant de viser un deuxième sacre consécutif dans la compétition, ce samedi à Bilbao face au Leinster (15h45). Avant, aussi, de cravacher en Top 14. Mais place au présent.

Damian Penaud, à gauche, à la veille de la finale de la Champions Cup

Crédit: Imago

Pour l'effet de surprise, on repassera. Samedi dernier à Chaban, l'UBB s'est heurtée à un écueil trop prévisible pour qu'il soit qualifié de piège. Elle a eu toutes les peines du monde à vaincre l'USAP (37-32), à sept jours d'une finale de Champions Cup durant laquelle les Bordelo-Béglais viseront un deuxième couronnement de rang, à 15h45. Il a fallu moins d'une minute aux Perpignanais pour mettre en exergue les atermoiements des locaux, via un essai de Jefferson-Lee Joseph.
"On a frisé le ridicule pendant une bonne mi-temps", a tonné Christophe Laussucq, déplorant une "entame apathique" en conférence de presse d'après-match. L'entraîneur de la défense de l'UBB voyait ce problème arriver gros comme une maison. Il a tiqué sur son ampleur : "On redoutait un peu que les joueurs aient la tête ailleurs, que notre état d'esprit ne soit pas à 100% sur ce match, que l'on ne craigne pas assez cette équipe catalane… mais pas à ce point-là." Alors, inquiets ?
On a fait ce que l'on sait faire : passer un peu à côté, une semaine avant un gros rendez-vous
Pas de panique, au contraire. "On a fait ce que l'on sait faire : passer un peu à côté, une semaine avant un gros rendez-vous", a ironisé le capitaine du jour, Jefferson Poirot, tandis que Laussucq modérait sa critique. "Les joueurs n'avaient pas envie de se blesser, c'est normal à une semaine d'une finale, a admis l'ancien demi de mêlée. Je les comprends, personne n'a vraiment triché, mais personne n'avait coché le match de Perpignan comme objectif prioritaire. Tout le monde avait la tête à Bilbao."
Dans ce contexte, l'avoir emporté, certes sans bonus offensif, dans le sillage d'un Louis Bielle-Biarrey décisif en sortie de banc, est un moindre mal. Et Poirot de rappeler que Bordeaux-Bègles a fait bien pire en championnat, entre ses succès 30-15 face à Toulouse et 38-26 contre Bath en Champions Cup, qu'en cette période : "On avait pris un point entre le quart et la demie. Là, on en prend huit. On s'est replacés en Top 14, alors qu'on était en grand danger avant d'aller à Bayonne."
On sait qu'on est capables de monter le curseur sur des matches à quitte ou double
Sur la pelouse de l'Aviron, Maxime Lucu et les siens ont gagné (38-40) après avoir été menés de dix-neuf unités (38-19). Cela fait donc deux victoires arrachées de suite. De quoi rassurer, en termes d'abnégation, tout en ménageant en partie les cadres de l'équipe. Mais ce samedi face au Leinster à Bilbao, une partition aussi inaboutie ne devrait pas suffire. C'est le champion qui brille dans "sa" compétition (sept succès en sept matches, 44-22 pour score moyen) qui est attendu sur le pré.
"On va savoir de quoi l'UBB est faite", trépigne Jefferson Poirot dans L'Equipe, après avoir raté la demie pour cause de suspension. Le pilier gauche de 33 ans voit en la province irlandaise un rival du même acabit qu'un célèbre adversaire venu de la ville rose : "C'est un monument du rugby avec quatre titres européens et des finales presque à chaque édition (trois, toutes perdues, lors des quatre précédentes cuvées, ndlr). C'est énorme. Ils sont un peu l'égal du Stade Toulousain (six sacres, un record)."
"La Champions Cup nous sublime, mais nous joue des tours en championnat. C'est notre prochaine marge de progression pour les saisons à venir, estime-t-il, confiant à court terme. On arrive à switcher en mode Coupe d'Europe. On est différents." Matthieu Jalibert corrobore : "On sait qu'on est capables de monter le curseur sur des matches à quitte ou double. On l'a fait contre Toulouse et Bath." Et face à Northampton en finale (28-20), il y a un an, une semaine après une victoire étriquée conte le CO (34-29).

Il ne manquerait plus que ça…

Pour triompher en Top 14, les Bordelo-Béglais n'auront pas le loisir de faire redescendre ce curseur d'intensité à Toulon (31 mai) puis face à Clermont (6 juin), étant donné qu'ils occupent "seulement" le cinquième rang d'un championnat dominé par Toulouse. Avec l'ASM, le Racing 92 et le Stade rochelais aux trousses, l'UBB n'est pas assurée de participer à la phase finale et risque, si elle y parvient, de passer par la case barrage, étant donné son retard sur le MHR (2e).
Or, le bouclier de Brennus demeure l'objectif ultime du président du club girondin, Laurent Marti, "obligé" de le reconnaître dans un entretien récemment accordé à l'AFP, où il a loué l'importance de la Champions Cup sans renier le côté mystique du célèbre bout de bois que ses joueurs ont failli étreindre l'an passé. Mais s'il faut avoir "la tête à Bilbao" un jour, c'est bien ce samedi, où Jalibert et sa bande ont un grand match à disputer. Sans penser au lendemain. Enfin…
Le sourire de Yannick Bru, à la veille de la finale de Champions Cup

Le sourire de Yannick Bru, à la veille de la finale de Champions Cup

Crédit: Imago


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