Le quart de finale de Champions Cup entre l'UBB et Toulouse, une alléchante tragédie : "Les prévisions ? 52-46"
Eurosport sur GoogleLes deux derniers vainqueurs de l'épreuve s'affrontent en quart de Champions Cup, dimanche à Chaban-Delmas (16h). Entre l'UBB et Toulouse, le parfum de revanche peut flotter dans chaque camp et un point commun promet du spectacle : l'attaque de ces deux équipes déménage. De quoi saliver, malgré l'incongruité relative d'assister si tôt à un duel qui a constitué la finale du Top 14 en 2024 et 2025.
Thomas Ramos et Antoine Dupont (Toulouse) vs Louis Bielle-Biarrey et Damian Penaud (UBB)
Crédit: Eurosport
"Que ces deux équipes s'affrontent en quart est une véritable tragédie", dixit Nick Mallett. L'ancien coach du Stade français y est allé fort, dans les colonnes de L'Equipe. Mais on peut au moins lui reconnaître d'avoir su revisiter les poncifs "finale avant l'heure" et "rencontre au sommet", qui nous titillaient à l'approche de l'affrontement entre l'UBB et Toulouse, ce dimanche à Chaban-Delmas en Champions Cup (16h).
Une affiche séduisante qui intervient tôt en raison du parcours chaotique des Toulousains, qui ont perdu à Glasgow (28-21) et chez les Saracens (20-14) durant la phase de poules d'une compétition assez permissive en la matière. Le club de la ville rose n'y a donc pas abandonné ses espoirs de triomphe, mais il s'est compliqué le chemin menant au sacre, avec ce déplacement chez les tenants du titre, qui ont fait le plein dans leur groupe.
En huitième de finale le week-end dernier, Bordeaux-Bègles a surclassé Leicester (64-14), tandis que Dupont et sa bande se sont montrés à peine moins sévères avec Bristol (59-26). Prenez les points marqués (respectivement 237 et 227 en cinq matches), les essais plantés (36 et 33), les défenseurs battus (179 et 157) et vous obtenez le même résultat : l'attaque de l'UBB domine la Champions Cup et celle de Toulouse figure dans son sillage*.
Le marathon de notre championnat édulcore parfois le niveau de plaisir
"Si on s'amuse à regarder les prévisions de points, le score sera 52-46. Préparons-nous à un match ouvert. Mais les matches de phase finale se gagnent parfois à l'opposé de ce qu'on pensait tous", a prévenu Ugo Mola, jeudi en conférence de presse. Le manager toulousain n'est pas moins excité qu'à l'idée d'une finale contre l'UBB : "Préparer une rencontre face à Bordeaux est un challenge permanent, tant ses joueurs sont brillants."
"C'est génial, à la fois pour l'équipe et l'encadrement. On prend un plaisir fou. Le marathon de notre championnat édulcore parfois le niveau de plaisir. Quand je vois cet œil pétillant, chez les joueurs et dans mon staff, je me dis qu'on fait tout ça pour ça", a développé Mola, alors que Toulouse occupe largement la tête du Top 14 après 20 journées, tandis que l'UBB, 4e, est à égalité de points avec Pau (2e).
Dimanche sur le pré, l'étincelle pourrait venir d'un crochet de Salesi Rayasi ou d'une accélération de Kalvin Gourgues, d'un coup de génie de Matthieu Jalibert ou d'une inspiration de Romain Ntamack. Le moment clé sera peut-être un grattage de Jack Willis ou une entrée fracassante de Ben Tameifuna, une pénalité de 50 mètres de Thomas Ramos ou une percée de Damian Penaud. Le tout sans oublier que Louis Bielle-Biarrey (2025, 2026) et Antoine Dupont (2020, 2022, 2023) cumulent à eux deux cinq des sept dernières distinctions de "joueur du Tournoi des Six Nations".
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"Il y avait le dimanche des Rameaux, il y a le samedi du Ramos"
Video credit: Eurosport
Le ressort superflu de la rivalité
Reste le piment des précédents duels, pour agrémenter celui de dimanche d'une pincée de sel. En finale du Top 14, l'UBB a vécu deux nuances d'une immense déception face à la référence toulousaine : 59-3 en 2024, 39-33 après prolongation en 2025. Mais dans l'intervalle, Yannick Bru et sa troupe ont stoppé leur bourreau hexagonal en demie de Champions Cup l'an passé (35-18), le dépossédant du trophée.
Pour la farouche inimitié, il faudra cependant repasser. "Nous étions ravis qu'ils soient champions d'Europe après nous avoir battus. C'est toujours mieux d'avoir perdu contre le champion – c'est peut-être de l'ego mal placé – et contre des personnes que l'on apprécie, des garçons qui ont mérité ce titre", a ainsi considéré Mola, Bru se plaçant poliment en "outsider crédible", malgré le statut de vainqueur sortant de l'UBB, dans une épreuve sous pavillon français depuis cinq saisons.
"Ces rivalités sont nécessaires dans le sport de haut niveau (…) à condition qu'elles soient respectueuses", a résumé l'entraîneur de Toulouse, l'un de ses joueurs choisissant un autre terme. "Des rivalités, dans le rugby, on en invente beaucoup. Est-ce qu'on est rivaux ? Je nous considère plus comme des adversaires", a estimé Ramos, absent lors de la demi-finale de 2025, et par ailleurs réfractaire à l'idée de mettre une pièce dans la machine de l'opposition entre Jalibert et Ntamack. Ce match n'a même pas besoin de cela.
*Statistiques répertoriées avant le début des quarts de finale.
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Lafond : "On part pour une décennie-UBB"
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