Bilan du XV de France : fausse tournée d'été, vrais enseignements
Eurosport sur GoogleDans un schéma différent de celui d'une tournée d'été classique, la France revient de Nouvelle-Zélande, d'Australie et du Japon auréolée de la 1re place de son groupe. Outre cette satisfaction pour le lancement du Championnat des nations, les Bleus ont éprouvé l'association Jalibert-Ntamack et une puissante paire de centres. Galthié n'a pas fait tourner par principe, à une grosse année du Mondial.
"Le seul mec qui peut se permettre d'aller à Saint-Tropez, c'est Dupont"
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Les Bleus se prennent au jeu
Le premier enseignement de cette tournée qui n'en était pas une (traditionnelle) est factuel : les Bleus virent en tête du groupe "hémisphère nord" du naissant Championnat des nations. Une compétition qui les verra affronter les Fidji, l'Afrique du Sud et l'Argentine en novembre, puis l'équipe qui atteindra le même classement qu'eux côté "sud". En l'état, Springboks et All Blacks sont au coude-à-coude en tête, après trois succès bonifiés chacun.
"C'est une belle trouvaille cette compétition", a estimé Fabien Galthié, pourtant enclin à en souligner les incohérences. "C'est un bilan positif. Avant de partir, on aurait signé tout de suite, je pense, pour avoir ces points au classement (12, ndlr)", a quant à lui considéré Matthieu Jalibert, interrogé par TF1. Une approche arithmétique qui tranche avec l'enjeu ancestral des tournées, consistant à aller chercher des victoires, et non des points, à l'autre bout du monde.
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"C'est comme l'équipe de France de foot : on a les meilleurs trois-quarts du monde"
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10-15, ou trois pour deux places
Jalibert n'a pas seulement été le porte-parole de l'ambition tricolore. Son association avec Romain Ntamack a été l'une des attractions de cette salve de rencontres. L'ouvreur de l'UBB a d'abord occupé son poste préférentiel face à la Nouvelle-Zélande à Christchurch (revers 34-32), puis il a glissé à l'arrière, pour faire de la place à son homologue toulousain.
Leur complémentarité a fait des merveilles, surtout à Brisbane face à l'Australie (succès 26-42), illustrant l'envie du staff français, maintes fois clamée, d'opérer avec deux chefs d'orchestre susceptibles de se relayer.
Le problème, a minima latent, est que Thomas Ramos était absent pour cette "tournée". Rajouter le buteur attitré des Bleus dans l'équation, c'est se retrouver avec trois hommes à double-casquette pour deux maillots de titulaire à porter. Mais ce luxe prendra peut-être des airs de solution, à terme, tant disposer d'un trio de ce calibre pour parer à un imprévu a quelque chose de rassurant, à un peu plus d'un an de la Coupe du monde. Reste à manager les ego d'ici là.
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Lafond : "Dans la tête de Galthié, Ntamack a une longueur d'avance sur Jalibert"
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Au centre : des options à la pelle, une paire à l'essai
Un autre duo a occupé une place prépondérante dans le triptyque du XV de France : Yoram Moefana et Fabien Brau-Boirie ont immuablement formé la paire de centres des Bleus au coup d'envoi. Ils ont offert une assise défensive qui avait manqué en fin de Tournoi des Six Nations. Aligner deux joueurs à la dimension physique d'un n°12 apporte une densité redoutable au milieu du terrain, et l'on veut bien croire que cette doublette a de l'avenir, surtout que "FBB" n'a que 20 ans.
Tout juste de retour de blessure, Nicolas Depoortere (23 ans) n'a joué qu'un bout de match. Kalvin Gourgues (21 ans) a fait deux entrées. Si l'un des deux s'impose comme un titulaire indiscutable d'ici au Mondial en Australie, personne ne tombera de sa chaise. Rayon 12-13, la France est décidément servie dans des proportions fantastiques.
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"Orgie", "gabegie" et Lafond conquis : "C'était du rugby à sept joué à quinze"
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Sept joueurs à zéro minute : "Porter le maillot se mérite"
Un joueur fait les frais de cette abondance de biens au centre : Emilien Gailleton. Avec ses 13 sélections, il est le plus "gradé" des sparring-partners de l'été. Boris Palu, Esteban Capilla, Temo Matiu, Auguste Cadot, Mathis Ferté, Théo Forner et lui n'ont pas disputé la moindre minute dans cette première phase du Championnat des nations. Soit sept joueurs sur 42. Pour les six premiers nommés, l'argument de la prise d'expérience est peut-être plus audible que pour le trois-quarts palois.
En 2023, Gailleton avait raté la Coupe du monde U20 (remportée par la France), avec le Mondial des grands en ligne de mire… pour lequel il n'avait finalement pas été sélectionné. Depuis, l'histoire des rendez-vous manqués se répète pour lui. C'est l'âpreté du haut niveau et l'issue n'en sera que plus belle s'il s'installe un jour durablement. "Porter le maillot se mérite, se gagne à la performance", a rétorqué Galthié, concernant le fait de ne pas exécuter une revue d'effectif complète.
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"Gailleton est le cocu de l'histoire"
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La valse des piliers
Aucun des voyageurs non-récompensés n'évolue en première ligne. La profondeur du réservoir français n'est pas questionnée à l'aile (Grandidier et surtout Attissogbe ont fait fort) ni en troisième ligne (la triplette Nouchi-Jegou-Gazzotti a bien grandi depuis le fameux titre U20 de 2023), ni au centre, comme évoqué précédemment, ni à peu près partout… mais à la pile, des doutes subsistent. Une préoccupation assumée par le sélectionneur en conférence de presse, avant la victoire au Japon, samedi à Tokyo (15-42).
D'où cette grande rotation pour trouver un successeur à Uini Atonio, à droite, et une doublure à Jean-Baptiste Gros, à gauche. Pour la première mission, Régis Montagne s'en est mieux sorti que Demba Bamba (Sipili Falatea et Tevita Tatafu jouant moins). Pour la seconde, Jefferson Poirot a plutôt réussi son surprenant retour (36e sélection en mars 2020, 37e en juillet 2026), en concurrence avec Moses Alo-Emile et Reda Wardi. L'envie de voir beaucoup de monde à l'œuvre était significative de cette quête d'un solide front pour la mêlée. Novembre fera office de révélateur en la matière, avec (au moins) un duel face aux Sud-Africains.
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