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Procès Aramburu: la défense dénonce un dossier "contaminé" par sa dimension politique
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Publié 24/09/2026 à 17:29 GMT+2
Alors que l'accusation a réclamé 27 et 20 ans de réclusion criminelle contre Loïk Le Priol et Romain Bouvier, l'avocat de Le Priol, Me Xavier Nogueras, a demandé à la cour d'assises de Paris de se détacher d'une affaire "polluée" par son traitement par les médias qui y auraient accolé l'anathème du "crime fasciste qui colle à la peau de la défense" depuis. Le verdict est attendu ce vendredi.
Xavier Nogueras, avocat de l'un des accusès, Loik Le Priol.
Crédit: Getty Images
Les défenses de Loïk Le Priol et Romain Bouvier, qui ont tiré sur Federico Martin Aramburu, ont demandé jeudi à la cour d'assises de Paris de s'extraire de "la mécanique infernale du récit" qui aurait indûment fait de leur appartenance à l'ultradroite un élément central du dossier. Le Priol, 32 ans, est l'auteur des deux tirs mortels sur le rugbyman argentin, qui était désarmé, quand Bouvier, 35 ans, avait ouvert le feu en premier, blessant la victime, ultimes épisodes d'une algarade sur une terrasse de brasserie parisienne le 19 mars 2022.
Avant le verdict vendredi, l'accusation a réclamé respectivement 27 et 20 ans de réclusion criminelle contre les deux hommes qui nient toute intention homicide et a fortiori toute préméditation. L'avocat de Le Priol, Me Xavier Nogueras, décrit une affaire "polluée", "contaminée" dès son entame par "le rouleau-compresseur" de son traitement par les médias qui y auraient accolé l'anathème du "crime fasciste qui colle à la peau de la défense" depuis. "Quand on injecte de l'idéologie à un crime, on empêche la sérénité nécessaire" pour comprendre, poursuit Me Nogueras, qui rappelle que l'obédience politique des accusés n'a pas été retenue comme circonstances aggravantes.
La mécanique infernale du récit
"Les monstres n'existent pas", plaide Me Hugues Vigier. Pour Bouvier, il enjoint les jurés à se "départir d'images où on a enfermé les uns et les autres" et leur demande de requalifier les faits reprochés à son client en violences volontaires avec arme. Il leur rappelle deux principes cardinaux: "l'exclusion de tout doute raisonnable" avant de condamner et la "présomption d'innocence". Pour sa consoeur Me Sophie Rey-Gascon, la cour devra s'abstraire de "la mécanique infernale du récit, du fantasme", se garder d'une vision manichéenne des faits avec "le côté du bien et le côté du mal". Désignant Bouvier, elle lâche: "Vous avez du mal à l'aimer, parce qu'on vous a abreuvés d'une partie de ce qu'il était, le substrat d'extrême droite."
Quand Bouvier ouvre le feu sur Aramburu, "il n'était peut-être pas en danger, mais il s'est senti en danger", insiste l'avocate. Quant à Le Priol, s'il prend soin de ne plus dire explicitement qu'il a tiré en état de légitime défense, son avocat choisit de la plaider. Le Priol a toujours expliqué "qu'il s'est défendu" dans une bagarre, rappelle Me Nogueras. C'est à la cour et non à son client de faire la traduction juridique de cet état de fait, poursuit l'avocat.
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