Rugby Championship - "Vraiment abattus" : cette fois, les All-Blacks ont touché le fond
Publié 13/09/2025 à 14:49 GMT+2
Deux semaines après une défaite déjà embarrassante contre l’Argentine, la Nouvelle-Zélande a subi ce samedi la pire humiliation de son histoire : un cinglant 10-43 infligé par l’Afrique du Sud, à Auckland, bastion inviolé depuis plus de 30 ans. Un revers historique qui incarne la chute brutale des All Blacks.
Lafond : "Les All Blacks ont un peu joué à la baballe"
Video credit: Eurosport
"Nous n’avons aucune excuse" À défaut d’avoir trouvé les solutions face au défi imposé par les Springboks, Scott Robertson a au moins su livrer l’unique réaction acceptable après la claque historique reçue par la Nouvelle-Zélande ce samedi.
Une défaite en forme d’humiliation (10-43), face à l’Afrique du Sud, au bout d’une seconde période catastrophique (36-0 et 5 essais encaissés) et un triste record : jamais les All-Blacks n’avaient subi pire défaite dans leur histoire. Et, comme un symbole, cela arrive à l’Eden Park d’Auckland, un temple du rugby où les All Blacks n’avaient plus perdu depuis plus de 30 ans, depuis juillet 1994 face à la France.
6 défaites déjà sous Robertson
"C’est une défaite difficile à digérer, avouait le capitaine néo-zélandais Scott Barrett. Les Springboks ont clairement répondu présents et ont progressé par rapport à la semaine dernière. Nous, nous n’avons jamais su nous adapter. On est vraiment abattus, on n’a pas été à la hauteur ce soir." Parmi les nombreux symboles de cette faillite collective, la mêlée néo-zélandaise a été malmenée du début à la fin. Souvent sous pression, affaiblie par une pénurie de demis de mêlée (Roigard, Ratima et Hotham tous blessés), elle a illustré à elle seule la domination sud-africaine en conquête. Mais les maux sont plus profonds.
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Jordie Barrett et la Nouvelle-Zélande ont subi une défaite historique contre l'Afrique du Sud
Crédit: Getty Images
Depuis la prise de fonctions de Scott Robertson le 1er novembre 2023, la Nouvelle-Zélande ne ressemble plus à ce qu’elle fut. En 20 rencontres, le nouveau sélectionneur affiche 6 défaites – soit 30 % de matches perdus, un taux inacceptable pour une nation de ce standing. Mais la Nouvelle-Zélande ne peut pas gagner avec ses qualités actuellement et, surtout, avec autant de défauts. Car le problème dépasse les chiffres : les All Blacks actuels ne sont plus à la hauteur de leur légende. Malgré quelques individualités, le collectif néo-zélandais accumule les lacunes, à commencer par un jeu stérile et brouillon, miné par une multitude de pertes de balle, notamment sur les ailes, et des errements défensifs criants.
La discipline, symbole du niveau de rigueur néo-zélandais
Cela commence par une qualité de plaquage en déliquescence, à l’image des 65 plaquages manqués lors des deux rencontres face à l’Argentine. Face à une équipe sud-africaine disciplinée et puissante, le résultat était inévitable : une promenade de santé pour les Springboks en seconde période. Autre signal d’alarme : la discipline. Sous Scott Robertson, la Nouvelle-Zélande est bien trop sanctionnée (17 cartons en 20 matches) et l’a souvent payé, finissant 7 rencontres en infériorité numérique. Samedi, cela n’a pas spécialement coûté cher, mais cela en dit long sur le niveau de rigueur d’une équipe en quête d'identité.
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Sacha Feinberg-Mngomezulu transperce la défense des All-Blacks, le 6 septembre 2025
Crédit: Getty Images
Et voilà les All Blacks, jadis maîtres incontestés du rugby mondial, réduits à l’ombre de leur propre légende. Leur haka, autrefois cri de guerre terrifiant, résonne désormais comme une prière égarée dans le vent. Eden Park, bastion inviolable des grandes épopées, n’est plus que le décor d’un naufrage douloureux. Écrasée par l’héritage de ses glorieux aînés, cette génération néo-zélandaise tâtonne. Espérons pour elle qu’elle a déjà touché le fond, point de départ obligatoire d’une renaissance attendue avec impatience. Mais pour l’heure, c’est une page sombre qui se tourne — celle d’une hégémonie vacillante, dans le silence incrédule d’un pays tout entier.
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