L'an zéro de l'Angleterre

Un an après un Tournoi des six nations 2005 déjà calamiteux, l'Angleterre semble en être toujours au point zéro, ayant à nouveau concédé dans cette édition 2006 trois revers pour une 4e place identique, sans laisser entrevoir d'avancées significatives dan

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Crédit: Eurosport

Il semble toujours plus loin le temps où les Anglais étaient champions du monde. Si l'estampille leur reste accolée jusqu'au Mondial 2007, les hommes de la Rose ont bien peu à voir avec d'éventuels maîtres de la planète rugby. Les chiffres livrent une vérité nue. Depuis son titre australien, en novembre 2003, l'Angleterre a aligné treize défaites pour onze victoires. Elle a perdu huit des quinze matches du Tournoi disputés, et son entraîneur Andy Robinson n'a pour argument que la plus simple moyenne, avec huit succès en seize rencontres.
Depuis trois saisons, la France et l'Irlande ont pris sa mesure, venant même la terrasser sur le territoire auparavant inviolable de Twickenham, l'an passé pour la première, en 2004 et samedi pour la seconde. Prétendu roi du monde, le XV de la Rose ne l'est même pas des Iles britanniques, l'Irlande ayant enlevé la Triple Couronne deux fois en trois ans (2004, 2006).
Pièce
Sur ces douze derniers mois, il n'a qu'un succès sur une Australie apathique (26-16), une défaite honorable devant des All Blacks frappés par les exclusions (19-23), en novembre, et une victoire à l'ampleur trompeuse sur les Gallois (47-13) lors de la 1re journée du Tournoi, pour se donner à espérer.
Ce match face au pays de Galles, salué par une presse pourtant acide comme le "meilleur depuis de la Coupe du monde", n'aura finalement été qu'un écran de fumée. L'Ecosse (18-12), la France (31-6) et l'Irlande (28-24) ont pointé du doigt son manque de maîtrise et d'imagination, et la fin de sa domination physique. Il est certes exact que le sort du match contre l'Irlande eut pu tomber sur pile plutôt que face sans quelques décisions arbitrales discutables. Mais l'Angleterre avait justement toujours si bien su, par le passé, éviter de se préoccuper du sens dans lequel tournerait la pièce de monnaie.
Le discours de l'entraîneur Andy Robinson semble bien lénifiant. "Il n'y a qu'une performance décevante pour nous et c'était la semaine passée contre la France, assure-t-il. Contre l'Ecosse, nous avons été très bons sans pouvoir les achever et aujourd'hui (samedi face à l'Irlande), ça a été pareil."
Carrure
"La France, c'était décevant, mais nous leur avons donné trois essais sur nos propres erreurs, estime-t-il encore. Il y a une ligne fine entre la victoire et la défaite et aujourd'hui (samedi) nous sommes du mauvais côté." Comme trop souvent diront ses contempteurs.
Sa décision de renouveler de 40% son équipe après la débâcle française ne s'est pas complètement révélée fructueuse. Les entrants ont fait leur devoir sans cependant pouvoir prétendre envoyer au pilon leurs prédécesseurs. Le réservoir de joueurs existe, mais peu possèdent la carrure de star. "Les gens ont des tas d'opinions et, quand vous perdez, elles s'expriment encore plus, remarque Andy Robinson. Le cas de chacun, moi y compris, sera étudié et nous verrons comment aller de l'avant. Je rencontrerai Francis Baron (le directeur exécutif de la fédération), mais je ne m'attends à aller nulle part."
Globalement épargné par la presse, Robinson devrait l'être aussi par ses dirigeants. Mais son encadrement, le spécialiste de la défense Phil Larder et celui de l'attaque Joe Lydon, pourrait payer pour lui, alors que l'idée circule de placer à ses côtés un manageur.
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