Après la tournée en Nouvelle-Zélande, quel bilan pour le XV de France ?

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Pas une fois, pas deux : les Français ont perdu trois fois en Nouvelle-Zélande pendant ce mois de juillet. La dernière défaite samedi à Hamilton (29-19) a scellé une campagne océanienne assez paradoxale. La mauvaise passe de trois est là, jamais Fabien Galthié n'avait encore perdu trois fois de suite à la tête des Bleus ; pourtant, de réels motifs de satisfaction (et pas de consolation) existent.

Fabien Galthié lors du test-match contre la Nouvelle-Zélande, le 12 juillet 2025.

Crédit: Getty Images

Après la fameuse défaite encourageante, découvrez la tournée encourageante ! Trois matches pour le prix d'un, ou plutôt deux, car celui du milieu fait un peu tache. Entre le 5 et le 19 juillet, les Bleus se sont inclinés trois fois face à la Nouvelle-Zélande chez elle, à Dunedin, Wellington puis Hamilton, et pourtant, à l'heure du bilan, le bonnet d'âne conviendrait plutôt à Gregor Paul, l'analyste du New Zealand Herald qui considérait au début du mois de juillet que ce XV de France expérimental "prive[rait] le rugby d'un vrai affrontement."

La frustration va rester

L'affrontement a bien eu lieu, au contraire. Dès le premier match à Dunedin, le 5, des Français piqués dans leur orgueil ont longtemps fait craindre aux locaux une défaite qui aurait fait bien mauvais genre (31-27). Les Bleus ont manqué leur chance de l'emporter en fin de rencontre et ils n'en rencontreraient plus jamais d'aussi belle dans la tournée. Mais peut-être venaient-ils déjà de faire le plus dur, puisqu'ils n'étaient pour la plupart pas habitués à jouer avec un coq sur le pectoral gauche : ils ont d'un coup d'un seul porté leur regard à hauteur des All Blacks. La défaite intermédiaire est la plus salée (43-17) et c'était la plus déséquilibrée au regard des compositions d'équipe. Il fallait donc patienter jusqu'à l'ultime duel et celui-ci a ressemblé davantage au premier qu'au deuxième (29-19).
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Nolann Le Garrec et Théo Attissogbe, après la défaite du XV de France en Nouvelle-Zélande, le 05/07/2025

Crédit: Getty Images

Parfois, le constat le plus simple est aussi le plus froid : il a manqué une victoire au XV de France pour que cette tournée soit couronnée, c'est le cas de le dire, de succès. Pour que tout le monde reparte avec le sourire. La frustration teintera malgré tout cette tournée et les joueurs l'ont tous rappelé, Théo Attissogbe en tête dès la fin du troisième test-match. "Il faut être réaliste, on repart avec trois défaites, s'est quelque peu flagellé le Palois, pas du genre à se contenter de la haie d'honneur accordée par les Blacks samedi dernier. Mais on va continuer de travailler fort et on voit ce qu'il nous manque pour toucher ce qui se fait de mieux dans le monde." Le XV de France n'avait plus perdu trois rencontres de rang depuis 2018 (avec trois défaites estivales face aux All Blacks, tiens donc), Fabien Galthié n'était pas encore à sa tête. "Quand tu perds trois fois face à la même équipe, c'est qu'ils sont meilleurs que toi, c'est une évidence", n'avait-il d'ailleurs pas de mal à reconnaître samedi.
L'impression que c'était une bonne tournée
Will Jordan, Beauden Barrett et Ardie Savea meilleurs que Théo Attissogbe, Joris Segonds et Alexandre Fischer ? Personne ne tombera de sa chaise et de toute façon, même si les Bleus avaient réussi à remporter le premier des trois matches de la tournée, le constat n'aurait pas bougé d'un iota. C'est pourquoi perdre importait moins que la manière de perdre, cet été. Et vu sous cet angle, les Bleus ont réussi beaucoup de choses. "On perd trois matches, et j'ai quand même l'impression que c'était une bonne tournée", retient notre consultant Eurosport Jean-Baptiste Lafond, qui a surtout apprécié la vaillance de ce groupe bleu pourtant dénué de bon nombre de ses meilleurs éléments (Dupont, Alldritt, Cros, Ntamack, Marchand, Mauvaka, Atonio, Flament, Penaud, Bielle-Biarrey, Moefana, Ramos...). Même si on perd trois fois, il y a moins de complexes. On les regarde dans les yeux, le haka est moins impressionnant pour les jeunes, les premiers capés... C'est de bon augure."
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Antoine Hastoy (XV de France) perce face aux All Blacks

Crédit: Getty Images

Chacun à leur échelle, les sélectionnés de cette tournée ont en effet franchi un palier. Nolann Le Garrec n'a que 23 ans et il a montré qu'il savait diriger le jeu des Bleus. Le jeune Théo Attissogbe a livré deux prestations très abouties à l'aile et à l'arrière, alors que la pression n'a jamais faibli sur ses épaules. Dans le paquet d'avants, une flopée de joueurs peuvent quitter l'Océanie avec la certitude d'avoir marqué leurs adversaires et leur staff, comme Mickaël Guillard et Alexandre Fischer en troisième ligne ou Matthias Halagahu à l'attelage.
Certains briscards ont aussi prouvé qu'ils avaient encore de l'énergie à revendre : Rabah Slimani, Gabin Villière, et évidemment Gaël Fickou, capitaine très digne tout au long du mois. "J'ai appris que n'importe quelle équipe de France pouvait relever le défi", néo-zélandais, a même apprécié le capitaine en conférence de presse, mettant en avant "la force mentale et collective" face aux critiques sur une équipe qui a traversé le monde sans ses cadres. Scott Robertson a lui aussi eu un mot pour les Bleus samedi, après la dernière victoire des siens à Hamilton. "Je tiens à les féliciter après leur longue saison de onze mois, a salué le sélectionneur des All Blacks. Ils sont venus ici, ont quitté l'été pour notre bel hiver et faire une telle performance, ils ont de quoi être fiers." Les Bleus repartent avec trois défaites, certes. Mais ils ont gagné pas mal d'autres choses.
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Gaël Fickou face à la Nouvelle-Zélande, le 19 juillet 2025.

Crédit: Getty Images


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