La confirmation Guillard, la révélation Fischer et la déception Barré : les enseignements à retenir de la tournée des Bleus en Nouvelle-Zélande
Eurosport sur GoogleL'équipe de France a conclu samedi sa tournée d'été en Nouvelle-Zélande par une troisième défaite en trois matches. Cette série de rencontres, disputées sans les cadres des Bleus, a permis à Fabien Galthié d'effectuer une large revue d'effectif. Entre les joueurs qui ont marqué des points et ceux qui ont raté l'occasion de le faire, voici le bilan de cette tournée à l'autre bout du monde.
Mickael Guillard avec l'équipe de France face à la Nouvelle-Zélande le 19 juillet 2025.
Crédit: Getty Images
Fabien Galthié l'avait annoncé. Cette tournée d'été en Nouvelle-Zélande, la dernière pour le XV de France sous cette forme, devait permettre de "révéler des joueurs qui n'avaient pas encore eu l'occasion de toucher du doigt ce niveau-là". Si certains ont parfaitement répondu aux attentes, d'autres se sont montrés plus timides, voire décevants lors de ces trois matchs perdus face aux Blacks.
Ils ont marqué des points
Test Match
Les Bleus affronteront les All Blacks en juillet prochain à Christchurch
09/12/2025 à 09:05
- Gaël Fickou
Ça aura été le papa d'un groupe très jeune parti se frotter à ce qui se fait de mieux sur la planète rugby. Le centre des Bleus, qui a fêté samedi sa 96e sélection en équipe de France, a une nouvelle fois démontré que Fabien Galthié pouvait encore et toujours compter sur lui. Capitaine de cette tournée, celui qui a disputé le premier et le troisième test, a su emmener avec lui toute l'équipe de France. Rassurant sur les quelques ballons qu'il a eu à jouer en attaquant, il a surtout montré le chemin à suivre en défense, en atteste ses 20 plaquages à Hamilton ce samedi. Dépassé ces derniers mois dans la hiérarchie des centres en équipe de France, Fickou, joueur le plus capé des Bleus en activité, a prouvé qu'il restait bien plus qu'un plan B avec le maillot frappé du coq.
- Mickaël Guillard
Cette tournée aux antipodes aura été celle de la confirmation pour le Lyonnais de 24 ans. Confirmation que le massif deuxième ou troisième ligne de quasiment 2 mètres a bien les épaules assez larges pour le niveau international. Déjà très intéressant avec les Bleus l'hiver dernier lors du tournoi des Six Nations, Mickaël Guillard s'est imposé comme un titulaire indiscutable durant cette tournée en Nouvelle-Zélande, et a encore passé un cap du haut de ses 12 sélections. Que ce soit en deuxième ou en troisième ligne, les Bleus vont pouvoir compter sur lui dans les prochaines années.
- Théo Attissogbe
En l'espace de trois semaines, toute la Nouvelle-Zélande est tombée sous son charme. Comparé après le premier match de la tournée à un certain Serge Blanco, Théo Attissogbe a démontré qu'il pouvait être un peu plus qu'un recours pour le XV de France en cas de pépin physique du triangle arrière des Bleus de ces dernières années (Ramos, Penaud et Bielle-Biarrey). Etincelant en position d'arrière pour le premier test, un peu plus en retrait lors du deuxième et du troisième, tout en restant précieux, l'ailier ou arrière de 20 ans a été le seul joueur français à disputer l'intégralité des trois rencontres. Un signe de la confiance accordée par Fabien Galthié et son staff au joueur de Pau.
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Nolann Le Garrec et Théo Attissogbe, après la défaite du XV de France en Nouvelle-Zélande, le 05/07/2025
Crédit: Getty Images
- Alexandre Fischer
A 27 ans, Alexandre Fischer aura mis du temps avant de goûter aux joies d'une première sélection. Mais le Clermontois, qui va rejoindre Bayonne cet été, aura été l'une des révélations de cette tournée en Nouvelle-Zélande. Très précieux dans le premier et le dernier test (il n'a pas participé au deuxième test), le troisième ligne aile a dépassé par deux fois les 20 plaquages. Lors du dernier test disputé à Hamilton, le sécateur formé à Issoire a même réalisé 21 plaquages en une seule mi-temps. Une performance majuscule qui devrait lui permettre de revenir rapidement dans le groupe France pour les prochaines échéances internationales.
Ils n'ont pas su en profiter
- Antoine Hastoy et Joris Segonds
Les deux hommes se sont partagés le temps de jeu à l'ouverture, le Bayonnais débutant les deux premiers matchs et le Rochelais le dernier. S'ils n'ont pas à rougir de leur prestation, cette tournée laisse un goût d'inachevé les concernant. Segonds, qui avait été choisi par Galthié pour sa longueur de jeu au pied, a parfaitement répondu aux attentes à Dunedin. Mais une semaine plus tard, il s'est montré, à l'instar de toute l'équipe de France, bien plus en difficulté à Wellington. Pour ces deux premières capes, le Bayonnais de 28 ans n'est pas parvenu à renverser la table dans la hiérarchie des demi d'ouverture en équipe de France.
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Lafond : "Les All Blacks ont un peu joué à la baballe"
Video credit: Eurosport
Un constat qui peut également être fait concernant Antoine Hastoy. Troisième ou quatrième homme depuis plusieurs années, derrière le duo Ntamack-Jalibert et Thomas Ramos qui a souvent dépanné à l'ouverture, le Rochelais a souvent eu du mal à suivre le rythme imposé par les Blacks lors du troisième match. Parfois inspiré, comme sur son drop en première période, il a aussi semblé trop approximatif pour ce niveau international, coupable de grossière erreur. A 28 ans, sa chance est sans doute définitivement passée avec les Bleus.
- Georges-Henri Colombe
C'est l'un des chantiers du XV de France depuis la Coupe du monde 2024. Le poste de pilier droit manque de profondeur et le vivier est bien moindre qu'à d'autres postes du paquet d'avant. Cette tournée aurait pu être l'occasion pour Georges Henri Colombe, néotoulousain, de s'affirmer comme une option crédible derrière le vétéran Uini Atonio, dont on ne sait pas s'il sera encore présent dans deux ans en Australie. L'ancien rochelais, qui va découvrir cette saison le quotidien ultra-concurrentiel du Stade Toulousain, n'a pas franchement rassuré et a été trop neutre sur le seul match, le deuxième, qu'il a disputé face aux Blacks. Avec déjà neuf sélections, Colombe fait partie ces dernières années du paysage en équipe de France. Mais il lui manque toujours un match référence pour définitivement valider ses galons au niveau international.
Il a perdu des points
- Léo Barré
C'est sans doute le grand perdant de cette tournée du bout du monde. L'arrière parisien, absent lors du premier test, a vécu les deux suivants avec le numéro 15 dans le dos. Deux matchs qu'il a traversé comme un fantôme. Après avoir fait son auto-critique à l'issue de la débâcle française du 12 juillet à Wellington (43-17), Léo Barré avait été soutenu par son sélectionneur. Mais face aux hommes en noir, l'arrière n'a pas répondu aux attentes ce samedi 19 juillet à Hamilton.
Trop timide offensivement, il a coûté quasiment deux essais à son équipe, la faute à un manque de communication dans le troisième rideau d'abord puis à une tergiversation interdite à ce niveau devant son en-but. Léo Barré, troisième choix à l'arrière derrière Thomas Ramos et Romain Burros, a raté l'occasion de remettre en question cette hiérarchie. Le numéro 15 de Paris a même peut être perdu un peu de crédit aux yeux du staff du XV de France, bien malheureux de le voir sombrer comme ça au pays du long nuage blanc.
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Léo Barré (XV de France) face à la Nouvelle-Zélande lors de la tournée d'été 2025
Crédit: Imago
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