Eurosport
Top 14 - Arrivé à la tête de l'ASM, Christophe Urios face à une montagne
Par
Publié 26/01/2023 à 15:35 GMT+1
Top 14 - Eliminés de Champions Cup, 10e du championnat… Les joueurs de l'ASM s'engouffrent dans une situation délicate. Un début de saison médiocre, qui a été fatal pour Jono Gibbes, remplacé par Christophe Urios le 18 janvier. L'ancien coach de l'UBB espère apporter un souffle nouveau pour tenter de jouer les phases finales. Un défi qui commence ce samedi et le déplacement à Lyon (15h).
Christophe Urios à Marcel-Michelin quand il entrainait l'UBB
Crédit: Getty Images
Par où commencer ? Christophe Urios ne récupère pas un cadeau empoisonné. En vérité, il sait déjà à quoi s'attendre et la montagne qu'il s'apprête à gravir avec son nouveau club de l'ASM. Depuis le début de la saison, l'ancien entraîneur Jono Gibbes et ses joueurs se sont plongés dans une spirale négative traduite par de mauvais résultats, et inévitablement par la fin de l'histoire entre le Néo-Zélandais et le club auvergnat.
Cinq premiers mois décevants, ponctués par de nombreuses blessures, après des départs de cadres (Parra, Lopez), d'autres annoncés (Iturria, Penaud). Si on ajoute le cas d'Alexandre Lapandry, qui aurait porté plainte au pénal contre le club auvergnat, tout cela a créé une machine qui dysfonctionne. Résultat : les Clermontois pointent à la 10e place du championnat de France (8 défaites en 15 matches) et viennent d'être éliminés de Champions Cup. Alors pour repartir de l'avant, Urios va devoir prendre le taureau par les cornes.
Proliférer sa "rage"
Si les dirigeants clermontois sont allés chercher Christophe Urios ce n'est pas anodin. Un homme de caractère dans un club qui en a justement manqué ces dernières semaines. "Mon travail au quotidien, c'est d'arriver à refaire de l'ASM une équipe conquérante, a -t-il lancé lors de sa première conférence de presse. J'ai la rage, je suis prêt". Et Urios est arrivé avec des ambitions, rejoindre le top 6 pour jouer les phases finales à la fin de la saison. "Il y a 55 points possibles, il faut en prendre 40. Si vous êtes bons en maths, vous voyez qu'il va falloir aller vite", a lancé l'homme de 57 ans.
Et cela passera clairement par l'envie de se dépasser. "Redevenir une équipe agressive, ce que je n'ai pas trop vu sur les derniers matchs". Constat partagé par le capitaine auvergnat. "Il faut remettre le club au milieu de nos esprits, se donner pour ce maillot. On a forcément des plans de jeu, des aspects techniques, mais il faut retrouver l'envie de transpirer les uns pour les autres", expliquait Arthur Iturria dans Rugbyrama. Justement, l'envie est pointée du doigt depuis le début de l'acte 2022-2023. En témoigne la défaite au Stade Marcel-Michelin face à Toulouse (12-32) le 1er janvier. Une première victoire toulousaine en Auvergne depuis 20 ans en championnat.
L'état d'esprit avant tout pour enclencher une dynamique. "Je pense que j'attends de la franchise dans la vie quotidienne, qu'on soit capable de se dire les choses, ce qui a manqué ces derniers temps", poursuivait le capitaine de l'ASM. L'aura de Christophe Urios devrait de ce côté-là permettre de renouer un dialogue direct avec tous les joueurs et de les mobiliser, toutefois avec le risque de frictions qui ont ponctué ces dernières semaines à l'UBB.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/01/24/3534398-72035128-2560-1440.jpg)
La ruade de Poulain : "L'ASM, village d'irréductibles où j'aurais tant aimé jouer"
Video credit: Eurosport
Mais pour ce qui est du terrain, le nouvel entraîneur a choisi de prendre avec lui quelques éléments pour redonner de l'identité. "Le jeu rapide, fait de dynamique, de jeu sur les largeurs et de phases au pied également", avançait l'intéressé. S'il est vrai que le 5 de devant peine presque chaque week-end dans le combat, la ligne arrière manque de consistance. Et ce, malgré l'arrivée l'été dernier de Jules Plisson et d'Anthony Belleau. Deux ouvreurs de choix sur le papier, mais en manque de régularité.
Retrouver des repères
Comme un symbole, l'animation offensive clermontoise a souvent manqué de justesse et de créativité sur cette première partie de saison. Un manque de repères qui coûte aux Clermontois. Christophe Urios compte être carré, réaliste et solidaire, à l'image de ce qu'il a tenté et réussi à produire durant son passage à Bordeaux. "C'est clair et précis. Maintenant, c'est à nous de se l'approprier et d'avancer", confirmait Arthur Iturria, à propos du premier entraînement avec le nouveau coach.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/01/26/3535926.jpg)
Iturria au saut en septembre 2022.
Crédit: Getty Images
Mais pour créer une alchimie et avancer tous ensemble dans le même sens, il est préférable de pouvoir compter sur des leaders sur le terrain. "Il y a Arthur Iturria, Judicaël Cancoriet, Fritz Lee qui sont là… Ce sont des joueurs importants. Après je vais me faire mon opinion et mon point de vue à travers les entraînements. Cela va se faire au fur et à mesure du temps et notamment en effectuant des entretiens en tête à tête. Là, j'ai besoin de sentir les mecs". D'autant plus que les Auvergnats composent avec de nombreux jeunes (Killian Tixeront, Samuel Ezeala, Baptiste Jauneau…). "On a besoin de nos jeunes, il ne faut pas qu'ils attendent leur cinquième ou sixième rencontre pour se montrer. Maintenant, on ne devient pas leader du jour au lendemain. Je pense que cela va ressortir chez eux au fil du temps", lançait à ce propos, Iturria.
D'ailleurs le capi Iturria, au club depuis 2015, rejoindra Bayonne cet été. Départ prévu aussi pour un cadre, Damien Penaud à Bordeaux et peut-être pour Cancoriet. En contrat jusqu'en 2025 avec son nouveau club, Christophe Urios aura aussi un rôle déterminant pour recruter et former une nouvelle équipe la saison prochaine. Mais avant tout-cela l'urgence et un défi colossal qui commence samedi à Lyon.
Publicité
Publicité