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Top 14 - 25e journée : Obligé de délocaliser ses matches, le Racing 92 est le club Sans Terrain Fixe du championnat
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Publié 31/05/2024 à 15:22 GMT+2
Après avoir accueilli des concerts de Taylor Swift, la Paris La Défense Arena est actuellement en train d'être transformée en piscine olympique en vue des JO. Par conséquent, le Racing 92, son club résident, "reçoit" à Auxerre pour finir la saison régulière. Ces délocalisations, les Racingmen y sont habitués. Mais ils n'en ont pas fait un avantage pour autant.
Baptiste Chouzenoux (Racing 92) face à Bayonne, à l'occasion d'un match organisé à Auxerre, en mai 2024. / Top 14
Crédit: Getty Images
En règle générale, une équipe de Top 14 dispute son dernier match à domicile de la saison fin mai, voire début juin. Pour le Racing 92, le dernier rendez-vous à la maison de l'exercice 2023-24 a eu lieu le… 30 mars. Ce jour-là, les partenaires de Cameron Woki ont signé un succès logique devant Clermont (26-10). Ils ont ensuite pris le temps de saluer leurs supporters, avant de ranger leurs affaires dans leurs sacs et de quitter la Paris La Défense Arena. Depuis, ils n'y ont plus remis les pieds.
Il faut dire que l'enceinte située à Nanterre et inaugurée en 2017 a un agenda particulièrement chargé. Du 9 au 12 mai, elle a hébergé Taylor Swift, qui y a donné plusieurs concerts devant des milliers de fans en délire. Et puis, aussitôt la star américaine partie vers d'autres cieux, le comité d'organisation de Paris 2024 a récupéré les clés de la salle. D'importants travaux doivent y être entrepris, afin d'installer et de remplir la piscine qui accueillera les épreuves de natation et de water-polo à l'occasion des Jeux Olympiques (26 juillet-11 août). Tout un programme.
L’Abbé-Deschamps, maison provisoire des Ciel et Blanc
Et les Racingmen, dans tout ça ? Ils ont enchaîné trois déplacements toutes compétitions confondues, avant de "recevoir" Bayonne à l'Abbé-Deschamps, le 11 mai dernier. Ils seront de nouveau sur le terrain d'Auxerre, ce samedi (15h) face à Pau. En cas de qualification pour les phases finales et de barrage à domicile, les Ciel et Blanc ne savent pas encore où ils poseront leurs valises. En cette fin de saison, ils méritent donc assurément le surnom - un brin taquin, mais certainement pas méprisant - de club Sans Terrain Fixe du championnat.
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Thomas Ceyte (Bayonne) transperce la défense du Racing 92, en Top 14.
Crédit: Getty Images
Un sobriquet d'autant plus adapté à la situation que la formation des Hauts-de-Seine est habituée à voir certains de ses matches être délocalisés, au gré des événements organisés dans son antre. L'an passé, déjà, Gaël Fickou et consorts avaient dû s'exiler à Lens et au Havre pour laisser le champ libre à Bruce Springsteen. Quelques années plus tôt, en 2018, il avait fallu boucler la saison régulière à Vannes, pendant que Jay-Z et Beyoncé enflammaient La Défense. Pêle-mêle, au cours des dernières années, il y a aussi eu des réceptions programmées à Nantes, au Mans ou à Lille.
Ces délocalisations font donc partie intégrante des saisons du Racing. Pour une raison toute simple : contrairement à leurs rivaux du Top 14, ils ne jouent pas dans un stade, mais dans une salle de concert. Une spécificité qui a des implications importantes sur le plan financier. "Le modèle économique du Racing 92 passe par l'Arena. On a besoin, pour faire tourner cette grosse bête, d'organiser un minimum de spectacles. Malheureusement, ça nous oblige à délocaliser des matchs pour maintenir cet équilibre économique. Sinon, on est morts", avait expliqué Jacky Lorenzetti au Figaro en mai 2023.
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Jacky Lorenzetti, président du Racing 92
Crédit: Getty Images
"On est conscients que ce n'est pas un avantage pour notre équipe, mais il y a des sacrifices à faire", avait encore concédé le président des champions de France 2016. À juste titre. Car au-delà de compliquer la vie de leurs plus fidèles supporters, ces matches à domicile qui n'en sont pas vraiment ne mettent pas les joueurs dans les meilleures dispositions. Eux qui évoluent d'ordinaire sur une pelouse synthétique et sous un toit perdent logiquement leurs repères et, par conséquent, l'avantage initial qu'ils pouvaient avoir sur leurs adversaires.
Colombes, le salutaire retour aux sources
Les résultats enregistrés par les Racingmen lors de ces rencontres délocalisées parlent d'ailleurs d'eux-mêmes. Citons par exemple un revers déchirant devant La Rochelle en demi-finale de Champions Cup à Lens (13-20, en mai 2022), une lourde défaite contre le Leinster au stade Océane (10-42, en décembre 2022) ou encore, plus récemment, une petite gifle infligée par des Bayonnais jusqu'alors incapables de s'imposer à l'extérieur (28-37). Un nouvelle déconvenue face à la Section paloise, concurrent direct dans la course aux barrages, serait forcément fâcheuse.
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Lafond : "Toulouse : après l'Europe, le Brennus ? Une question de dalle !"
Video credit: Eurosport
Financièrement, le Racing 92 a besoin de ces délocalisations. Sportivement, le compte n'est pas vraiment bon. "Avoir une deuxième maison dans laquelle on peut s'identifier serait plus positif", avait soufflé Laurent Travers auprès du Figaro, il y a un an. L'actuel président du directoire du club alto-séquanais ne croyait pas si bien dire. Selon Le Parisien, son équipe pourrait revenir régulièrement au stade Yves-du-Manoir de Colombes - son ancienne enceinte, rénovée pour accueillir les épreuves de hockey sur gazon pendant les Jeux - à l'horizon 2025. Un retour aux sources qui permettrait aux Franciliens d'être encore chez eux, même quand ils sont loin de La Défense.
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