AFP
Affaire du transfert de Melvyn Jaminet : le Stade toulousain entendu lundi devant le conseil de discipline
Par
Publié 07/12/2025 à 23:58 GMT+1
Le transfert de Melvyn Jaminet depuis Perpignan en 2022 colle aux basques du Stade toulousain : après avoir dû régler 1,3 million d'euros à la LNR, le club sera entendu lundi devant le conseil de discipline du rugby français. Et d'autres sanctions sont possibles, y compris un retrait de points ou encore une interdiction de jouer les phases finales ou de recruter.
Le président du Stade Toulousain Didier Lacroix.
Crédit: Getty Images
Toulouse n'en a pas encore fini avec l'affaire du transfert de Melvyn Jaminet. Encore engagé sur deux fronts dans ce dossier, devant les autorités du rugby, avec cette convocation lundi à 14h30 devant la commission "régulation" du conseil de discipline à la Ligue nationale de rugby, et devant la justice civile, avec une enquête préliminaire ouverte pour "abus de confiance", le club 24 fois champion de France n'arrive pas à solder cette affaire.
En versant 1,3 million d'euros de "contribution" à la Ligue nationale de rugby, en mars 2025, puis en trouvant un mois plus tard un accord financier avec le joueur, parti au RC Toulon dès l'été 2023, le Stade toulousain pensait avoir définitivement réglé ce différend autour de l'arrivée de l'arrière international depuis l'Usap.
Un transfert pour lequel le néo-international avait réglé lui même sa clause de transfert de 450.000 euros, permettant à Toulouse de ne pas inscrire ce montant dans ses comptes et donc de ne pas dépasser le plafond autorisé par le salary cap en vigueur dans le rugby français.
"Interdiction de phases finales"
Ce règlement de 1,3 million d'euros met "fin au différend relatif au règlement salary-cap", avaient alors indiqué le club et la ligue dans un communiqué commun, le 21 mars 2025. Trois jours plus tard, l'Autorité de régulation du rugby (A2R), organisme cogéré par la LNR et la FFR et placé sous la responsabilité de la FFR, confirmait pourtant auprès de l'AFP s'être saisie à son tour de ce dossier. Et c'est après avoir mené plusieurs auditions que celle-ci a décidé de transmettre l'affaire au conseil de discipline.
Et l'enjeu n'est pas mince pour le Stade toulousain, avec des sanctions qui pourraient aller jusqu'à un retrait de points, voire une interdiction de participer aux phases finales ou une interdiction de recrutement. La décision du conseil de discipline sera annoncée jeudi ou vendredi, selon une source proche du dossier.
"Il faut une plus grande sévérité dans les sanctions, en particulier en cas de récidive, qui puissent aller jusqu'à des sanctions sportives, du retrait de points jusqu'à la relégation d'un club potentiellement", avait plaidé le président de la LNR, Yann Roubert, dans un entretien avec l'AFP en avril, souhaitant que la Ligue durcisse les peines potentielles pour les clubs qui ne respecteraient pas le plafond salarial.
"Aucune illusion"
Lui même en situation de récidive, ayant déjà été condamné en 2023 à une amende de 50.000 euros lors du transfert de l'ailier springbok Cheslin Kolbe vers Toulon, le Stade toulousain a dénoncé par avance cette convocation. Le club présentera "sereinement et en toute transparence sa position, afin de démontrer l'illégalité et l'absence de fondement de cette nouvelle procédure disciplinaire", avait-il annoncé dans un communiqué fin novembre, estimant avoir déjà été sanctionné pour ces faits.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/11/24/image-825fa536-d688-4d63-9db8-2fd3b9bff3ea.jpeg)
Melvyn Jaminet à l'époque où il jouait à Toulouse.
Crédit: Getty Images
Si le Stade toulousain a reconnu, via son président Didier Lacroix, "un manque de vigilance" dans ce dossier, pointant la responsabilité "d'intervenants" extérieurs par lesquels aurait dû transiter l'argent censé rembourser Jaminet, il ne s'est jamais expliqué sur le fond du dossier. Concernant ce contrat étrange de 500.000 euros passé en 2022 entre le Stade et la société Pacific Heart, montant qui s'est ensuite volatilisé, ce sera donc à la justice toulousaine de faire la lumière.
Cette enquête "fera, c'est certain, toute la lumière sur un détournement de fonds dont notre club a été victime", a affirmé Didier Lacroix dans un courrier récent à tous les salariés du club toulousain que l'AFP a pu consulter, dénonçant des "tentatives de déstabilisation". Evoquant dans ce courrier la convocation de lundi devant le conseil de discipline de la FFR, le dirigeant toulousain semble pessimiste: "Nous n'entretenons aucune illusion (...) sur les potentielles décisions qui en découleront".
"Dans la vie, ça sert à rien de crier avant d'avoir mal (...), peut-être qu'il y aura des conséquences mais on les assumera comme on a toujours assumé", a tempéré le manager Ugo Mola dimanche en conférence de presse.
Publicité
Publicité