"C’est nul de perdre les armes à la main" : Montpellier pourra nourrir des regrets après sa finale de Top 14 perdue face au Stade toulousain

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Au Stade de France, samedi soir, le Montpellier Hérault Rugby a été puni pour ses erreurs face à l’ogre toulousain en finale du Top 14 (28-20). Trop brouillons, les Héraultais ont laissé passer leur(s) chance(s) de l’emporter, notamment dans un deuxième acte où ils ont dominé les Rouge et Noir. Sans parvenir à remonter le déficit (25-6) infligé en première période. 

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Video credit: Eurosport

Parce qu’au fond, à quoi bon ? Cette jolie saison montpelliéraine méritait mieux qu’une défaite comme épilogue. Mais à trébucher vers l’en-but adverse, sur la pelouse du Stade de France, le Montpellier Hérault Rugby a laissé filer Toulouse vers son quadruplé. Sans jamais vraiment être dominés dans le jeu, Montpellier a vu Jack Willis lui résister, et le Stade toulousain s’envoler au score, en première période (25-6 à la mi-temps). Avant de se réveiller en seconde : à une passe, un ballon gratté près, le MHR aurait pu y être, tout là-haut. Mais à quoi bon. À la fin, les huit points d’avance sont pour Toulouse. Et le regret ciel et marine.
Pour sa toute première finale de Top 14, Baptiste Erdocio voulait plus. Au final, "c’est nul de perdre les armes à la main, a-t-il résumé à France 2. On voulait gagner avec les armes. On a bien combattu, je pense qu’on n’a pas été récompensés. (...) On a travaillé toute la saison pour gagner un titre. On a gagné la Challenge Cup (face à l'Ulster en finale, le 22 mai), mais on voulait ce Bouclier." Lui ne voulait pas d'eux. Plutôt du genre casanier, depuis 2023. Date à laquelle Toulouse l'a coffré sans partage. 
Samedi soir, sur la pelouse humide de Saint-Denis, Montpellier a cru l'arracher des pattes stadistes. À voir couler les larmes de Lenni Nouchi, au coup de sifflet final, la foi n'avait jamais vraiment fané. Sans chercher à remuer le couteau dans les plaies héraultaises, les joueurs de Joan Caudullo ont eu les ballons pour frapper. Malgré six pénalités en sa faveur dans les 23 premières minutes de jeu, 72% d'occupation du terrain et 60% possession, le MHR était mené à la demi-heure (10-6). Avant de céder deux fois en quatre minutes, juste avant la pause, et de permettre à Toulouse d'accroître lourdement son avance (25-6 à la mi-temps).
On pourra dire qu’on a des regrets, mais on pourra se regarder dans le miroir
"Quand tu fais face à une équipe qui est autant titrée, certaines choses ne passent pas, lançait un Christopher Tolofua attristé mais lucide à Canal+ en après-match. Perdre autant de ballons, de turn-overs, c’est très difficile à gérer sur un match. On voit bien l’expérience des phases finales qui joue vachement, même si le score n’est pas si large. On pourra dire qu’on a des regrets, mais on pourra se regarder dans le miroir."
En seconde période, Montpellier a appuyé. A marqué, rapidement, par Justo Piccardo (25-13, 42e). A tenu le ballon à nouveau. A même joué en supériorité numérique, à la suite du carton jaune infligé à Matthis Lebel dans la foulée (43e). Le partant Léo Coly, qui quittera Montpellier pour Bayonne à l'intersaison, a même soigné sa sortie d'un nouvel essai (28-20). Et Toulouse a tenu, façon Montpellier – meilleure défense de la saison. Sans trop exister en seconde période. "On ne fait pas le match de l'année, soufflait Antoine Dupont après la rencontre, mais on s'en fout, c'est un Bouclier de plus."
Et un de moins pour Montpellier, qui voulait revivre le grand frisson de 2022. "C'est clairement un manque de réalisme ce soir, retenait Coly à Canal+. On a pris la possession, on avait l'occupation. On a eu maintes et maintes occasions. On n'a pas réussi à conclure. On a fait face à une grosse défense de Toulouse. Ce qui était notre fort tout au long de la saison nous a manqué ce soir, on a manqué de réalisme. Échouer à huit points, c'est un peu rageant, mais c'est de bon augure pour la suite, pour les mecs qui vont rester, pour le staff, pour le club."

Montpellier 14 fois dans les 22 mètres adverses, contre 6 pour Toulouse

Joan Caudullo, l'entraîneur montpelliérain, regrettait en zone mixte le manque de maîtrise de ses joueurs près des lignes adverses. En 80 minutes, Montpellier est entré 14 fois dans les 22 mètres de Toulouse pour une famélique moyenne de 1,4 point. Quand Toulouse n'y est entré que 6 fois, mais en est ressorti avec 3,1 points en moyenne. "Je suis malheureux parce que, si on maîtrise ça, on doit être champions de France ce soir, a-t-il précisé. Je suis fier de la saison qu'ont fait les joueurs. Je suis en énorme frustration. (...) Je ne pense pas que Toulouse nous soit supérieur autant que ce que pensaient les gens."
"À chaud, je suis un peu dégoûté, poursuivait encore Coly. Mais quand on voit d'où on vient, toute la merde qu'on a connue (11ᵉ en 2023, 13ᵉ en 2024, 9ᵉ en 2025), que j'ai connue depuis quatre ans… On peut être contents d'avoir fini à la seconde place de ce championnat. On a fait une saison extraordinaire, presque un sans-faute. On échoue en finale de huit points, et on n'a pas à rougir." Le Brennus non plus. Puisqu'il l'est déjà, rouge, depuis quatre ans maintenant. Série en cours.
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