Après le 66-0 de La Rochelle face à Toulon : un Top 14 si (dés)équilibré
66-0, et pas grand monde pour s'en étonner. Dimanche, le Stade rochelais a infligé une correction logique au RCT, à l'aune de la jeunesse de l'équipe envoyée par Toulon. Ce n'est pas un cas isolé, lors de cette 14e journée du Top 14 comme depuis le début de saison. Le championnat est aussi serré, entre le 3e et le 11e, que les scores sont souvent amples, entre clubs pourtant voisins au classement.
Jack Nowell (Stade rochelais) face au RCT
Crédit: Getty Images
C'est l'histoire d'une résurrection. D'un retournement de situation épique qui a révolutionné le rugby. Le Stade rochelais, piétiné 60-14 à Toulouse le 28 décembre 2025, a "destronché" le RCT 66-0 une semaine plus tard à Deflandre, comme métamorphosé par la nouvelle année. Par quel miracle les Maritimes ont-ils réalisé cet exploit qui sera conté au coin du feu pendant des décennies ? Voilà pour le pitch. Souhaitez-nous bon courage pour l'obtention des financements de cet ambitieux film inspiré de faits "réels".
Trêve de plaisanteries, à défaut de trêve des confiseurs. Le Top 14 pâtit de nombreux matches à sens unique cette saison. Depuis son revers 35-32 à Jean Dauger le 28 septembre, Toulon n'a fait que gagner ou perdre par au moins quinze points d'écart durant onze journées. En face ? Un petit joueur. La Rochelle n'est "que" sur une série de quatre rencontres de ce type : défaite 53-33 à Pau et victoire 49-17 à la maison contre Bayonne, avant les deux sorties évoquées en introduction.
Embouteillage pour le Top 6
Et l'observation vaut pour bien d'autres acteurs de ce Top 14. Lors de la 14e journée ce week-end, outre la fessée encaissée par la jeune garde varoise, l'Aviron bayonnais a été malaxé dans l'Hérault (62-22) et le Racing a pris 62-20 chez l'UBB, certes après avoir été dans le coup pendant près d'une heure. Les six clubs concernés naviguent pourtant dans les mêmes eaux au classement, illustrant le paradoxe d'un championnat serré malgré des tableaux d'affichage souvent très aérés.
Entre le Stade français (3e, 39 points) et son rival francilien (11e, 33 points), il n'y a que six points. Soit neuf prétendants au Top 6 qui se tiennent en à peine plus d'une victoire bonifiée et se maintiennent dans la course, sans la plier, peu ou prou de la même façon : en gagnant à domicile et en perdant à l'extérieur (voir tableau ci-dessous). Le classement dit "britannique" (ci-joint), qui valorise les victoires en déplacement et considère comme la moindre des choses de l'emporter à la maison est ainsi très prisé.
| Club (classement) | Vic. à dom. | Déf. à dom. | Vic. à l'ext. | Déf. à l'ext. |
| Stade français (3e) | 6 | 0 (et un nul) | 1 | 6 |
| UBB (4e) | 6 | 1 | 2 | 5 |
| RCT (5e) | 7 | 0 | 1 | 6 |
| MHR (6e) | 6 | 2 | 1 (et un nul) | 4 |
| La Rochelle (7e) | 6 | 1 | 1 | 6 |
| Clermont (8e) | 6 | 1 | 2 | 5 |
| Bayonne (9e) | 7 | 0 | 1 | 6 |
| Castres (10e) | 5 | 2 | 2 | 5 |
| Racing 92 (11e) | 6 | 0 | 1 (et un nul) | 6 |
Vic. = victoires ; Déf. = défaites ; dom. = domicile ; ext. = extérieur.
Une hirondelle puisse-t-elle suffire
Tout n'est pas cousu de fil blanc, comme en a attesté la victoire de Pau (membre du duo de tête avec Toulouse) à Chaban fin novembre (33-34), ou encore des duels dignes de ce nom comme Montpellier-Castres (33-31) plus récemment. Mais cette compétition acharnée qui devrait, dans l'idéal, être le pain quotidien du Top 14 ne fait que péniblement équilibrer la balance. L'aspect dense du gros du peloton demeure concret et, dans quelques semaines, le suspense ne sera pas factice dans le sprint final de la phase régulière. D'ici là, l'échauffement s'éternise.
Plus encore que de jeter la pierre à des staffs qui composent entre contrainte des blessures et hiérarchisation des objectifs au sein d'un calendrier engorgé, il s'agit de souligner l'écueil qui frappe un championnat peu attractif ce dimanche en prime time. Cette foire aux impasses, classique mais exacerbée, a de quoi relancer le serpent de mer sur le format du Top 14 (passage au Top 12, retour à une élite scindée en deux groupes ?), avant de faire un crochet par la Champions Cup, compétition tout aussi peu avare en scores fleuves. Vivement le printemps.
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