Top 14 - 45 secondes pour buter, la règle expérimentale qui soulève des débats

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Les buteurs disposent de 45 secondes et non plus d'une minute pour faire mouche en Top 14 cette saison. Une règle expérimentale qui suscite des débats après deux journées, notamment en raison d'une critique modérément formulée par un Thomas Ramos en échec face aux perches, dimanche contre l'UBB (48-12 pour Toulouse). Pour les pénalités, rien à signaler. Mais en ce qui concerne les transformations…

Thomas Ramos, Maxime Lucu et les fameuses 45"

Crédit: Quentin Guichard

Thomas Ramos n'a pas insisté. Il a passé le relais à Romain Ntamack après trois transformations ratées, lors de la large victoire de Toulouse à domicile face à l'UBB (48-12). Une incongruité pour la gâchette du XV de France, même si ces tentatives étaient en coin. Fallait-il y voir un rapport avec la nouvelle règle en vigueur en Top 14, qui ne laisse plus que 45 secondes au buteur pour s'exécuter ? "Une minute sur les transformations, c'était très bien. Si tu es buteur et que tu es à l'arrière, que l'essai est à l'opposé, quand tu arrives sur la zone, il ne te reste pas beaucoup (de temps), a argumenté Ramos au micro de Canal Plus. Après, je ne vais pas trouver d'excuse sur ça ce soir (dimanche dernier, ndlr). Quand tu fais 0/3, il faut savoir laisser le tee de côté."
Ce délai de 45 secondes et non plus 60 est valable pour les pénalités et les transformations cette saison, en Top 14 et en Pro D2. Entérinée le 8 juillet, cette expérimentation avait été proposée à World Rugby par le comité directeur de la LNR et le comité d'orientation politique de la FFR, à l'issue d'un "Shape of the game à la française" qui s'était tenu en mars. Objectif affiché : "Augmenter le temps de jeu effectif tout en réduisant les temps improductifs." Une volonté qui s'inscrit dans la continuité de l'évolution du rugby international, qui fait la chasse aux temps morts. World Rugby rappelait ainsi via une directive en janvier 2023 les chronos alloués aux tentatives de transformation (90") et de pénalité (60"), avant de les uniformiser à 60 secondes en janvier 2025.

Un changement déconcertant 

Et l'on pousse donc le curseur plus loin dans l'Hexagone. "Ils veulent mettre du rythme… peut-être qu'ils en ont eu un peu plus ce soir, tant mieux", a déclaré Ramos, dimanche, après son non-match face aux perches. Le buteur le plus prolifique de l'histoire des Bleus déplore en revanche un manque de concertation : "Ce serait bien que sur de telles décisions, on puisse échanger avec les acteurs. On n'est pas trop consultés, c'est dommage. Je pense que la majorité des buteurs aurait plutôt voté pour une minute." Manager des arbitres de Top 14 et de Pro D2, Mathieu Raynal lui a répondu selon Sud-Ouest que l'expérimentation avait été validée à l'unanimité, à l'occasion d'un séminaire réunissant l'ensemble des managers, les arbitres et le syndicat des joueurs, en février.
Les sacro-saintes routines des buteurs – dont Jonny Wilkinson s'était fait l'apôtre – risquent de devoir être optimisées, en ce Top 14 dont deux journées ont été disputées. Supprimer une étape de la préparation ? Effectuer chaque geste plus rapidement ? Faire en sorte de débuter sa chorégraphie suffisamment tôt pour ne pas y toucher ? Ces interrogations se posent surtout dans le cas des transformations. Pour les pénalités, le décompte débute quand l'intention de botter est signifiée, le joueur ayant potentiellement déjà commencé à se mettre dans sa bulle, pour jouir réellement de 45 secondes avant de frapper. Mais pour les transformations, dès que l'essai est accordé, le chronomètre s'enclenche, que l'artilleur soit en train d'aplatir ou à l'autre bout du terrain.
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Video credit: Eurosport

L'équipe à domicile avantagée ?

"Il va falloir s'adapter vite, ne pas perdre de temps à célébrer ou à aller chercher un ballon. Parfois, dans l'euphorie, c'est difficile de calmer les ardeurs de certains quand on marque", prévient Maxime Lucu, lui-même adepte des effusions de joie. Le demi de mêlée de Bordeaux-Bègles se définit comme un buteur plutôt rapide… et pourtant : "Je ne prends pas énormément de temps, mais ces 15 secondes, parfois, il me les fallait." Il va donc tenter de les grignoter ailleurs : "J'irai chercher le ballon auprès du ramasseur de balles, mais à l'extérieur, ça va être compliqué." Travail collectif en perspective. Heini Adams, ex-n°9, entraîneur des skills, sera mis à contribution d'après un Yannick Bru taquin, cité par RMC : "Heureusement, il est super 'fit' et court à 36,5 km/h."
Cela en fait des nuances, entre pénalité et transformation, match en déplacement et à la maison… et surtout compétition domestique ou non. "Ça aidera forcément les buteurs en coupe d'Europe, ou lors des rencontres internationales", assure Raynal, toujours via nos confrères de Sud-Ouest. L'argument du "qui peut le plus, peut le moins" s'entend, et les pensionnaires du Top 14 auront un coup d'avance si ce changement de timing s'étend. Mais l'hypothèse du dérèglement d'une mécanique bien huilée sera à son tour avancée, si Thomas Ramos, à tout hasard, manque la transformation de la gagne en donnant l'impression de se précipiter (pour rien), lors d'un match des Bleus fin novembre, à l'occasion de l'épilogue du Championnat des nations.
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Video credit: Eurosport


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