"L'aventure continue"

Miraculeusement repêché par sa victoire à Colomiers (22-15) dimanche, le Stade Français veut vite tirer un trait sur sa première partie de saison calamiteuse pour se lancer dans une quête encore utopique il y a quelques jours, la défense de son titre de c

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Paris meurtri, Paris épuisé mais Paris libéré ! Mines cernées mais réjouies, les joueurs de la capitale ont lâché dimanche au coup de sifflet final un énorme "ouf" de soulagement, tant est passé près de leurs têtes le boulet d'une élimination sans gloire dès la première phase du championnat. "C'est énorme", lâchait le troisième ligne Pierre Rabadan dans les vestiaires. "Quel soulagement", soufflait son président Max Guazzini. "En milieu de saison on était au fond du trou. Aujourd'hui, on revient de l'enfer", osait même un Patrick Tabacco hilare.
Un vrai miracle même, à considérer le parcours des détenteurs du bouclier de Brennus. Décimé par l'absence de quatorze internationaux retenus pour la Coupe du monde en Australie, le Stade Français ouvre sa saison sur une série de dix défaites en onze rencontres lors du challenge Sud-Radio puis du championnat.
Après, enfin, un premier succès en décembre face à Agen (19-7), l'équipe traverse une seconde zone de turbulences, le tournoi des Six Nations, qui la vide d'une pléiade de joueurs retenus dans le XV de France. Encore deux défaites sur sa pelouse de Jean-Bouin contre Bourgoin et Brive, puis c'est la fin en avril de l'aventure européenne en quarts de finale face au Munster.
A l'arraché
Nouvelle désillusion, mais l'équipe a retrouvé son jeu. Et l'espoir. Dès lors s'engage une improbable course poursuite pour accrocher le dernier wagon du play-off, conclue dimanche par cette victoire brouillonne sur Colomiers et une défaite de Pau à Agen, synonymes de qualification.
Conscient d'avoir frôlé le désastre, Nick Mallett sait la part jouée par la chance dans le parcours chaotique de ses troupes. "Si François Gelez réussit sa pénalité pour Agen à la dernière minute de leur match contre Bourgoin, on passe à la trappe", rappelle l'entraîneur sud-africain des Parisiens.
Surtout, il n'a pas de mots assez durs pour dénoncer les cadences infernales imposées à ses joueurs depuis l'été 2003. "Faire démarrer le championnat pendant la Coupe du monde, c'était débile" , s'emporte Nick Mallett. Il faut arrêter ce Top 16, sinon on va dans le mur". Et le coach parisien de citer à l'appui de sa démonstration le classement de la poule 1 du championnat. "Qui s'y est qualifié ? Brive, Bourgoin et Castres, comme par hasard trois équipes qui ne comptent que peu ou pas du tout d'internationaux".
Mais loin de cette bataille du calendrier, les qualifiés de la 25e heure ne veulent plus désormais se concentrer que sur la défense de leur titre. Avec un appétit apparemment intact. "Aujourd'hui, c'est un nouveau championnat qui commence" , souligne Patrick Tabacco. "L'aventure continue", renchérit son capitaine David Auradou, "on va pouvoir défendre notre titre" .
Mais comme le relève l'ailier Christophe Dominici, la tâche s'annonce délicate face à Toulouse, Biarritz et Brive. "Le champion d'Europe en titre, un demi-finaliste et un outsider. Plus nous, les miraculés... faites vos jeux !" Alors, après le premier tour, pourquoi pas un nouveau miracle parisien ?
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