Aleksander Aamodt Kilde après sa chute à Wengen : "Je ne sentais plus mes jambes, je voulais juste rester en vie"

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Deux semaines après sa terrible chute à Wengen, Aleksander Aamodt Kilde nous a donné de ses nouvelles dans un entretien exclusif. Les souvenirs de sa chute, sa convalescence, la lutte pour le globe de descente entre Sarrazin et Odermatt… le Norvégien n’élude aucun sujet et demande aussi à la FIS de prendre enfin en compte l’avis des athlètes quand les calendriers sont décidés.

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Aleksander, la première question est simple : comment allez-vous, quinze jours après votre violente chute de Wengen ?
A.A. Kilde : "Les deux dernières semaines ont été douloureuses, il y a eu des moments difficiles. Mais maintenant, ça va mieux. L’état d’esprit est meilleur. Ça me redonne le sourire et je vois les premiers progrès. Je suis en fauteuil roulant pour quelques semaines encore, et j’ai toujours des douleurs, mais je peux faire des choses par moi-même. C’est important…
Revenons sur cette chute. Vous étiez souffrant depuis quelques jours avant le drame. Avez-vous ressenti plus de fatigue que d'habitude ce jour-là ?
A.A.K. : La semaine de la course, j’ai eu des problèmes de sinus. J’étais vraiment mal pendant quelques jours. Je ressentais une fatigue extrême. J’ai dû zapper le second entraînement, le tirage des dossards, la remise des prix. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour être prêt pour la grande descente. Mais le samedi, je me suis réveillé et j’ai senti que l’état ne s’était pas amélioré. La descente de Wengen est la plus longue de l’année. J’aurais peut-être dû la zapper et ne pas prendre le départ. Mais c’est facile à dire après coup. Je ferai probablement autrement la prochaine fois. Je ne ferai pas la même erreur deux fois.
Vous avez perdu connaissance lors du crash… Quels souvenirs gardez-vous de cette chute ?
A.A.K. : Je ne me souviens pas de tout. Concernant la chute, je n’ai aucun souvenir de cette erreur sur la dernière porte et de la glissade qui a suivi. Je me souviens m’être réveillé avec une intense douleur à l’épaule. J’étais penché sur un côté. Et puis je me suis évanoui une seconde fois. Quand j’ai repris mes esprits, j’ai regardé ma jambe et j’ai vu tout ce sang… J’ai essayé d’être le plus calme possible, je me concentrais sur ma respiration. Je ne sentais plus mes jambes, je voulais juste rester en vie : on s’afférait autour de moi pour me poser un garrot. Ça s’est passé tellement vite. Et puis, en une seconde, j’étais dans l’hélicoptère. La douleur était atroce. Ça, je m’en souviens bien (sourires)…
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Aleksander Aamodt Kilde a perdu connaissance à deux reprises après sa chute à Wengen

Crédit: Getty Images

Comment vont s’articuler les prochaines semaines ?
A.A.K. : Les médecins m’ont assuré une guérison complète. Ils sont plutôt positifs malgré cette grosse entaille au mollet. Certaines lésions nerveuses ont été touchées. Ça va prendre du temps mais ils m’ont dit que je reviendrai à 100%. Et pour reprendre ma carrière de skieur, j’ai besoin de l’être.
Vous avez publié une photo impressionnante de votre mollet, déchiré par la carre de votre ski… Dans quel but ?
A.A.K. : Un orthopédiste est venu à mon chevet après l’opération et m’a expliqué ce qui s’était passé avec ma jambe. Il m’a montré cette photo et j’ai été choqué de voir les dégâts. C’était finalement beaucoup plus grave que ce que les gens ont pu imaginer au départ et de ce qui avait été communiqué. Ça me paraissait important de le faire savoir. Ce n’était pas une simple épaule déboîtée et une coupure à la jambe. Voilà pourquoi j’ai posté cette photo.
Portiez-vous une combinaison anti-coupure ?
A.A.K. : Non, pas du tout… (il s’arrête, interrompu par sa maman) Pardon. J’en étais où ? Je disais donc que je n’en porte jamais. Mais c’était la dernière fois. A partir de maintenant, j’en porterai une à chaque course. J’ai bien conscience que ça aurait pu être bien pire. La santé doit primer. Quand on est dans le feu de l’action, on se dit que tout va bien se passer. Mais finalement, la sécurité dans le sport doit prévaloir.
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Odermatt reprend sa domination en remportant le super-G de Garmisch : son run en vidéo

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Il y a eu énormément de blessés cet hiver : Marco Schwarz, Alexis Pinturault, vous, et bien d’autres. Comment l’expliquez-vous ? Avez-vous des choses à dire sur le calendrier ?
A.A.K. : Nous, skieurs, nous avons une grande responsabilité. On doit s’asseoir autour d’une table, avec ceux qui façonnent ce calendrier de courses (NDLR : la FIS), pour voir ce qu’il est possible de faire. On a vu les conséquences ces dernières semaines… Il y a eu de la casse cet hiver. Notre sport est fou, on l’adore. On est là pour repousser nos limites, mais quand on les dépasse, on voit ce qu’il se passe. On doit donc agir, car on ne veut pas qu’il y ait un drame dans le futur…
Vous avez remporté les deux derniers globes en descente. Qui va vous succéder ? Odermatt ou Sarrazin ?
A.A.K. : La question est difficile (il sourit). Les deux ont d’incroyables qualités. Ils ont montré qu’ils étaient les plus rapides cet hiver. Ils ont gagné des courses tous les deux et ça devrait être serré jusqu’au bout. Mais je pense que la régularité de Marco (Odermatt) lui donnera un avantage sur Cyprien. Mais si le Français évite les erreurs, il a encore toutes ses chances. Ça va être fou jusqu’à la dernière course…
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