Un coin de ciel bleu

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Après trois années de galère marquées par des blessures à répétition, Raphaël Burtin, 11e à Alta Badia comme à Kranjska Gora, pointe à nouveau le bout des spatules. Une bonne nouvelle pour le ski français, dont le groupe des géantistes affiche une homogén

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Pas encore géant, mais déjà grand. En quatre jours et deux courses, Raphaël Burtin s'est (re)fait une place dans le gratin du slalom géant. 11e à Alta Badia dimanche, le Haut-Savoyard a terminé à la même place mercredi à Kranjska Gora. Il n'a pas encore égalé son meilleur résultat en Coupe du monde, qui date toujours de la saison 1999-2000, lorsqu'il avait pris la neuvième place du géant de Pyong Yong, en Corée. Ce jour-là, Joël Chenal était monté sur le podium.
A l'époque, Raphaël était un grand espoir du ski français. Mais comme son grand frère Nicolas, sa carrière allait être pourrie par une incroyable série de blessures au genou. "Je m'étais blessé l'an dernier dès l'ouverture à Sölden. C'était ma troisième blessure au genou droit, rupture du ligament croisé. Je n'ai pas eu de chance avec trois saisons blanches", souligne-t-il. On le pensait même perdu pour le haut niveau, mais ses qualités demeurent intactes. Maintenant que sa santé le laisse en paix, il peut à nouveau donner sa pleine mesure.
Objectif Top 10
Après trois courses cette saison, il pointe à la 15e place du classement de la coupe du monde de la spécialité. Burtin est désormais assuré de participer aux Jeux Olympiques, son principal objectif cette saison. Une bonne chose de faite. Déjà 23e à Beaver Creek, il a réussi l'exploit de se qualifier à chaque fois malgré un dossard très élevé, donc particulièrement pénalisant. "En partant 48, on rend une seconde et demie aux petits dossards", notait-il dimanche à Alta Badia.
Quand il lutte à armes égales, c'est-à-dire en seconde manche, le Français parvient à rivaliser avec les meilleurs. En Italie, il avait signé le troisième temps sur le deuxième tracé. A Kranjska Gora, il a fait mieux encore, avec le deuxième chrono, à cinq petits centièmes d'un autre Français, Thomas Fanara. Finalement, il ne nourrit qu'un seul regret: "C'est rageant de rester comme ça à la porte des dix premiers. Un Top 10, c'est plus marquant ", peste le skieur de Flumet.
Ce n'est sans doute qu'une question de temps. De toute façon, l'essentiel est ailleurs. L'important, pour Raphaël Burtin, est de pouvoir enchaîner les courses sans blessure, sans douleur, sans appréhension. A 27 ans, le voilà totalement reconstruit. "Raphaël a été malchanceux avec trois blessures au même genou droit. Mais lors des trois courses disputées cette saison, il s'est toujours qualifié pour la seconde manche. C'est de très bon augure", a confié à l'AFP Severino Botero, le coach italien des géantistes tricolores.
Covili ne s'en sort pas
Dan son sillage, Burtin emmène un groupe de plus en plus homogène, comme l'a prouvé la manche slovène. Entre la 11e place de "Raph", la 14e de Fanara et la 17e de Chenal, le tir groupé est intéressant, même s'il reste encore loin des toutes premières positions. Voir Fanara et Burton finir premier et deuxième du second tracé pourrait leur donner des ailes. "Gagner une manche en Coupe du monde, c'est important. Ca donne confiance et ça confirme le travail qu'on essaie d'entreprendre. Surtout qu'on part de loin cette année ", poursuit Botero.
L'exemple de Burtin doit en tout cas servir de référence à Frédéric Covili. Meilleur géantiste de la planète en 2002, l'ancien leader tricolore de la discipline est au fond du gouffre. Comme à Kranjska Gora, il a terminé la première manche aux oubliettes. "On va essayer de le remonter avant Adelboden, souffle Botero. Cet automne, on pensait qu'il était sorti du tunnel après deux saisons marquées par des blessures aux genoux". Le retour de Burtin prouve que rien n'est jamais perdu.
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