"Je le voulais absolument"

Eurosport sur Google

Bode Miller est définitivement entré dans la cour des grands en décrochant pour la première fois de sa carrière le classement général de la Coupe du monde. A 27 ans, l'Américain est enfin à sa place, la première. Une consécration méritée pour ce compétite

Eurosport

Crédit: Eurosport

Ce jour-là devait arriver. Tout le monde le savait, lui le premier. Depuis son premier podium en Coupe du monde, en décembre 2000, lors du géant de val d'Isère, la voie de Bode Miller était toute tracée. 19 victoires et 39 podiums plus tard, l'Américain tient enfin son Graal, le gros globe de cristal, celui du classement général de la Coupe du monde, le seul qui autorise vraiment à pénétrer ad vitam aeternam dans le gotha du Cirque Blanc.
Miller a assuré le coup samedi à Lenzerheide, en prenant la deuxième place du géant. Une minuscule déception, accompagnée d'une autre, puisqu'il doit laisser le petit globe de la spécialité à Benni Raich. "Je voulais vraiment gagner aujourd'hui, concède-t-il, mais je n'ai pas assez bien skié sur le haut du tracé dans la seconde manche. Tant pis. Bien sûr, ça aurait été sympa de remporter le globe en géant. Mais celui-là, je l'ai déjà eu l'année dernière".
"Une sorte de quête"
L'essentiel était effectivement ailleurs pour Miller. L'essentiel, c'était de devenir le premier Américain sacré meilleur skieur de la planète, 22 ans après Phil Mahre. C'est fait. Une consécration, mais aussi une forme de libération. "C'était le trophée que je voulais absolument gagner. Il mobilise vos énergies pendant toute une saison et il faut y travailler sans relâche. Cela a plus de valeur que mes médailles aux Championnats du monde, qui récompensent la course d'un jour", estime le Yankee.
Il y a déjà un petit moment que le skieur de Franconia tournait autour du pot. Quatrième du classement général en 2002, dauphin d'Eberharter en 2003 puis à nouveau quatrième l'hiver dernier, Bode a dû apprendre la patience. "Les quatre dernières années, j'ai eu une chance de gagner le général, sans y parvenir" , rappelle-t-il, avant d'ajouter avec une pointe de mélancolie: "C'était une sorte de quête. Maintenant qu'elle est achevée, j'ai l'impression que c'est la fin de quelque chose".
Fidèle à lui-même
Cet hiver, toute son énergie a convergé vers cet objectif. Vainqueur de six des dix premières épreuves de la saison, Miller a d'abord survolé la concurrence, avant de connaître un gros passage à vide. "J'ai commencé la saison par une série de victoires. Ensuite, j'ai dû attendre deux mois pour renouer avec le succès. Entre temps, j'ai dû beaucoup travailler, admet-il. Mais globalement, je suis content de moi et surtout très fier de ma régularité."
Bode Miller a surtout gagné en restant lui-même et c'est là sa plus grande fierté. Même en difficulté, il ne s'est jamais départi de son style inimitable, qui lui fait parfois prendre des risques là où ce n'est pas nécessaire. Car derrière le showman pointe le perfectionniste. Bode ne sait pas assurer ni gérer. "Je sais que j'ai commis quelques erreurs, en slalom notamment (NDLR: Il n'en a fini qu'un sur huit) mais j'ai toujours été à l'attaque. C'est comme ça que je conçois mon sport. Compter sur les fautes des autres ne m'intéresse pas", martèle l'Américain.
"Je veux gagner dimanche"
Confronté à un Benni Raich de plus en plus menaçant, il aurait pu tout perdre cette semaine, lors de ces finales. Sa réponse s'est avérée digne du grand champion qu'il est: deuxième de la descente jeudi, vainqueur du Super G vendredi puis à nouveau deuxième en géant ce samedi. "C'est fort ce que j'ai réussi ces derniers jours, se félicite-t-il. Je n'avais que 50 points d'avance sur Benni en arrivant ici et il a fallu que je skie à mon meilleur niveau". Ce fut le cas.
Il ne lui restait plus qu'à savourer. "Je veux fêter cette victoire: cet après-midi, je vais sortir une chaise du mobile home et boire deux ou trois bières au soleil", confiait-il en descendant du podium, du cristal plein les mains. Du pur Bode. Mais ce compétiteur-né, qui a appris à combattre l'adversité lors de son enfance, dans le New Hampshire, où il vivait dans une maison sans eau ni électricité, pense déjà à la suite: "Je veux gagner dimanche. Je veux terminer ma saison sur une victoire."
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité