JEAN-BAPTISTE GRANGE, comment avez-vous appréhendé le brouillard ?

J-B.G. : C'était une course très spéciale. En montant en télésiège (au départ), on ne voyait pas et je pensais qu'on ne partirait pas. La neige n'était pas uniforme autour des portes. Je me fais prendre les pieds dans la triple et je me suis dit: "il faut vraiment que tu y ailles". Je lâche tout, je suis direct. Ensuite je fais une faute de gourmandise, je suis sur l'arrière, la porte est trop loin.

Lenzerheide
Grange sera opéré de l'épaule
19/03/2011 À 11:19

Que ressentez-vous sur le coup ?

J-B.G. : Ca laisse des regrets, une petite pointe de déception. Je me suis laissé avoir par ces conditions difficiles. On sait aussi que c'est le ski alpin, il faut savoir s'adapter. Après, c'est plus facile de dire: +si tu étais resté plus calme+. Mais il n'y a rien de grave car la saison est plus que magnifique. C'est moins dramatique qu'en 2008, où j'avais perdu le petit globe à quelques portes de la fin, alors que j'étais arrivé avec le dossard rouge. Ici, j'étais derrière Ivica Kostelic (à 36 points). J'étais sorti vainqueur contre lui en 2009. Cette année, c'est à lui. Ma déception ne va pas durer.

Quel regard portez-vous sur cette saison du retour ?

J-B.G. : Je ne m'imaginais pas que je pourrais revenir aussi fort de mon opération au genou en gagnant à Levi. Ensuite? Il y a encore la blessure à l'épaule gauche, après une chute à l'entraînement fin décembre, puis les victoires à Kitzbühel et Schladming en janvier. Et l'or aux Mondiaux. Une alternance de grandes joies, de moments durs, des moments où j'ai survolé, où on voit que rien ne peut t'arriver, d'autres plus difficiles. La saison a été en dents de scie.

A cause aussi de votre épaule gauche ?

J-B.G. : Je me fais d'ailleurs opérer le 30 mars à Lyon après le slalom des Championnats de France. Le choix de ne pas faire les géants cette saison, c'était dû à l'épaule. J'étais à la merci d'une main dans une porte, d'une faute d'intérieur. Et je devais compenser avec le dos que j'ai déjà fragile depuis l'enfance. Le tendon est abîmé, avec une inflammation le long du biceps. Si je veux repartir petit à petit, retourner en géant et dans les autres disciplines pour le super-combiné, l'opération est indispensable. Les chirurgiens m'ont dit que ça n'attendrait pas la fin de ma carrière.

Avec quelles répercussions sur votre préparation ?

J-B.G. : On va me poser une attelle et pendant trois mois je ne devrai pas forcer. Ca ne m'empêchera pas de faire rapidement du vélo pour l'entretien des cuisses, contrairement à ce qui se passe après une opération au genou. Avec la rééducation, je devrais réduire le temps du retour sur les skis au début de l'été. Et puis c'était le moment, en fin de saison, d'autant qu'il n'y a ni Mondiaux ni JO en 2012..

Lenzerheide
Grange, c'est raté !
18/03/2011 À 08:14
Lenzerheide
Victoire de l'Allemagne
20/03/2011 À 13:03