Méribel: Pinturault: "On construit une carrière sur la longévité et pas sur des coups de poker"

Eurosport sur Google

Le chef de file du ski alpin tricolore, Alexis Pinturault, se sent "beaucoup plus solide" dans le bilan qu'il dresse d'une "année de transition", avant d'aborder les finales de la Coupe du monde en super-G, jeudi à Méribel.

Eurosport

Crédit: Eurosport

Vous allez probablement terminer troisième au général, comme la saison dernière. Peut-on parler de stagnation?
ALEXIS PINTURAULT: C'était une année particulière, une année de transition où je découvrais mon nouveau matériel. Je me sens d'ailleurs beaucoup plus solide dans toutes les disciplines. Je trouve ma technique meilleure. Après, sur les résultats, on peut dire que c'est un peu la même chose que la saison précédente. Même finir quatrième, c'est bien. Je ne ressens pas de pointe de regret dans mon entourage, pas chez mes entraîneurs en tout cas. Tout ce qu'on a mis en place avait un sens. On construit une carrière sur la longévité et pas sur des coups de poker.
Dans quelle discipline vous sentez-vous le plus à l'aise?
A.P. : C'est en géant que ça va le mieux. En super-G, ça va plutôt pas mal mais il y a certains points que je dois régler. Ca doit passer par des tests et je n'ai pas énormément le temps en période de compétition. Et il faut des conditions de neige qui se rapprochent de celles de la course. En slalom, on commence à être pas loin de quelque chose d'intéressant.
Marcel Hirscher est-il inabordable?
A.P. : Ca ne m'étonne pas du tout qu'il soit à ce niveau-là. J'échange pas mal avec lui. Il met beaucoup de choses en place pour se donner les moyens de réussir. Il a une structure avec un préparateur physique personnel, un kiné personnel, un entraîneur personnel, et son père qui aide aussi au développement du matériel. Et il a une marque qui lui donne des exclusivités. Il a aussi un accord avec la station de Reiteralm. Dès qu'il veut s'entraîner, on lui prépare trois pistes avec des profils et des neiges différents.
Rien de tel en France?
A.P. : On a zéro station capable de nous mettre une seule piste à disposition. Il y a bien Méribel, la semaine dernière, ou Courchevel (sa station, ndlr) qui essaient de faire un effort. Mais ce n'est pas systématique et pas sur toute l'année. Ce qu'il nous faudrait, c'est un camp de base. Où on peut avoir de bonnes conditions quand on vient.
L'encadrement de l'équipe de France va changer. Qu'en pensez-vous?
A.P. : Il y aura du changement, dans quelle mesure on ne sait pas. Il y a des choses qui marchent, d'autres qui peuvent mieux marcher. Après, ça peut paraître bizarre que je sois dans le même groupe que Julien Lizeroux ou Jean-Baptiste Grange qui ne font que du slalom. La constitution d'un troisième groupe (pour les polyvalents), ça me paraît difficile. J'avais demandé un entraîneur qui puisse me suivre pour une meilleure liaison quand je passe du groupe technique au groupe vitesse. Il y a des choses à ajuster.
Quel serait le bon profil pour le nouveau chef d'équipe?
A.P. : Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c'est qu'on est dans un monde où les gens échangent de plus en plus, où les moyens de communication sont plus faciles, et où la France, et notamment la Fédération française de ski, a énormément de progrès à faire. On est une fédération où, en anglais, on est très nul. Quand on va s'entraîner à l'étranger, parler anglais, ou même allemand dans le ski alpin, ça peut faciliter les choses.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité