Alexis Pinturault, quel sentiment domine trois semaines après la fin de saison (ndlr : les six dernières courses ont été annulées) ?

Sur le moment j'étais forcément déçu, c'était quelque chose de particulier, beaucoup de courses ont été annulées, surtout des courses techniques en ma faveur. J'avais un grand goût d'inachevé, quelque chose qui s'arrêtait où je n'ai pas pu jouer toutes mes cartes. Mais ça a été plutôt facile à digérer et accepter vu les circonstances et l'actualité.

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La Fédération internationale de ski aurait-elle pu arrêter la saison plus tôt ?

Bien sûr, après coup on peut se poser la question. La décision aurait dû être prise après Hinterstoder (ndlr : Autriche, du 29 février au 2 mars) parce que c'était le dernier week-end avec autant de courses techniques que de vitesse (un combiné, un super-G, un géant) mais beaucoup de choses rentrent en compte. L'aspect économique avec la fédération internationale qui gagne sa vie avec les droits télé, les fédérations nationales gagnent aussi leur vie grâce à ces droits, les marques de ski aussi.

Si l'arrêt avait été pris après Hinterstoder vous étiez en tête du classement et vous auriez gagné...

Oui après Hinterstoder ça m'aurait fait gagner. Après Kvitfjell (ndlr : Norvège, une descente le 7 mars) les descendeurs avaient plus de courses que nous, ce qui a fait une différence. On a eu cinq courses techniques annulées dans l'hiver, les descendeurs que trois. Mais il faut que je vois les choses de manière positive. Cet hiver a été mon meilleur hiver, celui où j'ai eu le plus de victoires (ndlr : six, il a été le skieur le plus prolifique) malgré le fait qu'il y ait eu moins de courses.

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Cela faisait très longtemps que je n'avais pas passé autant de temps avec mes proches

Avez-vous déjà la flamme pour l'année prochaine ?

C'est un peu tôt, cette fin de saison m'a quand même mis un coup, ça a été pas mal de déception. En plus de ça on est tous un peu amorphes, à la maison, on ne fait pas grand-chose, on essaie de s'occuper mais on reste finalement beaucoup d'heures cloitrés chez nous entre quatre murs. Là, la motivation est difficile à trouver.

Comment se passent les journées de confinement ?

Là c'est plus la période de repos normalement. C'est assez calme niveau physique, je dois recommencer la "prépa" autour du 15 avril. Malgré ça, tous les jours je fais une heure de sport. L'avantage c'est que je passe énormément de temps avec ma famille. Cela faisait très longtemps que je n'avais pas passé autant de temps avec mes proches, ça fait plaisir et vivre ces moments-là de bien meilleure manière. On est restés à Courchevel à l'hôtel bien qu'il soit fermé, on va dire que c'est une "prison dorée".

Vous projetez-vous sur la suite ?

On ne sait pas quand les glaciers vont pouvoir ouvrir et s'ils vont pouvoir ouvrir, où est-ce qu'on pourra aller et quand ? Normalement on fait des plans, on programme l'entraînement physique, le retour sur les skis. Tout ça il faudra le faire au jour le jour.

Ça se perd le ski sans pratique ?

Ça ne s'oublie pas. Mais on a toujours besoin de quelques journées de ski. Le minimum c'est quatre, cinq jours dans chaque discipline pour retrouver un niveau correct. Puis on a besoin de deux, trois jours dans chaque discipline pour entériner des choses et retrouver notre meilleur niveau.

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