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Maitre Raich
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Publié 11/03/2006 à 17:45 GMT+1
Consacré meilleur skieur de la planète à 28 ans, Benjamin Raich tient enfin ce gros globe de cristal qui lui tenait à coeur. Mais au-delà de ses victoires, le surdoué autrichien continue de cultiver sa simplicité, à des années-lumière du style d'un Bode M
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On le dit parfois terne. On lui reproche son manque de charisme. Peut-être. La réserve peut posséder une certaine consistance, à condition d'entendre par là que Benjamin Raich n'est pas un showman à la Bode Miller et que son destin a suivi des traces plus classiques, moins romanesques que celles d'un Hermann Maier. Doué mais pas fantasque pour deux sous, l'Autrichien fait parler de lui sur les pistes. Point barre. C'est cela que certains voudraient lui reprocher. Raich, c'est l'anti-star, l'anti Miller. C'est monsieur tout le monde. Mais il skie comme personne.
Aujourd'hui, Benni est officiellement le meilleur skieur de la planète. Le classement général de la Coupe du monde rejoint enfin l'impression que le Tyrolien laissait depuis plusieurs saisons. A 28 ans, l'âge de la maturité, il a encore franchi un cap cet hiver, assurément le meilleur de sa carrière. Six fois vainqueur en Coupe du monde cette saison (deux fois en géant trois fois en combiné et une fois en slalom), présent à 11 reprises sur les podiums), Raich n'a pas eu de rival à sa mesure dans la quête du gros globe de cristal.
Tranquille et timide
Une petite revanche pour lui, puisque Bode Miller l'avait privé du sacre pour une poignée de points l'an dernier. Deux semaines après sa médaille d'or olympique en slalom, à Turin, Raich décroche donc l'autre Graal de sa carrière. "Même si je savais depuis quelques temps que c'était quasiment fait, c'est vraiment un grand jour pour moi, concède-t-il. Cette victoire au classement général signifie beaucoup pour moi, car elle récompense le skieur le plus polyvalent et constant." Une manière de voir les choses qui lui ressemble tant.
Depuis ses premiers pas au plus haut niveau jusqu'à son avènement définitif au sommet du Cirque blanc, Raich a suivi une progression méthodique, par paliers. Le skieur est à l'image de l'homme: réfléchi, posé, intelligent. Toujours prêt à relativiser, ses victoires comme ses échecs. "Quand je gagne, tout va bien. Quand je ne gagne pas, tout va bien aussi, car je suis en bonne santé et entouré de gens biens", aime-t-il à répéter. Tranquille, Benni, mais aussi un peu timide aussi, parfois. Cette retenue, encore louable dans la vie, notamment lorsqu'on évoque sa relation avec sa compatriote Marlies Schild, allusion qui le fait encore rougir, Benni a mis du temps à s'ne défaire sur les pistes.
On se souvient notamment de sa crispation exacerbée aux Jeux de Salt Lake City, om l'Autriche avait placé de très (trop?) gros espoirs en lui. Sans passer complètement à côté, il avait globalement déçu. Trois ans plus tôt, il avait commencé à faire parler de lui. En un week-end, à quelques jours de son 21e anniversaire, Raich s'était révélé en pleine lumière le premier week-end de l'année 1999, enchainant en 24 heures le premier podium de sa carrière, puis sa première victoire, le lendemain, lors du slalom de Schladming, en Autriche.
Un surnom à la Sailer
Il y gagna un surnom: "The Blitz from Pitz", référence à sa ville natale, Pitzal, mais aussi, bien sûr, au sobriquet du plus grand champion autrichien de l'histoire du ski, Toni Sailer, connu sous l'appellation The Blitz from Kitz" (Kitzbhuel). Après ces débuts tonitruants, l'Autriche vit rapidement en lui son nouveau géant. A juste titre. Le talent évident de ce surdoué, mais aussi sa polyvalence, concrétisée par ses progrès rapides en vitesse, firent rapidement de lui un futur vainqueur de la Coupe du monde. Il lui faudra donc sept années pour justifier ce pronostic.
Désormais, Benni Raich a assouvi tous ses rêves de gosse et ses aspirations de champion. Il lui reste quelques belles années devant lui pour parfaire un palmarès déjà exceptionnel. Dès la saison prochaine, il devrait dépasser Franz Klammer et Stephan Eberharter dans la hiérarchie des Autrichiens les plus victorieux en Coupe du monde, pour s'installer derrière Maier. Mais il y a fort à parier que ces stats ne le changeront pas. Cet amoureux de la nature continuera de cultiver sa simplicité, laissant à d'autres l'extravagance et l'arrogance.
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