Pinturault, l'horizon bleu

C'est la nouvelle pépite du ski tricolore. Mais qui est Alexis Pinturault ? Le Savoyard, qui nous a accordé un entretien avant de s'envoler pour Sölden, récolte les fruits d'un travail acharné. Le Français ne se fixe aucune limite et ne redoute pas la pression. La concurrence est prévenue.

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"Je n'ai aucun modèle. Il y a évidemment des skieurs qui ont marqué mon sport mais ce n'est pas pour autant que j'en fais des références". Alexis Pinturault ne veut être comparé à personne. Du haut de ses 20 ans, le Courchevelois souhaite avant tout tracer son propre sillon, écrire son histoire personnelle. A Sölden, dimanche, le Savoyard y a ajouté un nouveau chapitre. Evidemment pas le dernier, car le livre de la nouvelle perle du ski français est loin d'être achevé.
Sur les neiges verglacées du Tyrol, Pinturault a fait parler sa technique et son explosivité. Au terme de deux manches pleines, le talentueux Tricolore a obtenu le droit, pour son 21e départ en Coupe du monde, de monter, aux côtés de Ted Ligety et Philipp Schoerghofer, sur la fameuse "boîte". La deuxième de sa carrière après le podium décroché à Kranjska Gora - toujours en géant - en mars dernier. Sa performance sur les pentes slovènes avait sonné comme un coup de semonce. Sa brillante sortie autrichienne se veut plus qu'une simple piqûre de rappel. Car contrairement à ce que peuvent penser les béotiens de la spatule, le Français n'est pas sorti de nulle part ce week-end.
"On va te voir à la télé"
Double champion du monde junior (en 2009 et 2011), Pinturault est promis à un avenir doré depuis quelques hivers. Son éclosion n'a rien de singulière. "Je ne dirais pas que je suis surpris, je savais que j'en étais capable", a-t-il reconnu dimanche. Fils de Claude, hôtelier à Courchevel, et de Hege, Norvégienne originaire de Bergen, celui qui possède la double nationalité n'a cessé de "baigner" dans la neige. "J'habite à la montagne depuis toujours. C'était facile d'accès", avoue-t-il. Mon père m'a mis au ski à deux ans. Ensuite, j'ai intégré le club des sports. Tout s'est fait dans la logique des choses". A 15 ans, celui que l'Autrichien Hans Knauss compare déjà au Suisse Pirmin Zurbriggen intègre le lycée d'été d'Albertville. La voie est tracée. A lui de lui donner un aspect royal. "Ce n'est qu'à ce moment-là que j'ai compris que je me destinais à devenir skieur professionnel. Pas avant".
C'est lors des finales mondiales d'Are, en mars 2009, que Pinturault se mesure aux "grands" pour la première fois. Son récent statut de champion du monde junior lui octroie un dossard pour le géant suédois. "Je suis arrivé dans un milieu que je ne connaissais pas trop car j'étais encore jeune. J'avais fait quelques Coupes d'Europe mais c'est tout, reconnait-il. Je me souviens juste que j'étais impressionné car je partais juste après les favoris, juste derrière l'Italien Innerhofer (NDLR : en fait, c'était derrière Werner Heel). Son abandon en première manche reste anecdotique. "C'était une belle expérience. Une journée sympa. Je n'étais pas plus tendu que ça. Une seule chose m'avait stressé: c'est la première fois que je me disais : "On va te voir à la télé !".
Rendez-vous à Levi
Depuis l'étape d'Are, il y a donc eu ce géant de Kranjska Gora. Un évènement qui n'a bouleversé en rien le Savoyard. "Ça n'a pas changé grand chose finalement. Mon attitude est restée la même. Cette 2e place m'a juste permis de comprendre que c'était possible de faire ça à ce niveau, que c'était accessible. Je suis donc en mesure de le refaire. Le plus rapidement possible sera le mieux évidemment", nous avait-il expliqué début octobre. Le jeune homme ne s'en cache pas. Ses appétences n'ont pas de limites et la notoriété ne l'effraie pas : "Je me dis que j'ai de grandes ambitions. Si je commence à faire des résultats, je sais que je serais sollicité. Ça va avec, j'en suis conscient". L'homme a pu s'en rendre compte ce dimanche à Sölden.
Mais Pinturault n'a pas eu le temps de réellement savourer cette nouvelle deuxième place. Afin de préparer le slalom de Levi (13 novembre), le Français s'est envolé dans la foulée, avec le reste du groupe technique, pour Tignes. Un nouveau stage de quatre jours qui doit le préparer au mieux pour l'étape finlandaise. Sur la piste Levi Black, son style "élastique, physique et sans calcul", selon notre émérite confrère Alexandre Pasteur (*), pourrait faire de nouvelles merveilles. Ce bourreau de travail préfère rester humble : "J'ai du mal à décrire ma façon de skier, à m'en faire une idée. Je sais juste que ma principale qualité, c'est l'explosivité. Je m'engage à 100%". Autrement dit, comme personne...
(*)Skichrono
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