Coupe du monde I Val d'Isère I Clément Noë, Steven Amiez... l'émulation, clé du succès des slalomeurs français

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Ils se tirent la bourre entre eux et toute l'équipe de France en profite. Clément Noël - malgré sa frayeur samedi - et Steven Amiez incarnent la forme étincelante du slalom français avant l'étape de Val d'Isère, à suivre dimanche sur Eurosport (10h). Une émulation qui repose autant sur leur collaboration à l'entraînement que sur leur rivalité en course. Et qui peut gagner l'ensemble du groupe.

Noël heureux du top 4 d'Amiez : "Il y a une belle émulation, on s'entraide"

Video credit: Eurosport

C'est leur rendez-vous. Pas seulement parce qu'il est en France. Si les feux seront braqués sur les slalomeurs tricolores dimanche à Val d'Isère, c'est surtout parce qu'ils crèvent l'écran. Clément Noël a brillamment effacé sa disette de l'an passé en rempotant les deux premiers slaloms de la saison à Levi puis à Gurgl. Steven Amiez avait égalé son meilleur résultat en Coupe du monde avec une 6e place en Finlande, avant de le battre en terminant 4e en Autriche. Comme si chacun tirait l'autre vers le haut pour arriver ensemble au sommet de leur art.
C'est d'abord le fruit d'une certaine continuité. Cette émulation était déjà latente l'an passé, mais elle a été facilement éclipsée par celle qui a porté l'équipe de France de vitesse sous l'impulsion de Cyprien Sarrazin. Il y avait cependant les prémices d'une montée en puissance chez les slalomeurs tricolores. Ce qu'il manquait, c'était le résultat pour la valider. Noël a souvent tourné autour de la victoire sans réussir à l'obtenir. Amiez n'était pas si loin de décrocher son premier podium mais il n'y est pas parvenu. Les progrès étaient sensibles chez les autres, comme Paco Rassat. Il y avait matière à espérer.

Noël, "un super point de repère"

Concrétiser les espoirs, c'est ce que les slalomeurs français ont réussi sur les deux premières étapes de la saison. Le goût retrouvé de Noël pour la victoire y a nettement contribué. Il a replacé le champion olympique en titre à son rang de référence de la discipline. Et inspiré ses compatriotes. "C'est un sacré leader, il a un sacré palmarès en slalom, et en ce moment il est en super forme, énumérait Amiez la semaine passée dans l'émission Chalet Club. C'est un super point de repère, que ce soit à l'entraînement ou en course."
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Amiez veut devenir "le meilleur skieur du monde"

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Mais l'inverse est aussi vrai. Si Noël a retrouvé son rang, avant sa grosse frayeur samedi, c'est aussi parce que les autres Français, à commencer par Amiez, ont haussé le niveau et l'ont poussé dans ce sens-là. "Je pense qu'il a passé un cap mental cette année et puis bon, l'arrivée de Steven Amiez fait beaucoup de bien aussi parce que du coup, ça crée de l'émulation, soulignait Jean-Pierre Vidal, champion olympique en 2002 et consultant sur Eurosport, après le slalom de Gurgl. Il est un peu moins seul à assumer ce rôle de leader. Donc ça, je pense que c'est aussi une vraie force pour lui."

"Ça pousse aussi les leaders à se surpasser"

Noël en est le premier conscient. L'avènement d'Amiez à un niveau supérieur lui a offert un nouveau rival au sein de sa propre équipe. C'est de nature à le galvaniser, et ce n'est pas étranger à son éblouissant début de saison. "Je ne dirais pas que ça me libère d'une certaine pression, au contraire ça me pousse vers le haut, reconnaissait-il début décembre dans Chalet Club. Ça me pousse à être encore meilleur, parce que je n’ai pas envie de me faire battre par Steven, même si je lui donne des conseils, même si on est proche. On est amis d’ailleurs, on est amis avec tout le groupe."
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Noël : "J'ai plus travaillé mentalement que d'habitude"

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Une amitié qui n'empêche pas la rivalité. Elle aurait même tendance à les galvaniser. "L'ambiance est superbe dans ce groupe, et j'ai envie qu'il (Amiez, NDLR) réussisse, j'ai envie qu'il fasse des podiums, j'ai envie qu'il gagne des courses, assure Noël. Mais je suis aussi un compétiteur, et vu qu'on se tire un petit peu la bourre à l'entraînement toute l'année, je n'ai pas forcément envie qu'il me batte sur les courses, donc je dirais que ça me pousse à être meilleur. Derrière, quand il y a une bonne émulation et que ça pousse, ça pousse aussi les leaders à se surpasser pour ne pas se faire dépasser."

"Ce qui va nous permettre d'aller chercher les sommets."

De ce point de vue, Noël est un peu dans la peau du chassé. Et Amiez dans celle du chasseur. Lui aussi embrase ce rôle qui lui convient à merveille à ce stade de sa carrière. "Forcément, j'ai très, très envie de le battre. Je pense que j'ai autant envie de le battre que lui n'a pas envie de se faire battre par moi, expliquait Amiez. C'est vrai que ça me booste et que ça me pousse à aller encore plus vite tous les jours. Mais à côté de ça, on s'aide aussi, on se tire vers le haut pour progresser chaque jour. C'est très important. Je pense que dans l'équipe on l'a bien compris, que ce soit avec lui ou avec les autres. C'est ce qui va nous permettre d'aller chercher vraiment les sommets."
Car les vertus de cette émulation pourraient ne pas s'arrêter aux seuls Noël et Amiez. L'équipe de France a d'autres slalomeurs de talents pour apporter leur pierre à l'édifice, et en tirer eux-aussi les bénéfices. Rassat, 14e à Gurgl, qui n'a pas été loin de battre son meilleur résultat en Coupe du monde (12e) et illustre un potentiel qui se développe chez les Tricolores dans l'ombre de Noël, et désormais d'Amiez. Deux hommes prêts à se tirer la bourre une nouvelle fois sur la piste de Val d'Isère. Et quel que soit le vainqueur de leur duel, la France en sortira grandie.
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