JO 2026 - Milan-Cortina : l'équipe de France de snowboardcross ne se cache pas : "On vient chercher un quadruplé"
Par Vincent Roussel
Mis à jour 12/02/2026 à 14:01 GMT+1
Débordante de talents, l’équipe de France de snowboardcross débarque à Livigno avec beaucoup d’ambition. Entre l’expérience de Merlin Surget et Loan Bozzolo et la fougue des frères Chollet - Aidan et Jonas -, les Bleus visent tous un podium, a minima, ce jeudi. Et cela avant que Chloé Trespeuch et sa troupe ne débarquent, vendredi.
Les frères Aidan (à gauche) et Jonas Chollet (au centre) sont le symboles d'une équipe de France de snowboard cross ambitieuses aux JO 2026
Crédit: Getty Images
Dans l’ombre de l’armada tricolore du biathlon, un autre contingent français nourrit d'énormes d’ambitions lors de ces JO 2026. Plus confidentielle, l’équipe de France de snowboardcross a démarré ses Jeux dès ce jeudi avec les épreuves masculines, où les Tricolores Loan Bozzolo, Aidan et Jonas Chollet ainsi que Merlin Suget débarquent façon Michael Jordan et consort, aux JO d’été de 1992, à Barcelone.
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"On peut clairement parler de 'Dream Team', explique Robin Ligeon, notre consultant Eurosport, en référence au surnom donné aux basketteurs américains qui étaient allés chercher l’or sans problème en Catalogne. Les quatre sélectionnés aux Jeux sont parmi les 12 meilleurs au monde, en sachant que le dernier, c’est Loan Bozzolo, qui est quand même vice-champion du monde et numéro 2 mondial l’an dernier", détaille Ligeon.
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Aidan Chollet à l'entraînement à Livigno, avant l'épreuve de snowboardcross.
Crédit: Getty Images
La densité globale de l’équipe de France est dingue
Il rappelle que "la densité globale de l’équipe de France est dingue. Le premier non sélectionné, ça a été Julien Thomas, qui aurait pu ambitionner de gagner les Jeux. Il est 13e mondial et il ne va pas aux Jeux, c’est dire". L’héritage, selon notre consultant, des années Pierre Vaultier, "le GOAT (plus grand de tous les temps, NDLR), le vrai. Il a écrasé la discipline pendant des années, il a des records qui ne seront, je pense, jamais battus et les athlètes de cette génération ont eu les étoiles dans les yeux en le regardant", estime l’ancien membre de l’équipe de France.
Double champion olympique (2014 et 2018), vainqueur de quatre gros globes, il a fait des émules. Qui rêvent de lui succéder au palmarès, dans un plateau extrêmement relevé. "Il n’y a pas un athlète qui se détache du groupe, un peu comme un Johannes Klaebo en ski de fond", image Robin Ligeon. Qui cite l’Autrichien et tenant du titre Alessandro Haemmerle, le Canadien Eliot Grondin, vice-champion olympique, ou encore l’actuel numéro 1 du classement mondial, l’Australien Adam Lambert, comme principales menaces pour le podium.
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Video credit: Eurosport
Les Chollet, deux frères "qui n’ont peur de rien"
Reste que les Bleus sont gonflés d’ambitions, à l’image des frères Chollet, nouvelle attraction de la discipline, notamment Jonas, 17 ans et plus jeune vainqueur de l’histoire en Coupe du monde, l’an passé. "Ce qui fait leur force, c’est qu’ils savent tout faire. Leur père, aujourd’hui entraîneur en équipe de France, les a entraînés très longtemps. Ce sont des gamins passionnés, qui n’ont peur de rien et qui ont le couteau entre les dents. Et ils ont déjà gagné en Coupe du monde, comme les deux autres qui sont là", résume Ligeon.
"Je pense qu'ils se tirent clairement vers le haut tous les deux : le petit veut battre le grand, le grand ne veut pas se faire battre par le petit. Mais ça reste très sain", complète Kevin Strucl, entraîneur de l'équipe de France de snowboardcross, dans des propos rapportés par l’AFP. L’enthousiasme est présent partout, comme chez Loan Bozzolo qui évoque même l’opportunité pour les siens de finir… aux quatre premières places ! "On vient chercher un quadruplé. Arriver tous ensemble, ce serait magnifique", rêve le doyen de l’équipe, à seulement 26 ans. "On a aujourd'hui l'équipe la plus forte du monde", abonde Surget, cinquième à Pékin.
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Aidan (à g.) et Jonas Chollet (au centre), sur un podium à Cervinia en 2025.
Crédit: Getty Images
S’avancer sur un triplé, c’est un peu fort et Ça reste très hypothétique
"Techniquement, le triplé voire le quadruplé, c’est possible", rebondit Robin Ligeon. Mais le boardercross, comme on appelle aussi la discipline, reste un sport capricieux, où les chutes et les espoirs brisés sont vite arrivés. "Si tu rides devant, si tu n’es pas dans le pack quand tu rides, tu choisis ta ligne et tu as moins de chances de tomber", décrypte notre consultant. "Mais c’est aléatoire. Par exemple, Pierre Vaultier, en 2010, domine la discipline comme jamais. Personne ne pouvait rien faire, les autres venaient à la Coupe du monde pour faire une deuxième place. Il arrive aux Jeux de Vancouver pour la médaille d’or, et il sort finalement en quart de finale".
Plus prudent, Ligeon estime que les chances de médailles sont surtout du côté des filles, avec Chloé Trespeuch, l'une des deux porte-drapeau de la délégation et la pépite Léa Casta. Il préfère ramener tout le monde sur terre : "On a trois très bons ‘starters’ (forts sur les départs, les frères Cholet et Surget) et un ‘starter’ correct, mais qui est surtout un très bon glisseur (Bozzolo), donc il faudra des 'boarders' qui correspondent aux quatre. S’avancer sur un triplé, c’est un peu fort et c’est reste très hypothétique".
Les Tricolores ont presque tous répondu présents lors des qualifications ce matin, Aidan Chollet terminant en tête en 1'06"37, devant Grondin (1'06"75) et la surprise allemande Leon Ulbricht (1'07"94). Son petit frère Jonas Chollet (4e, 1'08"94) et de Loan Bozzolo (5e, 1'08"22) ont bien commencé aussi. Auteur d'une petite faute lors de ses deux premiers runs, Merlin Surget s'est finalement rassuré en huitième de finale.
Il est passé sans trembler en quart en compagnie d'Aidan Chollet, tandis que Jonas Chollet et Loan Bozzolo ont chacun remporté leur huitième de finale pour se retrouver eux aussi dans le même quart de finale, avec les demies dans le viseur.
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