JO 2024 - Alexis et Felix Lebrun médaillés de bronze - "Depuis qu’ils ont 6 ans, je sais qu’ils sont spéciaux"

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Les frères Lebrun ont apporté ce vendredi la deuxième médaille du tennis de table français aux Jeux Olympiques de Paris. Une issue insensée alors que le duo naviguait au-delà du top 1 000 il y a encore deux ans et demi. Leur histoire a charmé la France tombée en pamoison devant le talent et la simplicité des deux gamins. C’est une histoire unique de deux frères hors du commun.

Du grand spectacle, un immense finish : les plus beaux points du match pour le bronze

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Ils le jurent le cœur sur la main. Le matin dans leur bol, il n’y avait que des Trésor. Rien d’autres. Pourtant, Alexis et Felix Lebrun forment une fratrie époustouflante. C’est comme si toutes les fées du tennis de table s’étaient penchées sur leurs berceaux. Créativité, audace, intelligence : ils ont déjà tout. Les deux frères viennent juste de tomber du nid, à 17 ans et 20 ans, mais ont déjà porté leur sport à des hauteurs inconnues. Jamais la France n’avait obtenu deux médailles sur les mêmes Jeux Olympiques. C’est fait grâce aux deux nouvelles coqueluches du sport français. Dans une discipline confisquée par les Asiatiques, gratter une médaille est un exploit. Alors deux…
Cette histoire ne ressemble à aucune autre. C’est une histoire authentique de petits gamins qui n’avaient rien d’autre qu’une ambition. Deux têtes blondes que rien ne destinait à être connues et dont la France s’est enamourée. C’est une vraie histoire de Jeux Olympiques. Elle démarré à Montpellier, le berceau des Lebrun, a décollé en Chine, où ils ont longtemps été plus connus que chez eux, et a basculé Porte de Versailles où, en deux semaines, ils sont entrés dans le cœur des Français et pour de bon. Longtemps, on a bêtement cru que les JO arrivaient trop tôt pour eux. C’était oublié qu’à 5 ans, dans la maison familiale, Félix épinglait au mur un dessin de lui sur un podium avec la phrase prophétique : "Je veux une médaille."
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Alexis rendu fou par Félix : "Je l'aimais, j'avais envie de le tuer, puis je l'aimais à nouveau"

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 On jouait avec un filet sur deux chaises mais d'aussi loin que je me souvienne, on a toujours eu une raquette dans la main
A 12 ans, alors qu’il est loin des meilleurs Français, il râle auprès d’un de ses meilleurs amis. Voilà cinq mois qu’il ne progresse plus : "Si ça continue comme ça, je ne vais pas faire les Jeux. Je sens que je perds du temps." Tout juste adolescent mais déjà l’ambition obsédante de ces JO. Paris 2024 fut le fil rouge de leur début de vie et ils ont réussi la mission qu’ils s’étaient fixés. "Je connais Alexis depuis qu’il a 6 ans, nous confiait Nathanaël Molin lors de notre premier entretien en mars 2023. Pour lui comme pour Félix, j’ai toujours su qu’ils étaient spéciaux." Issus d’une grande famille de pongistes avec un oncle, Christophe Legoût, ancien numéro 4 mondial, et un père, Stéphane, ancien numéro 7 tricolore, ils ont pu compter sur un ADN et un environnement familial propices.
Felix ne sait pas encore marcher que son père l’installe sur la table en couches. "On joue depuis qu'on est né, nous racontait Alexis l’an passé. On a des vidéos de Félix qui tape la balle à 2 ans. On jouait avec un filet sur deux chaises mais d'aussi loin que je me souvienne, on a toujours eu une raquette dans la main." Mais il ne faut pas croire que le fruit est tombé tout seul de l’arbre. Les deux gosses se sont longtemps infligés, dès leur adolescence, des séances interminables au gymnase. Perfectionnistes voire maniaques, ils pouvaient enchaîner durant deux heures le même mouvement pour atteindre la perfection. Par exemple, Félix, obsessionnel, travaille sans relâche son point fort, sa mise en jeu, alors qu’il "n’y a rien de plus chiant", selon leur oncle, jusqu’à devenir le meilleur serveur de la planète.
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La balle de match sauvée la plus folle du tournoi ? Félix Lebrun, évidemment

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Un succès artisanal

Mais, à la manière d’un Léon Marchand, le duo n’envisage pas les entraînements comme un travail. C’est le plaisir de se surprendre qui guide leur carrière. Et si tout devient trop sérieux, leur père, Stéphane, ou leur entraîneur, Nathanaël Molin, leur répètent que tout ceci n’est qu’un jeu : "C’est la pierre angulaire de notre projet. On s'amuse mais on le fait bien." Un état d’esprit, une éducation, qui les protège de tout ce qui se passe autour d’eux.
Face à un pays à 70 millions de pratiquants, à des stars chinoises accompagnées par des staffs de 7 personnes, leur réussite est artisanale. Les Lebrun sont loin des standards asiatiques. Ils partagent très souvent leur vétuste gymnase Alain-Achille avec des scolaires. Leur mère a mis sur pause sa carrière de professeure des écoles pour devenir spécialiste des relations publiques. Leur père joue les hommes-orchestre. Le projet familial dépasse les attentes. Le cocon pourra-t-il continuer à faire grandir les deux frangins devenus aujourd’hui des références de leur sport et des héros nationaux ?
En Chine, ils sont des stars. En France, ils ne peuvent plus faire un pas dans la rue. Ont-ils changé pour autant ? Pas d’un iota. Toujours ce recul sur les choses et cette étanchéité face à la vague Lebrun qui aurait pu emporter n’importe quel jeune homme de leur âge. Alexis était 1 050e joueur mondial en janvier 2022. Félix encore plus loin dans les limbes du classement mondial. Qui peut prédire où ils en seront dans quatre ans à Los Angeles ? Sur son dessin d’enfant, Félix s’était bien sûr dessiné sur la plus haute marche. 
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