WTT Champions Montpellier | "J'avais l'impression qu'il était imbattable" : et Simon Gauzy a enfin vaincu Félix Lebrun au bout du 8e essai

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Pour Simon Gauzy, la huitième aura été la bonne. Alors qu'il n'avait toujours pas réussi à battre Félix Lebrun, il a choisi un huitième de finale au WTT Champions de Montpellier pour enfin conjurer le sort qui l'accablait, jeudi soir. Le sentiment que son heure était enfin venue à force d'y croire et parce qu'à un moment, "il fallait bien (qu'il) gagne", comme il le dit lui-même.

Simon Gauzy au WTT Champions Montpellier

Crédit: Getty Images

Ce jeudi, c'est une page de l'histoire du ping français qui s'est écrite au WTT Champions de Montpellier. Comme souvent, le cruel tableau a mis au programme des affrontements entre Français. Et on pensait que ça allait encore finir comme d'habitude entre Simon Gauzy et Félix Lebrun. Que c'était encore le prodige montpelliérain et tenant du titre qui allait donner la leçon à son compatriote en équipe de France, de 12 ans son aîné. C'était déjà arrivé sept fois dans sa jeune carrière, alors pourquoi pas une huitième ? Mais cette fois-ci, le Toulousain, qui joue le ping de sa vie, tout fraîchement couronné champion d'Europe par équipes avec les frères Lebrun, a décidé de renverser la table.
Après s'être offert le scalp de Lilian Bardet au premier tour avec autorité, il avait rendez-vous avec l'histoire, avec son histoire. Qui plus est face au tenant du titre à domicile, tout était encore réuni pour assister à une leçon du plus jeune au plus vieux. En empochant la première manche sans trop de problèmes, c'était parti pour et ce n'est pas Simon Gauzy qui disait le contraire. "Il a été très, très bon dès le début, je me suis dit 'ça va être compliqué, encore une fois'. Dans tous les cas, je savais que j'allais tout donner", a-t-il réagi au micro de RMC Sport après sa qualification. Il est revenu à un set partout, puis a pris l'avantage en profitant de la maladresse de son adversaire, gêné par les capacités de défense exceptionnelles de sa victime favorite.

Une balle de match et un grand bonheur

"Il y a un tournant important : à un set partout, 10-9, j'ai une balle favorable, a relaté le cadet des Lebrun, au micro de RMC Sport. Je n'y vais pas vraiment, je perds le set là-dessus. Après, je suis derrière (au score) tout le temps donc ce n'est pas facile." Une fois l'avantage pris, on se dit que Simon Gauzy n'a jamais été aussi proche d'enfin réussir l'exploit. "J'arrive à gratter deux sets, pas miraculeusement, mais je jouais très bien. C'est ce qui m'a donné une chance", a analysé le vainqueur du soir. Pourtant, le numéro 7 mondial a serré le jeu et a amené le match dans une dernière manche sous tension. Tellement tendue que sur une faute de service, Félix Lebrun a offert cinq balles de match à son adversaire. Le pongiste de 31 ans n'en a eu besoin que d'une pour accomplir sa destinée.
Pris par l'émotion, il ne savait plus où donner de la tête. Les yeux mouillés par les larmes, savourant le chemin parcouru, il a dû se rappeler de toutes les défaites face à son cadet, des difficultés par lesquelles il est passé pour en arriver là où il est aujourd'hui. Dans son discours à la salle, il n'a pu s'empêcher d'encore exprimer de l'admiration pour la star du ping français. "Pour moi, c'est une fierté incroyable d'avoir réussi à battre un joueur aussi incroyable que lui. C'est un des joueurs les plus compliqués que j'ai eus à jouer dans ma carrière et d'enfin le battre c'est quelque chose d'exceptionnel", a-t-il savouré devant une foule bouche-bée.
Gauzy : C'est l'un des joueurs les plus durs que j'ai eus à affronter
Plus à froid, au micro du diffuseur, il a réussi à mettre des mots sur sa performance. "J'avais l'impression qu'il était imbattable, même si j'y croyais à chaque fois. Il y a des fois où j'étais proche, mais c'est l'un des joueurs les plus durs que j'ai eus à affronter, en plus il est dans une forme extraordinaire. Evidemment, je suis très triste qu'il soit dehors, mais à un moment, il fallait bien que je gagne aussi." Ce blocage psychologique, équivalent à celui qu'a connu Félix face à son grand-frère Alexis, a tout de l'accomplissement pour Simon Gauzy et est une étape importantissime dans sa carrière en forme de montagnes russes.
Le perdant du soir, lui, ne ruminait pas trop sa défaite, malgré la déception. "Il a fait un grand match, l’a félicité le médaillé de bronze olympique. On va se jouer des millions de fois avec Simon donc je savais que ça allait être dur de rester invaincu sur lui. Bravo à lui et je suis content d'avoir perdu contre un Français, plutôt que contre un étranger."  Il aura en effet rendez-vous en quarts de finale, samedi, soit avec l'Allemand Patrick Franziska, soit avec le Japonais Sora Matsushima, et ne s'interdit rien. "Si je peux aller au bout, je ne vais pas m'en priver", a-t-il annoncé. Mais avant ça, il faudra digérer ce succès fort en émotions. "Je pense que je ne vais pas beaucoup dormir de la nuit, donc c'est bien que je ne joue pas demain." Il pourra prendre le temps de se retourner sur son année si particulière qu'il qualifie lui-même de "rêve éveillé". Et on n'aurait pas pu trouver meilleure formule.

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