Masters 1000 Indian Wells - "Je peux jouer contre eux" : Pour João Fonseca, le temps de la défaite encourageante
Par Laurent Vergne
Publié 11/03/2026 à 12:26 GMT+1
João Fonseca peut-il devenir, à terme, le grand rival de Carlos Alcaraz et Jannik Sinner ? Mardi, en huitièmes de finale du Masters 1000 d'Indian Wells, le jeune Brésilien de 19 ans s'attaquait pour la première fois à l'Italien. Battu en deux sets (7-6, 7-6), il a pu mesurer qu'il possédait les atouts nécessaires pour rivaliser, mais aussi ce sur quoi il aurait besoin de travailler à l'avenir.
Fonseca, le nouveau prisonnier de “Sincaraz”
Video credit: Eurosport
N'écoutez pas ceux qui ironisent là-dessus. Oui, la défaite encourageante, ça existe. Elle ouvre parfois les yeux sur un potentiel. Fait naitre une conviction. Renforce un début d'ambition jusqu'ici mal assumée. Elle peut éteindre le complexe de l'usurpateur. Même battu, le joueur sort de là en se disant "C'est ma place, je suis des leurs".
Stan Wawrinka, par exemple, a quasiment eu une révélation le jour où, à quasiment 28 ans, il a lutté pied à pied avec Novak Djokovic un soir de huitième de finale à Melbourne. Il l'avait même dominé pendant une partie du match. Battu 12-10 au cinquième dans un dénouement cruel, il avait accusé le coup. Mais un an plus tard, au même endroit, il soulevait le premier de ses trois trophées en Grand Chelem. D'une certaine manière, tout avait commencé pour lui par une défaite. Encourageante. Prometteuse. Révélatrice.
Le niveau est là
João Fonseca n'en est pas encore là. Pas sûr non plus qu'il éprouve un quelconque complexe d'infériorité ou qu'il ait le sentiment d'être un usurpateur. Il sait ce qu'il vaut et où il veut aller. Mais à 19 ans, il est en quête de repères, de réponses et de certitudes. Puisque beaucoup évoquent son nom pour incarner, à moyen terme, le fameux troisième homme que d'aucuns appellent de leurs vœux pour accompagner Carlos Alcaraz et Jannik Sinner, son tout premier affrontement contre l'un des deux monstres ne manquait ni d'attrait ni d'intérêt.
C'est donc l'Italien qui s'y est collé mardi soir à Indian Wells, en huitièmes de finale. Bilan ? Plutôt conforme à ce que l'on pouvait imaginer. Fonseca, à ce stade, est encore une magnifique promesse, et même un peu plus que cela. Battu 7-6, 7-6, le Brésilien a obtenu trois balles de set dans le premier acte. Il lui a manqué un soupçon de lucidité sur une poignée de points. Les plus importants. Mais son résumé initial, bien que laconique, vise juste et pointe la leçon essentielle pour lui : "Le niveau est là". Prometteur et riche de réponses, donc, ce premier examen de passage.
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Une belle bataille et Sinner domine Fonseca : les temps forts de sa victoire
Video credit: Eurosport
Non qu'il craignait de prendre une fessée. En dépit du manque de recul qui est le sien, il connait ses armes. Il n'ignore pas qu'il peut faire mal à (presque) tout le monde. Mais le croire, c'est une chose. L'épreuve du terrain et de la compétition en est une autre. La seule qui compte. Jannik Sinner n'a pas été surpris, lui non plus, parce qu'il a vu. "Je peux jouer contre eux", s'est satisfait le Carioca après le match. Eux, c'est donc Sinner, mais aussi Alcaraz, dans son esprit. Preuve que dans ce huitième, il ne se frottait pas seulement à un joueur, mais à une forme d'idéal, celui qu'il souhaite atteindre, si possible plus tôt que tard.
Une terre sauvage
"João est un joueur incroyable, a salué le numéro 2 mondial. Un talent incroyable. Il est tellement puissant, des deux côtés. Et il sert très bien. Contre lui, il faut toujours être dans l'intensité maximale." Deux éléments étaient cruciaux pour Fonseca. Le premier était de voir s'il pouvait rivaliser. La réponse est positive. La seconde est de comprendre ce qui sépare "bousculer Sinner" et "battre Sinner". En sortant du court, il a pointé les "petits détails". Ceux qui font des grandes différences. Il ne s'agit pas de faire mal, d'avoir une puissance dévastatrice. Dans ce domaine, ils ne sont déjà plus qu'une poignée à pouvoir rivaliser avec lui. Mais il faut autre chose.
"Il met une énorme pression, a tenté d'analysé l'unique membre du Top 100 à ne pas avoir encore soufflé ses 20 bougies. On peut sentir le poids de sa balle. C'est vraiment ce que j'ai ressenti pendant le match : l'intensité de son jeu. Tout le temps. 100% du match. Vous devez être constamment prêt à répondre, être toujours concentré. C'est ça l'énorme différence. Puis aussi la façon dont il joue les points importants. Il en gagne beaucoup avec son service et, même dans les moments de tension, il parvient à mettre beaucoup de pression sur vous." Jusqu'ici, il n'avait observé cela que de manière théorique. Mardi, pour la première fois, ce fut du concret.
João Fonseca est encore à l'heure de l'apprentissage. Même si on ne finit jamais de découvrir ce sport et se révéler à soi-même, à 19 ans, la découverte est encore presque totale. Il défriche une terre encore sauvage. Mais des matches comme celui-ci vont lui faire gagner un temps fou. Alors, il s'interdit d'être déçu. "En tant que joueur de tennis, quand nous perdons, on se sent triste ou déçu, parfois, en essayant de comprendre ce qu'on a fait de mal, ce qui n'a pas fonctionné, dit-il. Mais je suis content de la manière dont j'ai joué. Je n'ai pas à être déçu d'avoir fait ce que j'avais à faire. Le mérite revient à mon adversaire." On validera donc la défaite encourageante. Très encourageante, même.
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Fonseca sans pitié pour Paul : sa démonstration en vidéo
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