Masters 1000 Indian Wells - "Mon premier set était injouable" : Carlos Alcaraz, avec lucidité et sans fausse modestie
Par Laurent Vergne
Publié 12/03/2026 à 11:26 GMT+1
Vainqueur de Casper Ruud mercredi (6-1, 7-6) en huitièmes de finale du Masters 1000 d'Indian Wells, Carlos Alcaraz a livré un bijou de premier set. Un vrai petit chef-d'œuvre tennistique, où le numéro un mondial a tout fait à son adversaire, avec une maestria formidable. L'Espagnol s'est épaté lui-même. Quand il frise à ce point avec la perfection, il est inatteignable.
Carlos Alcaraz
Crédit: Getty Images
Quand il est comme ça, il n'y a vraiment rien à faire. Rien. Pour personne. Même Jannik Sinner aurait dérouillé. Sans doute l'Italien, dans sa meilleure version, aurait-il bu la tasse un peu moins vite ou un peu moins fort, mais il aurait fini par se noyer sous la maestria déployée en face. Oui, quand il se hisse à ce niveau, Carlos Alcaraz atteint une couche de la stratosphère tennistique qui n'appartient qu'à lui et où lui seul peut s'élever. C'est en cela qu'il est le meilleur tennisman de la planète : son sommet est LE sommet. Inatteignable pour tous les autres.
Mercredi, à Indian Wells, le malheureux Casper Ruud a vécu cette expérience troublante. Pas pendant tout le match, car il a pu rivaliser dans le second set. Mais lors de la première manche, remportée 6-1 en 37 minutes, le Norvégien a tout subi. Alcaraz lui a tout fait. Ce fut une véritable "masterclass". "Pour être honnête, mon premier set était injouable", a convenu le numéro un mondial, faisant fi de toute fausse modestie inutile. La chose était d'ailleurs dite sans forfanterie, mais énoncée comme un simple élément factuel, avec tout de même un petit sourire de légitime satisfaction.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/03/11/image-6a99c898-97b8-44cb-83bc-a1d1a7204475-85-2560-1440.jpeg)
Spectaculaire et décontractée : la fin de match tout en maîtrise d'Alcaraz face à Ruud
Video credit: Eurosport
L'Espagnol y a breaké son adversaire à trois reprises, obtenant huit balles de break. De son côté, il n'a concédé que deux points sur sa mise en jeu sur les 14 joués. Avec au passage un 10 sur 10 derrière sa première balle. Il a distillé 13 coups gagnants pour seulement 4 fautes directes. "Je suis vraiment très content d'avoir pu jouer à un tel niveau", a-t-il confié. Lui qui s'était plaint après son match contre Arthur Rinderknech d'avoir le sentiment de devoir jouer contre Federer à chaque rencontre en raison de la capacité de ses adversaires à élever leur niveau de jeu contre lui a fait pendant une demi-heure du Federer, du Nadal et du Djokovic réunis. À moins, que ce ne fut simplement du Alcaraz.
Je pense que je peux m'amuser et profiter, mais je peux aussi switcher et me concentrer à nouveau
Dès le premier jeu, il a donné le ton. Casper Ruud y a pourtant mené 40-0, mais cela ne l'a pas empêché de se faire breaker, avec notamment deux fantastiques retours de coup droit du Murcien. Il y a ensuite eu, lors du premier point du troisième jeu, cet enchaînement amortie-lob (ce dernier joué de volée !) côté revers. Une sucrerie. Ou cet autre lob de revers au millimètre, un peu plus loin dans le même jeu. Tout y est passé, y compris à la volée, où sa maestria n'est pas moins prononcée. C'est tout l'art d'Alcaraz que de pouvoir donner dans des registres aussi différents, entre puissance et raffinement.
Notre moment préféré ? Peut-être ce point à 4-1, 30-0, où sa science dans l'utilisation de la géométrie du court a fait merveille. D'abord, sur son deuxième coup de raquette, un revers croisé à l'extrême, subtilement distillé dans le carré de service, sans force excessive, pour sortir totalement Casper Ruud du court puis, dans la foulée, après la remise du Scandinave, un coup droit bombé dans la diagonale opposée. Ruud était à quatre mètres de la balle. Simple, efficace mais magistral.
Le tennis est si simple quand il est joué ainsi, et si Carlos Alcaraz a beaucoup été comparé à Rafael Nadal, en grande partie pour la filiation espagnole, c'est bien au meilleur Roger Federer qu'il fait surtout penser dans ces moments-là. Avec, en prime, chez lui, une forme de plaisir communicatif. "Je pense que je peux m'amuser et profiter, mais je peux aussi switcher et me concentrer à nouveau, a-t-il expliqué. J'essaie de jouer mon meilleur tennis sur chaque point, mais quand un point mérite un sourire, je dois le faire. C'est ce qui s'est passé aujourd'hui."
Casper Ruud aura tout de même eu le mérite de ne pas se laisser engloutir et d'élever à son tour son niveau de jeu. Dans le même temps, Alcaraz a accepté de redescendre de quelques crans. Conséquence, une seconde manche nettement plus équilibrée, achevée cette fois au jeu décisif. Là, l'Espagnol revient parmi les mortels et redevient un peu plus jouable. Mais pendant plus d'une demi-heure, il n'y eut absolument rien à lui opposer. C'était trop beau, trop haut, trop fort. C'était du Alcaraz.
Sur le même sujet
Plus de détails
/images.sports.gracenote.com/images/lib/basic/geo/country/flag/large/2203.png)
/images.sports.gracenote.com/images/lib/basic/geo/country/flag/large/2221.png)
6
77
1
62
Publicité
Publicité