ATP Buenos Aires - Joao Fonseca : "Je ne veux pas être le nouveau Guga, je veux être Joao"
Par Laurent Vergne
Publié 13/02/2025 à 14:11 GMT+1
Révélation de ces dernières semaines, Joao Fonseca a tout pour être le nouveau phénomène du tennis mondial. A Buenos Aires, il tentera de se hisser jeudi face à Federico Coria pour se qualifier en quarts de finale. Sa nouvelle popularité, notamment dans son pays, ne l'effraie pas. Très ambitieux, le Brésilien de 18 ans veut tracer sa route.
Fonseca, Michelsen, Tien, Mensik : ces jeunes qui ont secoué Melbourne
Video credit: Eurosport
La tornade Joao Fonseca a soufflé sur Melbourne le mois dernier, même si elle s'est arrêtée assez vite. Mais l'effet est réel. Désormais, c'est en Amérique du Sud que le Brésilien veut faire parler la poudre. Le plus jeune joueur à intégrer le Top 100 depuis un certain Carlos Alcaraz a franchi le premier tour mercredi à Buenos Aires, face à un "local", Tomas Martin Etcheverry. Encore une victoire significative pour le jeune Brésilien (6-3, 6-3) contre la tête de série numéro 8. Mais pas vraiment une surprise.
Pour l'heure, le tombeur d'Andrey Rublev à l'Open d'Australie semble s'accommoder de sa nouvelle popularité. Dans la capitale argentine, où les Brésiliens sont pourtant assez rarement accueillis à bras ouverts, il a pu constater que ses fans étaient là. "Partout où je joue, même en Argentine, il y a des Brésiliens qui m'encouragent, se délecte-t-il. C'est génial, je peux voir tous ces gens porter des t-shirts 'Fonseca'. Merci aussi aux Argentins d'avoir respecté le match, je sais que c'est difficile d'affronter un Argentin ici."
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51 coups gagnants en 3 sets : Fonseca a été phénoménal face à Rublev
Video credit: Eurosport
Je veux poursuivre mon rêve
A seulement 18 ans, Joao Fonseca a vu sa cote exploser à vitesse grand V en l'espace de quelques semaines. Il a vraiment pu le mesurer en rentrant au pays après son passage aux antipodes. "La semaine dernière, a-t-il confié à ESPN Brazil, je suis rentré au Brésil. Je me suis promené dans la rue et des gens m'arrêtaient pour prendre des photos. Après l'Australie, j'ai gagné beaucoup de visibilité."
Visiblement, il aime ça. Pour le moment, en tout cas. Mais le vainqueur du Masters NextGen 2024 l'assure, cela ne va pas le changer. Pas plus que cela ne ça le détourner de ses objectifs sportifs. "Il y a beaucoup de choses qui ont changé à l'étranger, mais pas quand je suis chez moi, dit-il. Je continue avec les mêmes buts, j'en veux toujours plus et je veux poursuivre mon rêve."
Certains, les plus bluffés par son indéniable talent et sa force de frappe sidérante à son jeune âge, l'imagine dans le Top 20 voire le Top 10 dès la fin de cette année. Mais il doit dans un premier temps s'ancrer là où il vient d'arriver, soit dans le Top 100. Il a d'ores et déjà quelques points importants à défendre. L'an dernier, c'est en février, lors du 500 de Rio de Janeiro, qu'il avait pour la première fois fait parler de lui en se hissant en quarts de finale. Peu après, il était en finale du challenger d'Asuncion.
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17 ans et beaucoup de talent : Fonseca continue d'enflammer Rio
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Je sais que j'ai besoin de gagner en maturité et d'être humble
Mais il voit déjà plus loin. Au Brésil, l'enthousiasme est tel que l'on entend déjà circuler les comparaisons les plus flatteuses, notamment avec Gustavo Kuerten, triple vainqueur de Roland-Garros. La légende du tennis auriverde. "Guga a été une idole pour les Brésiliens et pas seulement pour les fans de tennis, relève-t-il. C'est quelqu'un de formidable. Mais je n'aime pas trop les comparaisons. Chacun son temps et sa propre histoire. Des gens me disent que je pourrais être le prochain Guga, mais je ne veux pas être le prochain Guga, je veux être Joao."
Cette saillie "delonesque" pourrait laisser croire le contraire, mais Fonseca le jure, son début de succès et d'aura ne lui a pas tourné la tête, même si "tout est allé très vite" pour le moment dans sa carrière. "J'ai déjà bouclé une année sur le circuit professionnel, j'ai grimpé au classement et je suis dans le Top 100. Mais je sais que j'ai besoin de gagner en maturité et d'être humble, de travailler dur et de grandir en tant que joueur, encore et encore", rappelle-t-il.
Pour l'instant, pas de crise de croissance à l'horizon. A Buenos Aires, il affrontera jeudi un autre représentant argentin, le lucky loser Federico Coria. Avant, peut-être, un quart de finale contre Holger Rune. Il a soif de matches et de défis de ce genre contre des gros bras. Parce qu'il aimerait en devenir un à son tour, très vite si possible. Même si les plus pressés aimeraient que ce soit déjà le cas, chaque chose en son temps.
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