Masters 1000 Cincinnati - Arthur Fils, qui a déjà vécu une semaine de rêve conclue contre Frances Tiafoe, promet que "ce n'est pas fini"

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Arthur Fils a remporté son premier Masters 1000 avec la manière. Il a balayé les joueurs qui se sont dressés sur son chemin, dont Frances Tiafoe en finale, et s'est mis le public de Cincinnati dans la poche avec son style fait pour ce public américain. Une semaine de rêve dans l'Ohio, mais le Français en veut beaucoup plus et assure, alors que l'US Open se profile, que le chemin n'est "pas fini".

Fils n'a pas tremblé même quand il a tangué : Le résumé

Video credit: Eurosport

Arthur Fils n'avait pourtant pas lancé son tournoi à Cincinnati dans la peau du frenchie le plus côté de l'Ohio. Le privilège du Central et l'exposition de la nocturne étaient revenus à Gaël Monfils, pourtant jamais mieux que quart de finaliste dans cet écrin, mais toujours chouchou du public et machine à spectacle. Fils a dû attendre son heure, lui dont le jeu fait de coups de canon à répétition avait des chances de faire des heureux dans le public de Cincinnati, garni d'Américains en attente de grands frissons.
Comme ces cours de badminton en EPS, où il fallait enchaîner quelques victoires pour monter jusqu'au terrain 1, Fils a d'abord été catapulté sur le Grandstand, où il a dominé Alex de Minaur, avant de se voir confier les clés du Central. Il s'y est mis le public dans la poche avec un quart de finale passé à envoyer des parpaings contre Thiago Tirante et une demie à dominer Flavio Cobolli. Jusqu'à battre un des chouchous du public, car lui aussi est un joueur frisson, l'Américain, Frances Tiafoe.

Il a conquis un nouveau public

"Quand j'étais jeune, je te regardais beaucoup à la télévision. Tu faisais partie de ceux qui me donnaient envie d'allumer la télé", lui a d'ailleurs glissé Fils, amateur, comme le public outre-Atlantique, de ce genre d'animal. Aucun local ne semble lui avoir tenu rigueur d'avoir privé un local de son premier titre en Masters 1000. Le Français semble fait pour le pays de l'Oncle Sam, lui qui n'a pas peur de clamer ses ambitions haut et fort et, en réponse aux critiques, d'écrire un "Who's gonna talk now ???" ("Qui va parler maintenant ???", en français) sur la caméra avant de quitter le court.
Et puis sans rancune pour les spectateurs, le scénario a tout de même, un temps, préservé le suspense, après la perte du deuxième set par le Français, avant l'explosion complète (6-0) dans le dernier. "Ça a été dur, parce que j'ai très, très bien commencé, puis au deuxième set, j'ai un peu perdu ma concentration. Il a joué de manière incroyable, il m'a mis la pression", a analysé le Francilien au micro de l'ATP.
Il l'avait rappelé lui-même avant la finale : "Que ce soit en 250, en 500 ou en 1000, une finale, c'est toujours particulier. Ce n'est pas toujours le meilleur tennis qui fait la différence, mais celui qui gère le mieux ses nerfs". Il s'en est peut-être rappelé quand, avant de se lancer dans le set décisif, il est allé faire un tour au vestiaire pour se retrouver face à lui-même, alors que Tiafoe était face au kiné.
Fils s'est planté dans les toilettes et, façon Vincent Cassel dans La Haine : "Je me suis fait un petit discours à moi-même dans les toilettes. Je me suis regardé dans le miroir et je me suis dit : 'Mec, même si tu dois perdre, tu ne vas pas faire pire que ça. Tu dois te battre, tu dois trouver un moyen.'" Il n'a visiblement pas eu à chercher longtemps puisque, après avoir été balayé dans la deuxième, il s'est adjugé la troisième manche avec beaucoup d'autorité.

Pas de relâchement, il veut voir ce titre comme une étape

Il aurait pu se relâcher complètement, s'écrouler, les bras en croix, les yeux dans le ciel, pour savourer son exploit. Ou même lâcher quelques larmes, le parcours semé de blessures n'a pas été facile. Et le tennis tricolore n'avait pas connu de tels sommets depuis Jo-Wilfried Tsonga en 2014 sur le circuit ATP. À la place, Fils a hurlé sa joie quelques secondes, et puis c'est tout. Une façon de dire que ce titre n'est qu'une étape.
Pas un soulagement, plutôt une revanche et la validation d'une étape. "Franchement les gars, c'est incroyable, je n'ai pas d'autres mots que : "Merci, merci beaucoup les gars. On a fait un sacré boulot, et ce n'est pas fini", a-t-il lâché en direction de son clan, après avoir pris soin d'appeler ses parents pour partager quelques secondes de bonheur avec eux.
En conférence de presse, il a insisté sur ses ambitions : "Je vais essayer de bosser encore plus dur pour essayer d'aller chercher de plus gros titres, si je peux. Et je sais que ce ne sera pas facile. Et les Masters 1000, j'espère bien ne pas en gagner qu'un." Pour l'instant, avant de jouer un autre Masters 1000, il faudra prendre la direction de New York, où il sera évidemment regardé d'un peu plus près.
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Une jeune génération plus fragile que jamais

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