Dans la guerre à distance qu'elle livre avec l’ITF, l'ATP doit se frotter les mains. La première édition de sa nouvelle compétition par équipes ne pouvait pas espérer meilleure finale sur le papier. Car les numéros 1 et 2 mondiaux, Rafael Nadal et Novak Djokovic, croiseront le fer pour la 55e fois dimanche sur le circuit, pour défendre respectivement les couleurs de la Serbie et l’Espagne. Si la publicité est formidable pour l’ATP Cup dans son duel avec la Coupe Davis réformée, l’affiche donne aussi le ton pour la nouvelle saison où les deux monstres seront encore les hommes à battre sur le circuit.

Les deux grands rivaux auront en tout joué six simples chacun, une préparation idéale en vue de l’Open d’Australie. Mais jusqu’ici, ils n’ont pas laissé la même impression sur le court. Invaincu après cinq rencontres (comme Roberto Bautista Agut, mais dont les adversaires ont été modestes à l’exception de Nick Kyrgios), Djokovic a parfois plié cette semaine, sans jamais rompre contre des représentants ambitieux de la nouvelle génération. S’il l’a échappé belle contre Denis Shapovalov en quart de finale (4-6, 6-1, 7-6), puis face à Daniil Medvedev (6-1, 5-7, 6-4) en demi-finale, il a, à chaque fois, trouvé la solution pour s’en sortir.

ATP Cup
Le programme de dimanche : Duel au sommet entre l'Espagne de Nadal et la Serbie de Djokovic
11/01/2020 À 14:37

Invaincu, Djokovic a plus de certitudes

Ces deux derniers duels contre des hommes en forme et sur leur lancée de la fin de saison 2019 ont donné beaucoup de confiance au Serbe : à la clé près de cinq heures et demie passées sur le court et deux tests passés avec succès pour la tête et les jambes. "Ce match était enthousiasmant, épuisant, heureux et affreux tout à la fois", a-t-il d’ailleurs confié après sa victoire sur le Russe. "A un moment, nous refusions tous les deux de manquer en fond de court, donc il y avait beaucoup d’échanges et c’était très fatigant. C’était une bataille à la fois très physique et mentale."

Si tout n’est pas encore parfait, le numéro 2 mondial est donc sur la bonne voie et aborde cette finale avec pas mal de certitudes, d’autant que cette ATP Cup et le soutien du public serbe lui plaisent bien. "J’adore jouer pour la Serbie et les compétitions d’équipe me motivent énormément. J’adore ça, ces expériences, ces émotions. Tous les gars de l’équipe sont des amis qui me sont chers, certains des meilleurs amis de ma vie. Je les connais depuis plus de 20 ans. Partager ces moments avec eux sur et en dehors du court, c’est comme voyager en famille. C’est pour ça que je ne pense pas être totalement concentré sur Melbourne, même si c’est là-bas que je veux jouer mon meilleur tennis, bien sûr", a d’ailleurs estimé Djokovic.

Mon niveau d'énergie était plus bas que d'habitude

Et à voir ses joies très démonstratives après ses victoires, difficile de douter de la motivation du Serbe. Déterminé, Rafael Nadal le sera vraisemblablement tout autant, mais lors de ses deux derniers simples, le numéro 1 mondial n’a pas paru très à son aise, loin s’en faut. Sans jamais se résigner - il s’est accroché dans le second set face à David Goffin et a fini par renverser Alex de Minaur -, il a connu quelques bas et a montré moins de combativité qu'à l'accoutumée par séquences.

Nadal n’a pas cherché à nier son manque d'influx après sa victoire poussive contre l’Australien. "C’était un début de match difficile parce qu’Alex jouait à un très haut niveau et mon niveau d’énergie était plus bas que d’habitude. Hier (jeudi, ndlr), c’était un jour très long dans des conditions lourdes", a-t-il justement noté. Battu par Goffin, Nadal était retourné sur le court en quart de finale pour arracher le point décisif du double au bout de la nuit, après près de quatre heures et demie cumulées raquette en main.

Nadal défavorisé par la programmation ?

Le Majorquin s’est également plaint du voyage que les Espagnols ont dû effectuer entre Perth, où ils ont joué la phase de poules, et Sydney où se déroule la fin de la compétition : un périple générateur de fatigue, d’autant que les conditions climatiques entre les deux villes étaient bien différentes. Mais ces constats, aussi justes soient-ils, n’expliquent pas totalement les sensations moyennes de Nadal, surtout quand on les compare à celles de son coéquipier Roberto Bautista Agut, impressionnant contre Nick Kyrgios samedi.

Nadal ne semble donc pas encore tout à fait au point et il n’a affronté aucun membre du top 10 mondial jusqu’ici. Pour rivaliser dimanche, il lui faudra hausser nettement le curseur. S’en sent-il capable lui-même ? "Avant tout, il faudra que je m’endorme un petit peu plus tôt qu’à 5h30 du matin, comme je l’ai fait la nuit dernière", a-t-il noté non sans humour. Avant de glisser : "Ce sera une finale très dure contre la Serbie. Novak aime jouer ici." Une façon de renvoyer la balle dans le camp du Serbe, favori désigné qui peut frapper un grand coup. Même si la vérité de Sydney ne sera, peut-être, pas celle de Melbourne.

Rafael Nadal lors de sa défaite face à David Goffin

Crédit: Getty Images

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