Le titre à Doha, Djokovic en avait plus besoin que Murray
Par Laurent Vergne
Publié 08/01/2017 à 21:56 GMT+1
La finale entre Novak Djokovic et Andy Murray, samedi, à Doha, a constitué le premier grand temps fort de la saison 2017. La victoire du Serbe, après un match d'abord maitrisé puis au couteau, constitue un premier (tout petit) pas vers un retour au pouvoir. Si la défaite ne doit pas trop affecter l'Ecossais, elle fait un bien fou à Djokovic…
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Si 2017 doit encore vivre au rythme du duel au sommet entre Andy Murray et Novak Djokovic, on signe des deux mains pour que cette confrontation inaugurale à Doha donne le ton des débats. Quelle baston entre les deux cadors du circuit dans cette première finale masculine de l'année ! Un vrai régal. Trois sets, quasiment trois heures, et une intensité assez incroyable au vu du contexte, celui d'un premier tournoi de l'année. Le rodage, ces deux-là ne connaissent visiblement pas. Ils ont tourné à plein régime d'entrée et franchement, ça promet pour la suite.
La petite histoire retiendra donc que Novak Djokovic a su mettre le point final à ce premier round de feu et pour lui, c'est tout sauf anodin. Ce n'est évidemment pas tant la conservation de son titre à Doha, le 67e de sa carrière, qui compte pour lui. Un ATP 250 de plus ou de moins, sur sa carte de visite, ne change plus grand-chose. Sur celle de Murray non plus, d'ailleurs. Non, l'enjeu était tout autre. C'est l'évolution du rapport de force entre les deux hommes qui se jouait samedi. A ce titre, ce 36e opus revêtait plus d'importance pour le dauphin que pour le nouveau roi.
Murray n'a plus battu Djokovic deux fois de suite depuis 2008-2009
Novak Djokovic et Andy Murray étaient restés cinq mois sans s'affronter entre la finale de Roland-Garros, point culminant du triomphe djokovien, et celle du Masters, symbole de la nouvelle suprématie britannique. Cette dernière impression 2016, très défavorable à Djokovic, avait marqué les esprits. C'est cette empreinte-là que le Serbe se devait d'effacer. En perdant à nouveau samedi, il se serait clairement fragilisé avant l'Open d'Australie. D'autant que Murray ne l'a plus battu deux fois de suite depuis près de... huit ans.
A Londres, mi-novembre, Novak Djokovic avait été clairement dominé. Il n'y avait pas eu photo. Cette fois, à Doha, c'est lui qui a posé la main sur le match. Mais il a eu toutes les peines du monde à le finir. Malgré trois balles de match au moment de conclure sur son service à 5-4 dans le deuxième set, il n'a pas été fichu de claquer la porte. Preuve que son instinct de "tueur" n'a pas tout à fait été retrouvé. Son effarante confiance de la période mi 2014 - mi 2016 non plus. Globalement, il est apparu un tout petit peu au-dessus de Murray samedi. Et c'est bien pour cela qu'une défaite aurait été dure à encaisser pour lui.
Une bonne chose de faite
Echouer quand l'adversaire vous est supérieur, soit. Mais perdre un match que la physionomie vous impose de gagner, dans la situation actuelle de Djokovic, c'eut été une cicatrice juste avant Melbourne. Si Murray avait trouvé le moyen de s'en sortir après avoir eu neuf orteils au-dessus du vide, le message envoyé à Djokovic aurait été : je te tiens. Que je te domine ou non, à la fin, je te bats. Cette défaite est moins dramatique pour Murray qu'elle n'est salvatrice pour le Serbe. Même si sa série de 28 victoires a trouvé son terme à Doha, ses certitudes des six derniers mois restent fortes.
Mais dans la phase de reconquête qu'il s'est imposé après avoir chuté du trône, Novak Djokovic avait sans doute besoin d'une victoire comme celle-ci. Sans lui offrir un ascendant qu'il n'a probablement plus, en tout cas pour le moment, elle lui redonne de l'élan. La semaine dernière, à Doha, Nole est encore resté branché sur courant alternatif. Mais le contraste n'en était pas moins saisissant quant à son implication et son langage corporel, entre la finale du Masters et celle de Doha. Les intentions sont à nouveau là. L'envie aussi, visiblement. A défaut d'être une condition suffisante, elles constituaient un préalable indispensable à un retour au sommet du Djoker. Une bonne chose de faite, en somme.
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