ATP Doha 2026 - Arthur Fils martyrisé par Carlos Alcaraz, mais surtout libéré : "Revenir comme ça, ça montre quel joueur extraordinaire c'est"
Par Paul Citron
Publié 22/02/2026 à 00:40 GMT+1
Prendre une leçon par Carlos Alcaraz, ça arrive même aux meilleurs. Arthur Fils en a fait l'amère expérience ce samedi soir en finale du tournoi de Doha. Il n'empêche que sa belle semaine a consacré son retour parmi les très bons joueurs du circuit. En trois semaines, le Français a rappelé l'excellence de ses dispositions raquette en main. Le défi est clair, mais il est difficile : enchaîner.
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Samedi soir, Arthur Fils a marqué trois jeux, cinq points sur le service de son adversaire et il s'est offert une place de choix, la sixième, parmi les finalistes les plus sèchement battus en finale d'un tournoi ATP dans le siècle actuel. Il a tellement eu le sentiment de se ridiculiser qu'il s'est senti obligé de demander pardon au public de Doha pendant la cérémonie de remise des trophées. Cette heure passée à se faire balader par Carlos Alcaraz donne pourtant de quoi se réjouir, tout simplement car elle a eu le mérite d'exister trois semaines après un retour où tout semblait à réinterroger au sujet du Français.
Après Montpellier et Rotterdam, où Félix Auger-Aliassime et Alex De Minaur lui ont barré la route, Fils a réussi une semaine d'une dimension encore supérieure au Qatar. Sa prestation victorieuse en demi-finale face à Jakub Mensik, qui avait éliminé Jannik Sinner au tour précédent, a impressionné Nicolas Mahut. "Il a été très bon, très intense, très véloce sur ce match-là, constatait-il. Franchement, je ne pensais pas que ça irait aussi vite. Mais bon, il est différent, ce joueur." Voilà la piqûre de rappel administrée.
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Il a quelque chose de différent
"Je pense que s'il n'avait pas eu sa blessure l'an dernier, il serait rentré dans les dix premiers. Et quand on fait partie des dix premiers, c'est qu'on a quelque chose de différent. Il a ça", assure Mahut. "Et le fait de revenir comme ça, et de faire une finale dès son troisième tournoi sur un 500, ça montre quel joueur extraordinaire c'est." Les doutes étaient immenses et même après huit mois, il fallait être prêt à donner du temps à l'Essonnien pour revenir à de telles hauteurs. N'avoir eu besoin que d'un mois est un signe supplémentaire, en plus de ceux qu'il montre sur le court, que Fils présente un fabuleux potentiel.
Son comportement à l'issue de la gifle reçue en finale trace aussi une forme de maturité, liée à ses huit mois passés sur le flanc pour remettre son dos en état. "Il a mis en avant son parcours, il n'oublie pas d'où il arrive, a apprécié Mahut. Le voir dire 'Désolé pour cette finale, ça n'a pas été ce que je voulais, mais on n'oublie pas tout ce qu'on a fait', c'est ça le plus important pour moi." "Désolé les gars, aujourd'hui ce n'était pas le jour. Mais je pense qu'on a fait un sacré beau boulot", a en effet lancé Fils à son box après la finale. Un box qui a accueilli cette semaine le fameux Goran Ivanisevic, ce qui ressemble à un autre motif de satisfaction, à côté de l'habituel Ivan Cinkus.
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En retrouvant aussi aisément ses capacités, Arthur Fils a fait le plus dur. Reste le moins facile : faire des semaines de ce genre une habitude, avec un peu de gaz en plus quand viendront les week-ends. "Il est monté en puissance tout au long de la semaine, mais je ne le vois pas encore revenu au niveau qu'il a pu avoir", nuance d'ailleurs Nicolas Mahut, désireux pour amender son opinion de le voir "enchaîner ces prestations-là".
Il faut qu'il élève son niveau moyen
"On sait que quand il joue très bien, il joue très haut, mais il faut qu'il élève son niveau moyen, développe le double vainqueur de Roland-Garros en double. Sur une saison, généralement, on joue 70-80 matches. Il y a cinq matches où on va marcher sur l'eau, cinq où on va se sentir très mal, et au milieu, il y en a 70 où on va avoir des sensations un peu moyennes, et là, il va falloir trouver des solutions, à gagner en jouant moyennement. C'est ce qui fait une saison, ce qui fait que le niveau moyen monte, et Arthur l'a très bien compris. Je l'ai ressenti dans ce qu'il a mis en place : être percutant, et être solide. En faisant ça, il bat des joueurs dans les 20 (Lehecka était 22e, Mensik était 16e), donc c'est quand même très positif."
Ce qu'Arthur Fils a aussi très bien compris, comme il l'a reconnu après de L'Equipe samedi soir, c'est qu'il lui manque encore "presque tout" pour rivaliser avec Carlos Alcaraz : "Pour l'instant, c'est un autre niveau et je n'y suis pas du tout." L'Espagnol, dont la complicité avec le Français - d'un an son cadet - ne paraît pas surfaite, l'a tout de même félicité et l'a enjoint à continuer. "On partagera de grands moments, c'est sûr", a-t-il promis. Il y a des raisons toutes fraîches d'y croire, au bout de cette belle semaine.
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