Il aura donc dû attendre jusqu'au 21 février pour se produire à nouveau sous les projecteurs du monde entier. Depuis sa défaite en double lors la demi-finale de Coupe Davis entre la Serbie et la Croatie au début de décembre dernier, Novak Djokovic n'avait plus frappé une balle de tennis en compétition. Une absence de près de trois mois consécutive notamment à son expulsion d'Australie où il avait espéré un temps jouer le premier tournoi du Grand Chelem grâce à une exemption médicale de vaccination. Après un imbroglio extraordinaire, des jours de rétention et deux audiences, il avait donc dû renoncer à la défense de son titre et reprendre l'avion.
Depuis, Rafael Nadal est allé chercher un 21e Majeur record à Melbourne, en l'absence du Serbe. De quoi frustrer le numéro 1 mondial qui était sportivement le grand favori à la victoire aux antipodes où il n'a plus perdu (du moins sur le court) depuis un huitième de finale en 2018 contre Hyeon Chung. Mais Djokovic a cela de particulier qu'il semble s'épanouir dans l'adversité, et n'aime rien de mieux que s'en nourrir pour alimenter sa motivation. Autorisé à jouer Dubaï depuis plusieurs semaines malgré son statut de non vacciné, il y affrontera Lorenzo Musetti ce lundi en "night session", remonté comme un coucou.
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Défendre sa place de numéro, un objectif secondaire : "Medvedev mérite de l'être"

"J'ai une raison supplémentaire de jouer mieux que jamais", a-t-il déclaré à la télévision serbe voici quelques jours. Le feu intérieur brûle donc toujours, comme il l'a confirmé en conférence de presse d'avant-tournoi dimanche, en détaillant davantage son état d'esprit. "J'ai été traversé par un torrent d'émotions quand je suis revenu d'Australie évidemment, donc j'avais besoin d'un peu de temps pour réfléchir et me reposer mentalement. Et ensuite, j'avais hâte de jouer au tennis à nouveau. Sachant que j'allais à Dubaï, j'avais un objectif pour lequel travailler. Je suis aussi bien préparé que possible et je suis enthousiaste à l'idée d'être à nouveau sur le circuit."
Car au-delà du simple plaisir de retrouver la compétition, de l'envie de gagner à nouveau un match de tennis, Djokovic est aussi en lice à Dubaï pour tenter de défendre sa place de numéro 1 mondial. Titré il y a deux ans aux Emirats, il remet en jeu 500 points, alors que Daniil Medvedev n'accuse plus que 440 longueurs de retard sur lui au classement. S'il parvient à aller au bout cette semaine, il ne sera pas assuré de conserver le trône car si son dauphin russe l'emporte dans le même temps à Acapulco, un ATP 500 également, il lui grillera la politesse.

"La position de Djokovic reste logique, sa situation pourrait être moins catastrophique"

Il n'empêche que le tableau très relevé du tournoi mexicain (où Alexander Zverev, Stefanos Tsitsipas et Rafael Nadal sont notamment aussi engagés) pourrait compliquer la tâche de Medvedev, le jeu en vaut donc la chandelle. Djokovic ne serait pas contre conserver les rênes du circuit quelques semaines supplémentaires, mais les perdre aux dépens d'un joueur qu'il apprécie par ailleurs ne le traumatiserait pas. "Il mérite d'être numéro 1 mondial, et ça arrivera finalement. Si ça arrive cette semaine, je serai le premier à le féliciter", a-t-il encore confié.

Privé de tournée américaine, il va vite retrouver le chômage technique

Il faut dire que le Serbe s'est approprié depuis longtemps le record du temps passé à la première place mondiale (il entre dans sa 361e semaine contre 310 à Roger Federer) et que l'enjeu n'est plus aussi fondamental pour lui. Et il sait surtout qu'une fois la parenthèse de cette semaine à Dubaï refermée, il va devoir à nouveau prendre son mal en patience. Bien que présent sur la liste des engagés à Indian Wells et Miami, il ne sera vraisemblablement pas autorisé à voyager aux Etats-Unis sans être vacciné. Directeur du Masters 1000 floridien, James Blake l'a lui-même confirmé voici quelques jours.
Djokovic ne devrait donc pas jouer en mars. Après Dubaï, on pourrait le retrouver dans quasiment deux mois sur la terre battue de… Belgrade (18-24 avril) devant son public. A moins que d'ici là les règles ne soient adoucies en Europe, comme il est probable que cela arrive, et qu'il ne soit par exemple autorisé à s'aligner sur le Masters 1000 de Monte-Carlo (10-17 avril). Toujours est-il que le Serbe devrait bien être encore au chômage technique pendant quelque temps.

Novak Djokovic face à la presse avant son retour à la compétition à Dubaï en 2022

Crédit: Getty Images

Bien accueilli aux Emirats, il compte profiter d'une belle parenthèse sportive

Plus qu'un véritable retour, cette semaine à Dubaï constitue donc un bol d'air pour Djokovic qui ne devrait pas souffrir de l'accueil du public comme cela aurait été vraisemblablement le cas en Australie. Celui de ses pairs a été également plus chaleureux qu'à Melbourne. "Jusqu'à présent, la plupart des joueurs que j'ai vus - je n'en ai pas vu beaucoup - mais la plupart de ceux que j'ai vus ont été positifs et accueillants. C'est agréable évidemment. Je ne peux pas dire que c'était le cas en Australie. C'était un peu étrange. Mais ici, tout se passe bien", a-t-il noté.
Le tennis, rien que le tennis, c'est ce qui importera pour Djokovic. Son entrée en matière contre l'Italien Lorenzo Musetti, qui lui avait posé de sacrés problèmes en huitièmes de finale à Roland-Garros l'an passé avant de rendre les armes physiquement (6-7, 6-7, 6-1, 6-0, 4-0 ab.), est alléchante sur le papier. Un quart de finale contre un Bautista Agut en forme après son titre à Doha pourrait notamment suivre. Avec l'idée de montrer qu'il n'a rien perdu de la maîtrise de son art, à défaut de pouvoir en faire la démonstration chaque semaine.

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