ATP - En nommant Andy Murray, Novak Djokovic "envoie un message à la concurrence"

Eurosport sur Google

La nomination par Novak Djokovic d’Andy Murray comme entraîneur est un séisme que personne n’avait vu venir. Sans dévoiler tous les tenants et aboutissants de ce choix, il est néanmoins possible, avec l’aide de notre consultant Georges Goven, de déceler les germes d’une décision résultant à la fois d’un passé commun et d'un défi majeur : trouver la clé face au duo Jannik Sinner - Carlos Alcaraz.

Djokovic : "Bienvenue, coach Andy Murray !"

Video credit: Eurosport

Avec Sébastien Petit
Mais comment Andy Murray a-t-il bien pu devenir l’entraîneur de Novak Djokovic ? La question a dû passer par la tête de nombreux fans de tennis tant l’annonce de ce samedi après-midi a surpris, à peine quelques mois après la retraite de l’Écossais. En quatre points, retour sur un choix historique qui en dit long sur les ambitions de Djokovic pour 2025.
  •  La réunion de deux amis
Grand cas a été fait de la relation privilégiée qui unissait les rivaux Rafael Nadal et Roger Federer. Plus méconnue est celle qui lie depuis longtemps Novak Djokovic et Andy Murray. Tous deux nés en 1987, ils ont le même âge et se connaissent maintenant depuis 25 ans. Là où les liens entre Djokovic et ses rivaux espagnol et suisse n’étaient pas excellents, il tient en l’Écossais un ami de longue date, comme il l’a rappelé dans sa vidéo de présentation. 
Les deux joueurs ont depuis longtemps été aussi proches que le permettait leur statut de rivaux dans les plus hautes sphères du jeu. Ainsi, Murray était témoin lors du mariage du Serbe. Lorsque Murray a dit adieu à Wimbledon cette année, Djokovic était au bord du court pour l’applaudir. La qualité de ce lien est à prendre en compte dans la décision du numéro 7 mondial. "Quand on entraîne quelqu’un comme "Djoko", il connaît tout, c’est aussi de la relation humaine" analyse ainsi notre consultant Georges Goven, qui prédit une vraie opposition entre "la grande gueule" de Murray et le Serbe, pas toujours simple avec ses entraîneurs.
  • Une évidence tactique
Amis ou non, un champion comme Djokovic ne fait des choix que s’il pense qu’ils vont le rapprocher de son objectif : gagner toujours plus de tournois du Grand Chelem. Dans cette optique, comment analyser le choix de Murray ? "Qui est capable d’entraîner Djokovic aujourd’hui ?", retourne astucieusement Georges Goven. "Peu de gens peuvent apporter un plus à ce joueur-là,  c’est très très fin, le discours lambda d’un très bon coach, ce n’est pas ce dont il a besoin", précise-t-il. Voilà sans doute pourquoi, dans la foulée d’un… Andy Murray qui était allé chercher son déclic avec Ivan Lendl, Djokovic a pris l’habitude de s’entourer d’anciennes gloires de la petite balle jaune, de Boris Becker en 2013 à Ivanisevic en passant par Andre Agassi en 2017. Les deux avaient en cela précédé la décision de Federer d’être accompagné de Stefan Edberg, ou de Rafael Nadal de faire appel à Carlos Moya.
picture

Pas de titre pour Djokovic en 2024 mais l'or olympique : "Une saison avec des objectifs ciblés"

Video credit: Eurosport

Avec Murray, Djokovic se dote des conseils d’un des plus fins tacticiens du tennis. Capable de faire perdre les pédales à n’importe quel adversaire, Murray présente un double avantage pour le Serbe. Premièrement, il connaît son jeu comme personne et pourra l’aider à améliorer les faiblesses les plus minimes. Des fragilités qu'il n'aurait peut-être même pas perçu lui-même. Des failles que Murray avait su exploiter lorsqu’il a battu Djokovic deux fois en finale de Grand Chelem, à l’US Open 2012 et Wimbledon 2013. En 2016, l’Écossais avait même brièvement pris les rênes du circuit, accédant au statut du numéro 1 mondial. "Murray est un de ceux avec Wawrinka qui a pu chatouiller les 3 Grands. Il connaît Djokovic par cœur, il a forcément élucidé certaines de ses faiblesses, il va forcément lui apporter quelque chose", abonde Goven.
  • Un remède au problème Sinner ?
Deuxièmement, Murray pourrait être la solution pour trouver les clés face aux nouveaux rivaux de Novak Djokovic, à savoir Carlos Alcaraz et surtout Jannik Sinner. Car si le Serbe sait tenir la dragée haute à l’Espagnol, celui-ci l'a dominé sans concession à Wimbledon, et il reste sur trois défaites d’affilée contre l’Italien. Plus puissant et dans sa plénitude physique, Sinner est une muraille qui rappelle le Djokovic d’antan. Murray est une des rares personnes aptes à entraîner le Serbe qui connaît le jeu des deux joueurs, qu’il a déjà battus en carrière. Avec son œil avisé, l’Écossais sera capable d’apporter un plus pour "analyser le jeu des futurs adversaires de Djokovic", comme l’explique notre consultant.
picture

En larmes, Andy Murray fait ses adieux au tennis

Video credit: Eurosport

En prenant Murray, Djokovic choisit aussi un "battant, quelqu’un qui a une haine de la défaite". Si l’Ecossais n’avait pas toujours "le coup très fort, ou la puissance" qui lui aurait permis de dominer plus régulièrement le trio de monstres auquel il a été confronté, il a rivalisé aussi grâce à sa capacité à faire déjouer, dont Djokovic n’est d’ailleurs pas dénué. Plus encore qu’un choix tactique, Djokovic démontrerait ainsi qu’il accepte d’être dans la situation d’un outsider qui doit trouver des solutions face à ses jeunes rivaux, plutôt que dans celle du grandissime favori que ses 24 titres en Grand Chelem pourraient lui réserver. La clé du 25e est peut-être là.
  • Un message à la concurrence
L’impact psychologique de cette annonce n’est pas à minimiser. Avec la retraite de ses rivaux, il aurait été tentant de croire que le Serbe, qui n’a pas joué depuis début octobre, pourrait lâcher du lest. A 37 ans, il l’aurait bien mérité. Au contraire, ce choix rappelle qu’il a encore faim. 
picture

Tennis  : Top 10 Moments of Nadal during Australian open 2023

Video credit: Eurosport

"Djokovic envoie un message très fort. Il leur dit « là, je m'équipe, je récupère un petit plus pour tous vous battre », et je trouve que ce message est très beau. Et en plus c'est lui-même qui l'annonce. Il annonce la couleur. On va peut-être avoir des matches d'anthologie", s’enthousiasme Georges Goven. Il est vrai que l’association des deux champions, des deux caractères, des deux palmarès, fait saliver. Et elle rappelle que le Big 4 n’a pas lâché totalement la main, laissant à la nouvelle génération le soin de se quereller avec ce qui s’est fait de mieux sur un terrain de tennis.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité