Il revient, enfin. Près d’un mois et demi après son dernier match sur le circuit – une victoire probante en huitième de finale d’Indian Wells contre Philipp Kohlschreiber (6-0, 6-2) –, Gaël Monfils reprend mercredi la raquette en compétition au 2e tour à Estoril (grâce à son statut de tête de série numéro 3 du tournoi ATP 250 portugais). Pour sa reprise sur terre battue, le numéro 1 français se sait attendu, lui qui avait réussi à enchaîner les résultats en février et mars avec son 8e titre en carrière à Rotterdam, une demi-finale à Dubaï et un quart de finale pour le premier Masters 1000 de l’année en Californie.
"Roland, c’est mon objectif, je n’ai pas peur de le dire. Je vais tout faire pour me mettre dans les meilleures conditions afin de bien y performer. J’ai beaucoup entendu dire que je me cachais avant Roland. Là, j’ai envie d’avoir de grosses victoires. Etre le vendredi à Paris, avant le début du tournoi, et dire : ‘Regarde, j’ai gagné Rome.’ Le dire vraiment. J’y crois", n’a-t-il pas hésité à confier à nos confrères de L’Equipe. Monfils compte bien enchaîner les matches, les performances de haut niveau et les tournois ces trois prochaines semaines. Mais pour ce faire, son corps doit le laisser tranquille.
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Trois mois après, Monfils remet le pied à l’étrier mais avec quels objectifs ?
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Un physique en question

Contraint au forfait avant son quart de finale à Indian Wells en raison d’une inflammation du tendon d’Achille, le Parisien a vu son début de préparation sur terre battue à Athènes en Grèce contrarié par une douleur aux ischio-jambiers. Et alors qu’il semblait prêt à reprendre les choses sérieuses à Monte-Carlo, une entorse à la cheville droite lors d’un set d’entraînement contre Stan Wawrinka l’a forcé à renoncer le jour même du tirage au sort du tableau. Le 18e joueur mondial l’assure néanmoins, ces soucis sont derrière lui. "Je me déplace mieux. Tout va dans la bonne direction. Peut-être que cette pause forcée m’a permis de mieux rebosser", a-t-il indiqué au quotidien sportif.
Le manque de compétition devrait néanmoins avoir une conséquence certaine sur sa capacité à maintenir un haut niveau de jeu lors de ses matches de reprise. Et Monfils aura du mal à retrouver du rythme à l’échange contre son premier adversaire à Estoril : le géant américain Reilly Opelka (2,11 m). Si celui-ci n’est pas un spécialiste de la terre battue, loin s’en faut – il a même remporté à Estoril le premier match de sa carrière sur la surface en tournoi ATP face à l’invité portugais Pedro Sousa, 107e joueur mondial –, il n’y est pas non plus allergique.
"La terre battue ici est différente de celle sur laquelle nous jouons aux Etats-Unis. Je préfère l’ocre européen et j’avais assez bien joué dessus en Challengers en France l’année dernière", a observé l’Américain après sa victoire. Et pour cause, il avait triomphé au BNP Paribas Primrose à Bordeaux où sont notamment engagés cette semaine Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille. Véritable machine à aces, Opelka sait utiliser l’avantage que lui procure sa taille au service en trouvant des angles courts croisés et beaucoup de hauteur au rebond. Mais il le sait, si Monfils n’est pas trop mal luné, "beaucoup de balles devraient revenir".

Wawrinka, ce rival qui le coache

Pour préparer son retour et espérer monter en puissance avant Roland, le numéro 1 français a partagé de nouvelles sessions intensives d’entraînement avec Stan Wawrinka. Rival sur le court, le Suisse est surtout un ami qui donne de précieux conseils cette saison à Monfils, presque un coach. "Il me dit que si je taffe, si je continue, je vais réussir à gagner un Grand Chelem. Je lui fais confiance et j’essaie de me faire confiance aussi. C’est grâce à lui, aussi, que j’ai gagné Rotterdam en février", a estimé le Français dans L’Equipe.
Ces confidences confirment le paradoxe Monfils : un athlète exceptionnel, potentiel multiple vainqueur de Majeurs, mais auquel il manque toujours ce soupçon de conviction, de certitude qu’il peut y arriver. Alors, il cherche cette confiance en lui ailleurs et pratique avec méthode l’auto-persuasion. "Nadal, Djokovic, Thiem… Si je veux gagner Roland, il faut en battre un, au moins. Il faut dire ce qui est, ce serait un miracle de gagner Roland-Garros, mais les miracles, ça existe, ça s’est déjà vu dans le sport. Battre Rafa en finale de Roland, oui, c’est un miracle ! Mais j’y crois."
Il n’y a plus qu’à passer des paroles aux actes. Monfils a un petit mois pour s’imposer comme un candidat sérieux à la victoire à Paris. Et il serait bien inspiré de se présenter en forme lors des deux prochains Masters 1000 de Madrid et Rome où les cartes seront à nouveau rebattues. Les victoires de Fabio Fognini et Dominic Thiem à Monte-Carlo et Barcelone ont élargi le champ des possibles, mais Rafael Nadal et Novak Djokovic auront de furieuses envies de revanche. Sans compter le grand retour sur terre battue de Roger Federer qui attirera le feu des projecteurs. De quoi tracer sereinement sa route pour le Français ? Nous aussi, on a envie d’y croire.
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