ATP Finals 2023 - Carlos Alcaraz monte au créneau : "Si l'ATP ne change rien, tout le monde va se blesser"

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Carlos Alcaraz espère se relancer dans la course à la qualification pour les demi-finales du Masters mercredi contre Andrey Rublev. Mais l'Espagnol, un peu emprunté physiquement en cette fin de saison, a aussi profité de ce tournoi pour réclamer plus de cohérence dans le choix des balles et des surfaces pour protéger les joueurs. Et ce, avant même l'abandon de Stefanos Tsitsipas.

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"En ce moment, on a l'impression que Carlos joue un peu plus lentement, il n'a pas la même confiance que pendant le reste de la saison." La sortie est signée Daniil Medvedev, pas connu pour avoir la langue dans sa poche. Et force est de constater que le Russe traduit ici un sentiment général chez les observateurs et le principal intéressé : en cette fin de saison, il manque à Carlos Alcaraz la petite étincelle qui le distingue tant. Celle qui fait de lui le prodige à l'explosivité hors du commun, capable de terminer un point d'une gifle ou de se donner corps et âme pour s'arracher sur une défense miraculeuse.
Lui-même l'a concédé après sa défaite inaugurale contre Alexander Zverev lundi, il n'aborde pas ce Masters dans des conditions optimales, notamment en termes de fraîcheur mentale. Mais à ce niveau, l'esprit et le corps sont intimement liés. Et si "Carlitos" manque de confiance, c'est aussi parce que physiquement, il se sent moins solide et sûr de lui. A l'avenir, il devra donc encore apprendre à mieux gérer ses saisons. Reste que malgré ses 20 ans, il a déjà pas mal d'expérience derrière lui et n'a pas non plus joué toutes les semaines, le Masters étant son 17e tournoi cette saison, pas le 21e comme Medvedev, encore moins le 26e comme son bourreau du premier match, pourtant de retour d'une grave blessure.

Une star montante de plus en plus consciente de son poids

Et l'Espagnol est aussi conscient que d'autres choses lui échappent comme un problème déjà largement évoqué cette saison, celui des balles. Il ne s'est d'ailleurs pas privé d'en rajouter une couche en conférence de presse. "Ils (l'ATP, NDLR) devraient faire quelque chose sur ce sujet parce que c'est incroyable : si nous jouons trois ou quatre tournois d'affilée, nous utilisons quatre types de balles différents. C'est fantastique", a-t-il lâché ironiquement.
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Avant d'ajouter : "Lors de chaque partie de la saison, on devrait jouer avec la même balle. Par exemple tous les tournois australiens avec la même balle, puis arrive l'Amérique du Sud avec la même balle, les Etats-Unis avec la même balle, et ainsi ne pas changer à chaque tournoi. Je pense que nous avons joué avec 20 ou 21 balles différentes dans l'année. C'est fou. Beaucoup de joueurs se sont blessés à cause de ça. Si l'ATP veut les meilleurs dans chaque tournoi, ils devraient changer ça. Sinon, tout le monde va se blesser."
Adepte du sourire permanent et des propos plutôt lisses jusqu'ici, Alcaraz n'a ainsi pas hésité à envoyer un message clair. Il s'est mis dans les pas de Stefanos Tsitsipas - contraint à l'abandon mercredi - qui avait tenu pour responsables de sa blessure à l'épaule ces changements permanents en février dernier. Plus jeune numéro 1 mondial de l'Histoire déjà vainqueur de deux Grands Chelems et star montante du circuit, le Murcien intègre peu à peu son nouveau statut et le poids de sa parole. Pour avoir accumulé les pépins sur l'année écoulée (abdominaux, cuisses, lombaires, voûte plantaire, etc.), il est plus que conscient du rôle joué par les éléments extérieurs.

Une surface trop rapide à Turin ? Un problème de cohérence surtout

D'ailleurs, il ne s'est d'ailleurs pas arrêté en si bon chemin. Surpris par la vitesse des courts à Turin, il a encore pointé l'incohérence des choix de l'ATP. "La surface ici à Turin est la plus rapide de la saison, ça, c'est sûr. Je ne sais pas pourquoi ils ont mis ce genre de surface à la fin de l'année : tous les autres tournois que nous avons joués sur dur sont si, si lents. Et puis, nous arrivons au Masters et ils mettent ce court si rapide", s'est-il encore étonné.
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N'y voyez pas chez Alcaraz la recherche d'une quelconque excuse pour expliquer son revers inaugural. Ou encore une volonté de voir le dernier événement majeur de l'année correspondre parfois davantage à ses caractéristiques à l'instar de Rafael Nadal qui s'étonnait de ne pas voir le Masters se jouer sur terre battue de temps à autre. Non, il ne s'agit pas pour le numéro 2 mondial de critiquer la surface en tant que telle mais bien sa cohérence dans le calendrier.
"Je ne vais pas dire qu'ils devraient faire un tournoi en extérieur. Ce que je ne comprends pas, c'est la vitesse de la surface parce que nous ne jouons jamais dans de telles conditions dans l'année", a-t-il précisé. A son sens, protéger les joueurs, ce n'est donc pas faire fi de la diversité des surfaces voire des balles qui caractérisent le tennis, mais donner l'occasion aux corps des athlètes de s'acclimater aux conditions choisies.
Alcaraz a gagné son premier tournoi du Grand Chelem sur dur à Flushing Meadows, il a les atouts pour finir vite les points et briller sur surfaces rapides et, par extension, dans ce Masters. Mais quitte à jouer dans ces conditions – il est vrai aussi altérées par l'altitude –, autant accélérer tous les tournois indoor de l'automne précédant le rendez-vous de Turin. Tout le monde y gagnerait : les joueurs et leur santé, comme la diversité et la qualité du tennis proposé aux spectateurs. La balle est dans le camp des instances.
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