ATP Queen's : Carlos Alcaraz encore un peu vert ? "J'ai moins de chances de battre Novak Djokovic sur gazon"

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Une dizaine de jours après la rude conclusion de sa demi-finale de Roland-Garros contre Novak Djokovic, Carlos Alcaraz fait son grand retour sur le circuit au 1er tour du Queen's mardi contre Arthur Rinderknech. L'occasion pour le jeune Espagnol de continuer son apprentissage du tennis sur gazon où il n'est pas encore aussi à l'aise que sur dur et terre battue, comme il l'a souligné lui-même.

"Quand je vois son jeu et son agressivité, Alcaraz peut vraiment faire des dégâts sur gazon"

Video credit: Eurosport

A-t-il tourné la page et appris de son échec ? Il n'y a certes rien de déshonorant à perdre contre Novak Djokovic en demi-finale d'un Grand Chelem et Carlos Alcaraz n'est ni le premier auquel cela est arrivé ni probablement le dernier. Mais de son propre aveu, le jeune Murcien s'était déçu à Roland-Garros où le stress de devoir défier le monstre serbe à un tel stade l'avait rongé au point de le priver d'énergie après deux manches très intenses. Terrassé par les crampes, il avait accusé le coup en conférence de presse, mais le revoilà donc dix jours plus tard, prêt à reprendre les armes.
Et pour l'aider à faire table rase, le décor a changé. De l'ocre au gazon verdoyant, la transition n'est pas des plus évidentes, mais constitue à elle seule un facteur de motivation. "Carlitos" est d'ailleurs conscient du défi qui l'attend pour son 1er tour au Queen's face à Arthur Rinderknech, remplaçant au pied levé d'un Arthur Fils blessé. "J'ai toujours dit que je pensais que je pouvais gagner chaque tournoi que je jouais. Évidemment, sur gazon, c'est un peu plus compliqué parce que je n'ai pas beaucoup d'expérience et j'ai été un peu en difficulté dans les matches que j'y ai joués jusqu'ici", a-t-il exposé en conférence de presse d'avant-tournoi.

Des déplacements à peaufiner, un style offensif à cultiver

Alcaraz n'a ainsi pas fait mieux pour le moment qu'un huitième de finale à Wimbledon, mais ce résultat modeste à son échelle est à nuancer. Au Queen's, il disputera seulement son troisième grand tableau d'une épreuve sur herbe et à 20 ans, il a évidemment le temps de s'améliorer. L'été sur gazon est si court, le nombre de tournois si limité, qu'il n'est pas évident de prendre vite ses marques, surtout quand il faut d'abord récupérer de ses efforts à Roland-Garros. Le Murcien a coupé complètement quatre jours, avant de reprendre l'entraînement mais pas dans des conditions idéales.
"Je suis arrivé à Londres samedi matin et je me suis entraîné pour la première fois de la saison sur gazon dimanche. Je n'ai pas pu trop m'entraîner à la maison parce que nous n'avons pas de courts sur herbe. Il faut que j'adapte mes déplacements et mes coups au gazon, mais je suis vraiment heureux de la séance que j'ai eue. Le plus difficile sur gazon, c'est de bien bouger. Il faut faire plus attention que sur les autres surfaces. Je me sens le plus à l'aise quand je vais vers le filet et que je joue avec agressivité tout le temps. Mon style est à peu près le même que sur les autres surfaces de ce point de vue, et j'aime ça", a-t-il fait remarquer, résolument optimiste.
Vu ses qualités de percussion, ses fulgurances en coup droit et son toucher à la volée, Alcaraz aurait bien tort de s'estimer allergique à une surface qui pourrait si bien mettre en valeur son tennis. Mais il n'a pas encore les références pour fanfaronner. Et sur une surface qu'il maîtrise déjà bien mieux, la terre battue, la claque reçue à Paris l'incite encore davantage à faire profil bas et à ne pas se poser déjà en grand rival du maître de Wimbledon depuis 2018.
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"Il ne le savait pas, mais Alcaraz avait perdu ce match avant de rentrer sur le court"

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Allégeance préoccupante ou humilité salutaire ?

"Djokovic, à l'image de Federer, est l'un des meilleurs joueurs de l'Histoire sur gazon. Donc, ça va être compliqué. Kyrgios a déjà joué une finale à Wimbledon et son jeu convient très bien au gazon aussi. Je ne dis pas que je ne suis pas capable d'y battre Djokovic, mais je pense que j'ai moins de chances de le faire que sur les autres surfaces. Et je pense que Kyrgios est celui qui est le plus apte à le faire que quiconque", a-t-il encore estimé.
Au moment de prononcer ses mots, Alcaraz ne savait pas encore que Nick Kyrgios allait déclarer forfait à Halle et que ses perspectives de briller à Wimbledon s'amenuisaient de jour en jour. Dans la lignée de sa conférence de presse d'après-demie à Roland, cet éloge du "Djoker" confine à une certaine allégeance au patron du tennis mondial dont il semble entériner la supériorité. A moins que ce ne soit une manière de rejeter toute forme de pression pour surprendre l'adversité sur le gazon londonien aussi bien au Queen's qu'au All England Club ?
Toujours est-il que l'exercice d'humilité n'aurait pas été renié par Rafael Nadal lui-même. "Il y a beaucoup de joueurs qui glissent sur gazon. Je n'en fais pas partie, donc il faut que je réfléchisse à ma façon de bouger. Il faut que je sois concentré au maximum sur chaque déplacement et chaque coup. Pour moi, c'est plus fatigant de ce point de vue. C'est complètement différent", a répété "Carlitos". Se replacer dans le rôle de l'élève est à ce stade peut-être le plus sûr moyen de faire des progrès, pourquoi pas fulgurants. Et de se relever très vite de l'échec de Paris.
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