Il a éteint la Caja Magica. En difficulté depuis le début de la saison sur terre battue, Alexander Zverev a retrouvé toutes ses sensations cette semaine à Madrid, et c’est le favori du public espagnol et quintuple champion Rafael Nadal qui en a fait les frais vendredi. L'Allemand a fait preuve d’une grande autorité pour l’emporter en deux sets (6-4, 6-4) et 1h44 de jeu sur le court Manolo Santana, tandis que le Majorquin est apparu, lui, passif et en manque de sensations. Pour une place en finale, le numéro 6 mondial défiera Dominic Thiem, tombeur renversant de John Isner (3-6, 6-3, 6-4) plus tôt dans la journée.
Il n'avait jamais triomphé de l'ogre de l'ocre sur son terrain de prédilection jusqu'ici (3 défaites). Alexander Zverev a mis fin à cette série et a prolongé la sienne : il a décroché sa 3e victoire consécutive face à Rafael Nadal, après deux succès sur dur indoor (au Masters de Londres 2019 et à Paris-Bercy 2020). Et il l'a fait avec la manière, et en toute logique, tant il a dominé son prestigieux adversaire dans le jeu. Profitant des conditions d'altitude qui conviennent parfaitement à sa taille au service et à sa puissance du fond, il a imposé son rythme à l'Espagnol, apparu soudain bien timide.
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Saoulé de coups et trop passif, Nadal n'a rien pu faire face à Zverev : le résumé de sa sortie

6 minuscules coups gagnants : Nadal a payé sa passivité

Paradoxalement, c'est au moment où Nadal semblait avoir pris la mesure de son adversaire qu'il a perdu pied. Alors que les serveurs s'étaient montrés intraitables dans les cinq premiers jeux, le numéro 2 mondial a fait le break blanc dans le sixième, profitant des erreurs à répétition de Zverev. On pensait la machine lancée, on se trompait. Car dans la foulée, l'Allemand a réagi en décochant deux passings surpuissants, l'un en revers long de ligne et l'autre en coup droit croisé, pour rendre la pareille au Majorquin (4-3).
Ce débreak immédiat a autant libéré Zverev qu'il a fait douter Nadal. La preuve ? Le grand Sascha a aligné quatre jeux pour s'emparer du premier acte. Et la dynamique n'a jamais changé. Solide en fond de court, il n'a pas semblé gêné par la balle du Majorquin, accélérant à sa guise dès que celle-ci manquait de longueur. Une statistique illustre parfaitement l'impression de puissance dégagée par l'Allemand et les difficultés de l'Espagnol : le premier a frappé 28 coups gagnants quand le second n'en a lâché que 6. Constamment repoussé derrière sa ligne de fond, le numéro 2 mondial a retardé l'échéance jusqu'au 5e jeu du second set, avant de concéder le break de trop.
Fidèle à sa réputation, Nadal s'est battu : il a même écarté deux balles de K.-O. définitif à 4-2 contre lui. Il a serré le poing, harangué la foule avec ses célèbres "Vamos". Mais rien n'y a fait. Zverev était trop fort, trop serein ce vendredi pour que le Majorquin trouve une sortie de secours. Si les conditions madrilènes sont les moins propices à son expression, cette défaite n'en reste pas moins un coup d'arrêt dans sa progression après son titre arraché à Barcelone. Pour Zverev en revanche, cette performance tombe à pic : du doute à la grande confiance avant Roland, il n'y a parfois qu'un pas. Il l'a peut-être franchi.
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