Battu d'entrée une nouvelle fois : la "nouvelle réalité" pour Novak Djokovic
Par Loris Belin
Mis à jour 26/04/2025 à 20:04 GMT+2
Novak Djokovic a subi le même sort qu'à Monte-Carlo, une élimination dès son premier match dans le tournoi. Et il n'y a une fois encore pas eu à redire, tant l'Italien Matteo Arnaldi a mérité sa victoire au 2e tour du Masters 1000 de Madrid. Il y a chez le Serbe comme une forme de fatalité à revenir sur terre. Même si tout n'est pas complètement à jeter en vue de Roland-Garros.
Arnaldi frustre Djokovic sur terre à son tour
Video credit: Eurosport
A mesure que le crépuscule de sa carrière s'approche, Novak Djokovic va indéniablement voir certaines de ses folles séries se stopper. Parfois brutalement même. Cette nouvelle défaite en deux manches sèches contre Matteo Arnaldi à Madrid (6-3, 6-4) ne souffre d'aucune contestation, et c'est peut-être ce qui détonne autant.
Il faut remonter à un autre temps, deux décennies plus tôt, en 2009 pour retrouver la trace d'un Djokovic perdant six sets consécutifs, après la finale de Miami contre Jakub Mesnik, et le 2e tour contre Alejandro Tabilo. Le Serbe a toujours son aura de légende sur les adversaires, plus la mainmise. Et même l'intéresse ne semble plus en être surpris.
Première défaite contre un joueur hors-Top 30 à Madrid
Matteo Arnaldi a pourtant bien résumé ce qui est traditionnellement l'avis commun quand le recordman des titres en Grand Chelem chute contre un autre adversaire qu'un monstre du circuit. "Oh mon Dieu" pouvait bien signer le Transalpin sur la caméra du court Manolo Santana. Jamais Novak Djokovic n'avait été battu par un joueur hors du Top 30 à Madrid, et il n'y avait eu que Grigor Dimitrov en 2013 pour dominer "Nole" dès son entrée en lice dans la capitale espagnole en 12 participations. Mais ça, c'était avant.
"Je n'avais pas de grosses attentes du tout ici pour être honnête, a-t-il assuré en conférence de presse. J'espérais pouvoir jouer un match de plus qu'à Monte-Carlo. C'est une sorte de nouvelle réalité pour moi, je dois l'admettre. Vous savez, d'essayer de gagner un match ou deux, et ne pas penser aller loin dans un tournoi. C'est un sentiment complètement différent de ce que j'ai connu pendant plus de 20 ans de tennis professionnel. Donc c'est un nouveau défi mentalement pour moi de faire faire à ces nouvelles sensations sur le court, de sortir prématurément régulièrement."
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Arnaldi, défenseur de l'extrême face à Djokovic : sa démo en vidéo
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Ce samedi, Novak Djokovic n'est pas seulement tombé sur plus fort que lui. Il a aussi semblé assez loin de ses standards d'implication, voire de motivation dans un premier set assez décevant, avec 20 fautes directes pour 8 petits coups gagnants. "Au départ, j'essayais surtout de ne pas me faire dessus pour être honnête, a réagi hilare Matteo Arnaldi sur le court juste après sa victoire. C'était ce qui comptait le plus. Jouer Novak… C'est mon idole, il l'a toujours été. J'étais juste ravi de pouvoir l'affronter, je n'avais jamais joué contre lui, ni même m'entraîner avec lui. J'ai simplement essayé de le jouer sur des rallyes pour démarrer, lui faire faire des erreurs. Au fur et à mesure, vous vous sentez mieux, la tension s'envole. Cela m'a aidé de le breaker d'entrée, je me disais qu'il allait débreaker directement."
Son ultime Mutua Open ?
C'est ce qu'un grand Novak Djokovic aurait probablement fait, comme si souvent plus tôt dans sa carrière. Mais pas ce samedi, ni ce Djoker-là, étonnamment mal inspiré sur la grande majorité des points décisifs de la rencontre. Comme conscient de ses limites et de sa "mortalité" après des années d'excellence (il a d'ailleurs précisé que cela pourrait être le dernier match de sa carrière dans ce tournoi de Madrid), Djokovic n'a trouvé son supplément d'envie qu'une fois mis dos au mur par un adversaire de plus en plus solide. "Je savais que cela allait être une entrée en lice très compliquée pour moi dans ce tournoi, a insisté le 5e joueur mondial. Arnaldi est un joueur vraiment bon, de qualité."
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Pourquoi les Masters 1000 sur 12 jours pourraient tuer le tennis
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"J'essaie toujours d'être optimiste, et je sais de quoi je suis capable a-t-il poursuivi. Mais les choses sont différentes bien sûr, mes coups, mon corps, mes déplacements… C'est la réalité que je dois accepter."
De la résignation beaucoup, du positif un peu
Ce match ne sera pourtant pas complètement à oublier pour Novak Djokovic. Le Serbe a retrouvé une partie de sa qualité de jeu dans le deuxième set, avec un passage de haut niveau à 3-3, malgré la perte de sa mise en jeu, puis sur le jeu suivant, qu'Arnaldi est allé arracher avec brio après avoir été mené 0-40. "Le point positif, c'est que j'ai vraiment préféré mon jeu par rapport à Monte-Carlo ou d'autres tournois, donc c'est une bonne chose. Mais évidemment, mon niveau n'est pas là où je voudrais qu'il soit."
A un mois de Roland-Garros, le sourire du Djoker est crispé. Alors il tente de faire contre mauvaise fortune bon coeur. "Je vais essayer d'utiliser cela comme une source de motivation pour le futur, a clamé le protégé d'Andy Murray. Les Grands Chelems sont évidemment les tournois les plus importants pour moi, comme je l'ai déjà dit de nombreuses fois. Cela ne veut pas dire que je ne voulais pas gagner ici, bien sûr que je le voulais. Mais les Grands Chelems, c'est là que je veux vraiment jouer mon meilleur tennis. Je ne suis pas certain que j'en serai capable à Roland-Garros, on verra bien."
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Deux coups de raquette bien sentis, deux moments de grâce de Djokovic
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Alors désormais, Novak Djokovic assume - comment pourrait-il en être autrement ? - ne pas aborder le Majeur parisien comme "un des principaux favoris". "Peut-être que cela peut m'aider, je ne sais pas, on verra bien." Pour la première fois depuis 2006, sa première saison complète sur le circuit ATP, Djokovic s'est incliné dès son entrée en lice dans quatre tournois au cours d'une seule et même saison, et nous n'en sommes que fin avril. "C'est le cycle de la vie et d'une carrière j'imagine, a-t-il préféré en sourire. Cela allait bien finir par arriver."
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