Ils ont plus de quinze ans d'écart. L'un touche au crépuscule de sa belle carrière et n'est plus que "l'ombre de ce qu'il était" (selon ses propres termes), l'autre continue sa progression vers les sommets et a l'avenir devant lui. Tout semble donc opposer Jo-Wilfried Tsonga et Félix Auger-Aliassime qui s'affronteront jeudi pour une place en quart de finale du tournoi de Marseille. Et pourtant, les deux hommes ont bien des points communs et une histoire qui donnent une dimension particulière à ce match.
"F2A" ne l'a pas caché : il s'est identifié à Jo-Wilfried Tsonga et reconnu en lui. Comme le Manceau, il est issu d'un mélange de cultures entre un père africain et une mère occidentale (Togo et Canada pour Auger-Aliassime, Congo et France pour Tsonga). Et comme son aîné, il pratique un tennis offensif, fondé sur une puissance et un punch au-dessus de la moyenne. Alors, avant de devenir professionnel, il a beaucoup observé le Français.
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Affronter son idole de jeunesse aura forcément une saveur particulière

"Pour ma génération, c’étaient Roger et Rafa les idoles. Mais une part de moi était aussi vraiment fan de ‘Jo’. J’ai toujours adoré le voir jouer, avec son charisme, son style explosif, son service, son coup droit. Ado, à certains moments, je pouvais même bâtir mon jeu en le calquant sur le sien. ll a toujours été une idole pour moi. Et ça a été génial quand j’ai pu discuter avec lui. Parfois, quand tu rencontres une idole d’enfance, tu es finalement déçu. Avec ‘Jo’, tout le contraire. J’étais ravi. C’est vraiment un gars en or", avait d'ailleurs témoigné le jeune Canadien l'an dernier lors d'un live Instagram animé par Nicolas Mahut pour We Are Tennis.

Tsonga déroule face à Simon

Cet échange, Tsonga s'en souvient lui aussi très bien. Car l'ancien numéro 5 mondial avait été, comme beaucoup, vite impressionné par les qualités de "F2A". Alors, le voir désormais dans le Top 10 ne le surprend pas vraiment. "Félix est un joueur qui m'a vu jouer à la télé quand il était plus jeune. Je me rappelle avoir discuté avec ses parents quand il avait 15 ans : il était déjà très prometteur et très sérieux. On lui promettait déjà l'avenir qu'il a aujourd'hui, il va continuer à progresser. Je suis certain qu'il peut faire tomber encore certaines barrières et aller encore plus haut", a-t-il estimé après son 1er tour victorieux face à Gilles Simon mardi.
Ce premier (et peut-être dernier) duel entre les deux hommes aura donc forcément une saveur particulière. Affronter son idole de jeunesse est à la fois un rêve et un piège si l'on reste trop en pamoison devant lui. Félix Auger-Aliassime pourrait-il passer à côté de son match ? A vrai dire, c'est peu probable. L'émotion ne l'avait pas empêché de renverser un autre modèle en juin dernier quand il avait triomphé de Roger Federer sur le gazon de Halle (4-6, 6-3, 6-2). Et puis, en quelques mois, le Canadien, qui a gagné son premier titre à Rotterdam dimanche et reçu un message de félicitations du Suisse d'ailleurs, a changé de dimension.

Tsonga : "C'est aussi une consécration pour moi : ça veut dire que j'ai traversé les générations"

Ce match devrait plus probablement entériner ce que le classement indique plutôt cruellement : les deux hommes, respectivement 9e et 243e mondiaux, ne boxent plus vraiment dans la même catégorie. Quand l'un a fait d'une qualification au Masters l'un de ses objectifs de la saison, l'autre rêve de sortir de scène la tête haute. Mais aussi brutal soit-il, ce constat ne représente peut-être pas tout à fait la réalité du rapport de forces.

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"Le jouer pour moi, c'est aussi une consécration : ça veut dire que j'ai traversé les générations. Il fait partie des jeunes que je n'ai pas joués encore. J'ai pratiquement joué tous les autres, et je les ai aussi à peu près tous battus. Donc le prochain numéro 1 mondial, je l'aurai sûrement battu, c'est aussi un truc à mettre sur ma carte de visite !", a prevénu Tsonga, sourire en coin et l'œil pétillant. Limité physiquement à cause de la multiplication des blessures, le Manceau n'en reste pas moins dangereux ponctuellement. A Rotterdam la semaine dernière, il avait donné du fil à retordre à Hubert Hurkacz, ne s'inclinant que 9 points à 7 au tie-break du second set. Or, le Polonais, 11e mondial, a participé au Masters de Turin voici quelques mois.

La première pierre d'un doublé Rotterdam-Marseille pour "F2A" ?

"Evidemment que je vais rentrer sur le court en ayant envie de remporter une victoire, même si ça va être compliqué face à un joueur en pleine bourre", a encore déclaré Tsonga qui a remporté le tournoi à chaque fois qu'il y a battu Gilles Simon précédemment (2013 et 2017). Le vétéran tricolore sait toutefois que le contexte est bien différent et que le défi sera encore immense. Car Auger-Aliassime surfe sur une bien meilleure dynamique que Hurkacz et vise le doublé Rotterdam-Marseille.

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"Le tableau est assez difficile, les têtes de série sont assez fortes, je joue Jo dès le premier tour (le 2e en fait, il était exempté du 1er en tant que tête de série 3, NDLR). Chaque match est difficile. J'espère connaître une belle semaine. J'adore à chaque fois jouer en France. Surtout à Marseille, j'ai de bons souvenirs ici", a relevé le Canadien en conférence de presse d'avant-tournoi. Finaliste dans la cité phocéenne il y a deux ans face à Stefanos Tsitsipas, il se verrait bien prendre sa revanche contre le Grec qu'il a d'ailleurs battu à Rotterdam. Mais avant cela, il faudra déboulonner l'idole.
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