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Foxtenn, la technologie qui veut remplacer le Hawk-Eye

Foxtenn, la technologie qui veut remplacer le Hawk-Eye
Par AFP

Le 22/09/2017 à 11:45Mis à jour Le 22/09/2017 à 13:17

Le renard va-t-il chasser le faucon ? Utilisé pour la première fois en compétition, au tournoi ATP de Metz cette semaine, Foxtenn et ses images réelles filmées par une quarantaine de caméras promettent de "révolutionner" l'arbitrage électronique au tennis, et de casser le monopole de son concurrent Hawk-Eye.

C'est une image devenue incontournable : la simulation en trois dimensions du rebond de la balle, qu'un joueur demande s'il doute du jugement de l'arbitre. "In" ou "out", la vidéo rend son verdict, sous le regard impliqué des spectateurs, et le match peut continuer. Derrière cette technologie se cache l'entreprise Hawk-Eye (littéralement "oeil de faucon"), filiale du géant japonais de l'électronique Sony. Depuis sa mise en service au tournoi de Miami en mars 2006, elle a déployé ses ailes sur tout le circuit, chez les hommes comme chez les femmes, jusqu'à faire partie du décor.

Mais pour la première fois, un concurrent chasse sur ses terres. Approuvé en décembre par les instances réunies du tennis (Fédération internationale, ATP, WTA, tournois du Grand Chelem), l'Espagnol Foxtenn, avec un système différent, connaît à Metz son baptême officiel, avant Anvers en octobre et "beaucoup d'autres tournois", assure à l'AFP son propriétaire et président, Javier Simon. Son projet est parti du constat que "les joueurs professionnels étaient en train d'avancer beaucoup plus rapidement, sur le plan de la performance physique, que la technologie. Il y avait un gap très fort."

Quarante caméras

"Il fallait avoir un système d'arbitrage plus avancé. Il y avait également un besoin en termes de mesure de performance des joueurs", poursuit le Catalan de 49 ans, qui travaillait dans le... yaourt, avant de se lancer dans Foxtenn "seul avec son investissement mais avec une équipe d'ingénieurs" dont il garde le nombre secret.

Hawk eye

Hawk eyeGetty Images

Cinq années, dont deux et demi de tests, ont été nécessaires pour mettre au point sa technologie. En quoi diffère-t-elle de Hawk-Eye ? Grâce à un système de 40 caméras haute vitesse reparties autour du court, Foxtenn veut capturer "le moment de vérité" par des images réelles et non se baser sur "une estimation comme jusqu'à présent". "C'est transparent et honnête", se targue M. Simon, qui se vante aussi de pouvoir vendre des statistiques plus poussées aux joueurs, ses autres clients avec les directeurs de tournoi.

"Je trouve, en tant qu'organisateur, qu'il y avait un monopole du Hawk-Eye", estime Julien Boutter, aux manettes en Moselle. "C'est de bon ton parce qu'il va y avoir une concurrence qui va se mettre en place. Quand il y a concurrence, automatiquement, les deux vont chercher à prendre le pas sur l'autre et donc monter en gamme et en technologie. Je trouve donc que c'est une très, très bonne chose."

Temps d'adaptation

Certes, un problème d'écran lors de la rencontre entre Marcel Granollers et Simone Bolelli, mardi, a mis en rage l'Espagnol. Mais "ça roule sans aucun accroc depuis", se félicite M. Boutter, qui a dépensé entre 40 000 et 50 000 euros pour ce système. Du côté des joueurs et des entraîneurs, si on se réjouit de l'arrivée d'un concurrent, on attend de voir les résultats.

"On a besoin d'un petit temps d'adaptation. On a été tellement habitué au Hawk-Eye", explique le Français Paul-Henri Matthieu, ancien 12e joueur mondial en 2008. "Il faut voir sur la durée", lance, prudent, son compatriote Nicolas Mahut (107e). "J'attends de voir pour savoir si c'est aussi fiable que le Hawk-Eye." Pour Antoine Benneteau, entraîneur de son frère Julien (94e), Foxtenn peut progresser sur "le laps de temps entre la demande du challenge (quand le joueur demande l'arbitrage électronique, NDLR) et le résultat, qui doit être réduit." La route pour déloger le faucon et s'installer à Roland-Garros, le tournoi rêvé de Javier Simon, est encore longue.

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