Dans dix ou quinze ans, quand nous nous retournerons sur le palmarès de Carlos Alcaraz, ce dimanche 3 avril 2022 aura peut-être valeur de point de départ. Pressenti comme un futur grand depuis un petit moment maintenant, lancé sur une trajectoire fulgurante depuis plusieurs mois, le prodige espagnol vient de sauter d'un coup d'un seul quelques marches sur l'escalier de son ascension. Dimanche, il a dominé Casper Ruud (7-5, 6-4) en finale du tournoi de Miami, pour remporter son premier Masters 1000. Un couronnement dont on a du mal à imaginer qu'il n'en appelle pas beaucoup d'autres à l'avenir.
A 18 ans et 333 jours, le protégé de Juan Carlos Ferrero, en larmes après la balle de match, devient le troisième plus jeune lauréat d'un tournoi de cette envergure, juste derrière Michael Chang et celui à qui il n'a cessé d'être comparé, Rafael Nadal. A tort, au moins en partie. Carlos Alcaraz est d'abord Carlos Alcaraz et ce premier succès d'importance va l'aider à s'émanciper de cette image réductrice. Il est aussi le tout premier joueur espagnol à apposer son nom au palmarès du Masters 1000 floridien. Ses ainés avaient cumulé huit échecs ici au cours du dernier quart de siècle, de Bruguera à Nadal en passant par Moya ou Ferrer.
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La bête a montré son vrai visage

Cette finale entre deux novices dans ce contexte n'a pas atteint des sommets, probablement en grande partie de par leur inexpérience. Carlos Alcaraz est même apparu le plus tendu des deux dans la partie initiale de la rencontre. Breaké d'entrée, mené 4-1, il a subi cette finale pendant une demi-heure. Casper Ruud ne produisait pourtant rien de miraculeux de son côté, mais le Norvégien pouvait se contenter d'un peu plus de justesse et d'un peu moins de déchet pour faire la course en tête. Puis la bête a déchiré sa carapace craintive pour afficher son vrai visage. Et ce fut dès lors un tout autre match.
Dans l'ordre, Alcaraz a débreaké pour revenir à 4-4. Puis breaké au meilleur moment à 6-5 en sa faveur pour aller chercher ce premier set si mal emmanché. Et comme il était lancé, tant qu'à faire, il a breaké deux autres fois dès l'entame du second acte. Vous avez bien compté. De 4-1 Ruud, nous sommes passés à 7-5, 3-0 Alcaraz (soit un 9-1), avec quatre jeux de service perdus sur cinq pour le Scandinave. Même si Ruud a effacé un de ses deux engagements de retard, jamais il n'a semblé en mesure de faire (re)basculer cette finale. Le plus jeune des deux était aussi le plus fort et la façon dont il a conclu, sur un jeu blanc, en dit long.
Avant de parler de nouvelle ère, on attendra que Carlos 1er, déjà roi de Miami, n'étende son territoire à des contrées plus prestigieuses encore. Celles du Grand Chelem, par exemple. Mais chaque chose en son temps. Un Masters 1000, si jeune, c'est une performance exceptionnelle. A la fois un message pour aujourd'hui et une promesse pour demain. Alcaraz fait indéniablement souffler un vent d'air frais sur le circuit. Et ce n'est pas une petite brise. C'est une tornade.

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