Masters 1000 Miami | Jannik Sinner, service plus que jamais compris
Par Laurent Vergne
Mis à jour 31/03/2026 à 17:52 GMT+2
Jannik Sinner n'a pas cessé de progresser au service au fil des années. Il avait atteint de nouveaux sommets dans ce secteur déterminant du jeu la saison dernière. Mais il est parti sur des bases encore plus impressionnantes en 2026. À Indian Wells et Miami, il n'a laissé que des bribes de miettes à ses adversaires. Quand il sert comme ça, il est presque injouable.
Comment Sinner a réussi le "Sunshine Double" : sa victoire en finale face à Lehecka en vidéo
Video credit: Eurosport
"Il ne manquait plus que ça. Et maintenant, Sinner est un serve bot." Voilà ce que nous avions avancé l'automne dernier, quand en pleine saison indoor, Jannik Sinner bombardait de tous les côtés les carrés de service adverses. L'Italien était devenu injouable sur son engagement.
Presque impossible à breaker. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est (re)parti sur des bases similaires cette saison. L'échantillon est certes encore un peu maigre, mais sur ces trois premiers mois de l'année et ses 21 premiers matches, il est à nouveau en mode machine au service, et ce n'est certainement pas Jiri Lehecka qui dira le contraire.
"Le service, c'est un processus très, très long", a-t-il expliqué cette semaine à Miami. Très long, et jamais achevé. Le service, c'est le mouvement perpétuel du tennisman, sans cesse en éveil et en évolution.
"On continue à le travailler, à essayer de comprendre quel est le meilleur mouvement, avec le meilleur rythme possible, précise-t-il. Et il y a des jours où je sers vraiment, vraiment bien. Il y en a d'autres où j'ai un peu plus de mal. Mais c'est le tennis. Parfois, on sent mieux le revers, puis le coup droit. Et puis on retourne sur le court le lendemain, et c'est complètement différent. Donc, le service, c'est pareil."
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Une dernière volée et Sinner s'offre le Masters 1000 de Miami : la balle de match en vidéo
Video credit: Eurosport
À une nuance près : le service est un coup à part. Techniquement, mais surtout de par sa position initiale dans un échange. C'est le seul coup où le joueur a la maîtrise totale des évènements. Un coup droit, un revers, une volée, un retour, un passing, est toujours une réponse directe à une proposition adverse, contrairement au service.
Et cela convient bien à Jannik Sinner, qui dit aimer le fait qu'il peut "contrôler le rythme et l'effet de la balle. C'est le coup où on fait tout soi-même." Bien sûr, il y aura toujours des relanceurs plus ou moins efficaces. Mais un service parfait reste un service parfait. "Et quand on sert vraiment bien, ça donne un peu de temps libre, l'occasion d'avoir de l'air, de respirer", ajoute le numéro 2 mondial.
En quatre ans, la métamorphose a été totale
Cette saison, Jannik Sinner respire particulièrement bien. Toutes ses statistiques sont en hausse, y compris par rapport à la saison dernière, qui fut pourtant déjà la meilleure de sa carrière dans ce domaine. À l'issue de ce premier trimestre, le Trentinois a remporté 95% de ses jeux de service (contre 92% en 2025), il a dépassé pour la première fois la barre des 80% de points gagnés derrière sa première (il est même au-delà de 82%), il sert plus de premières, gagne plus de points sur sa seconde et son nombre d'aces par match a presque doublé, passant de 6,3 à plus de 11.
Sur les 21 rencontres disputées cette année, il y en a 15 où Jannik Sinner n'a pas été breaké une seule fois. En route vers son premier "Sunshine Double" à Indian Wells et Miami, il a même atteint de nouveaux sommets. De la Californie à la Floride, en douze matches, il a été breaké trois fois et n'a dû faire face qu'à 18 balles de break. 18 balles de break en 12 matches... C'est dire si les opportunités sont minimes pour le joueur en face. Et les rares moments où il a été en difficulté, comme en tout début de finale dimanche contre Jiri Lehecka, Sinner sort le grand jeu et sert le plomb : mené 0-40, il a aligné cinq premières pour repousser le danger. Après quoi le Tchèque n'a plus eu de balles de break. À l'arrivée, un phénoménal 33 sur 36 en première balle, soit 92% de points gagnés.
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Un cri libérateur : ça n'a pas été si simple pour Sinner
Video credit: Eurosport
Que le temps semble loin où l'Italien se cherchait encore une identité au service. Jim Courier a raconté une anecdote sur le site de l'ATP. La première fois qu'il a rencontré Simone Vagnozzi, c'était justement à Miami, en mars 2022. Le jeune Sinner venait juste de se séparer de son coach d'alors, Riccardo Piatti. "Je lui ai demandé ce qu'il comptait faire avec Jannik sur quoi il allait le faire travailler, a narré Courier. La première chose dont Simone m'a parlé, c'était le service. Il a dit : 'Son service a un défaut. Il faut le corriger et le rendre plus fluide. Je veux que son lancer soit plus en avant pour qu'il puisse être plus offensif au service.'"
En quatre ans, la métamorphose a été totale. Jannik Sinner n'a jamais été aussi performant dans ce secteur du jeu. Il est même devenu un des meilleurs serveurs du circuit. Tout simplement. Le printemps aura valeur de nouveau test pour lui. Sur terre battue, cette arme plus très loin d'être fatale va devoir se montrer aussi rentable et redoutable. Ce sera un élément clé dans la quête qui est la sienne sur cette surface où ses résultats n'ont toujours pas été à la hauteur de ce qu'ils ont pu être sur dur extérieur, sur herbe ou en indoor. Mais le serve bot va arriver lancé comme jamais.
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