ATP Monte-Carlo - Davidovich Fokina croit en son étoile : "Quand vous battez le n°1, vous ne manquez pas de confiance"

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ATP MONTE-CARLO - A 22 ans, Alejandro Davidovich Fokina joue samedi sa première demi-finale en Masters 1000 contre Grigor Dimitrov. Sur le Rocher, l'Espagnol a retrouvé des sensations après un début de saison compliqué. Sa victoire sur Novak Djokovic en début de semaine pourrait bien lui avoir servi de déclic sur le plan mental, un domaine clé pour franchir un nouveau cap dans sa jeune carrière.

Alejandro Davidovich (Masters 1000 Montecarlo 2022)

Crédit: Getty Images

Il représente aussi le futur du tennis espagnol. Mais dans l'ombre de futur géant de Carlos Alcaraz, on l'avait un peu oublié ces derniers temps. Avec le retour de la terre battue, Alejandro Davidovich Fokina semble soudain s'être souvenu de sa percée remarquée lors du printemps 2021 : à 21 ans, il avait notamment atteint son premier quart de finale en Grand Chelem à Roland-Garros, quelques jours après avoir gagné un match d'anthologie contre Casper Ruud au 3e tour (7-6, 2-6, 7-6, 0-6, 7-5). Le public parisien découvrait alors un joueur solide avec un grain de folie et une personnalité affirmée, un volcan qui s'est réveillé cette semaine sur le Rocher.
Car avant cela, le 46e joueur mondial restait sur trois défaites et il avait même été battu au 1er tour dans six tournois sur les neuf auxquels il avait pris part depuis le début de la saison 2022. Mais l'air de la Principauté où il avait battu son premier membre du Top 10, Matteo Berrettini, l'a visiblement inspiré. "Je suis si heureux. L'année dernière, j'ai atteint les quarts de finale et j'ai dû abandonner (contre Stefanos Tsitsipas, NDLR). Je suis si ému d'être en demi-finale. Je profite de chaque point. Dans le premier set, j'ai eu beaucoup d'opportunités pour breaker et je ne l'ai pas fait. Mais je suis resté concentré et j'ai cru en moi", a confié Davidovich Fokina après avoir renversé Taylor Fritz en quart.

Le "toilet break", un outil tactique assumé contre Djoko

Si l'Espagnol y a cru à ce point, malgré un scénario défavorable, il le doit en partie à ce qu'il s'était prouvé en début de semaine. Novak Djokovic avait beau être loin de son meilleur niveau, aussi bien tennistiquement que physiquement, le fait d'être capable d'en profiter pour accrocher le numéro 1 mondial à son tableau de chasse lui a fait un bien fou. D'ailleurs, pour y parvenir, il s'est inspiré de la méthode du… Serbe lui-même à Roland-Garros l'an dernier : s'octroyer une pause salutaire pour repartir de l'avant.
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Djoko était déréglé : le résumé de sa défaite face à Davidovich Fokina

Video credit: Eurosport

Après avoir cédé le deuxième set face à Djokovic, il aurait pu ainsi s'effondrer d'autant que le public commençait à s'enflammer. Mais il a su remettre les gaz. "Mon coach (Jorge Aguirre) m'a juste dit de jouer chaque point à fond. Je me poussais au maximum, peu importe si je tombais : j'étais prêt au combat. Je suis allé aux toilettes pour me remettre les idées en place et je me suis dit : 'Tu joues bien et si tu te pousses encore plus, tu peux le faire'", avait-il indiqué à Tennis Channel.
Davidovich Fokina a procédé exactement de la même manière après la perte du premier set contre Taylor Fritz, avec la même réussite. Un sacré pas en avant pour lui qui sait à quel point il manque de stabilité sur le plan mental. C'est dans ce domaine qu'il estime d'ailleurs que se situe sa principale marge de progression : canaliser ce côté "tout fou" qui le rend capable de servir à la cuillère dans des moments critiques, de plonger dans tous les sens sur le court, mais aussi de perdre totalement sa concentration et le fil de certains matches.

Conscient de ses lacunes, Davidovich travaille avec un psychologue

Depuis l'âge de 11 ans, date du début de sa collaboration avec son mentor Jorge Aguirre, il dispose aussi des conseils d'un psychologue Antonio De Dios Gonzalez. Mais il n'a vraiment pris cette aide au sérieux qu'il y a trois ans : il s'était alors rendu compte qu'il ne pourrait pas exploiter son potentiel tout seul. Un peu à la manière du jeune et colérique Roger Federer qui avait consulté pour parvenir à maîtriser peu à peu son caractère volcanique.
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Il n'a rien lâché avant de conclure en beauté : comment Davidovich Fokina a renversé Fritz

Video credit: Eurosport

"Je dois faire avec beaucoup d'émotions en même temps sur le court, que je gagne ou que je perde. Le tennis, c'est comme les montagnes russes : vous avez des séries de victoires ou de défaites, et il faut savoir les gérer. Quand vous gagnez beaucoup, vous pouvez vite penser que vous êtes le meilleur du monde, et ce n'est pas le cas. Il faut rester humble. Et quand vous perdez beaucoup, vous avez l'impression que vous ne pouvez battre personne et que ce sport n'est pas pour vous. Ce qui n'est pas vrai non plus. Il faut contrôler ses émotions pour faire partie des meilleurs", témoignait encore Davidovich Fokina dans un entretien accordé à Tennis Majors.
Bien installé parmi les 50 meilleurs joueurs du monde à 22 ans, l'Espagnol vise plus haut et le Top 20 à court terme. Mais il est conscient que, pour y arriver, il doit acquérir cet équilibre mental qui lui manque encore trop régulièrement. Il suffit pour s'en convaincre d'analyser sa seconde partie de saison dernière. Alors qu'il a le jeu de fond de court pour s'exprimer sur toutes les surfaces, il avait enchaîné les désillusions.
"Je jouais très bien à Roland-Garros, et pendant la saison sur gazon que j'adore parce que je peux plonger partout (il a gagné Wimbledon chez les juniors en 2017, NDLR), quelque chose s'est passé dans ma tête. Et soudain, je ne pouvais plus jouer. Mentalement, je n'en étais plus capable. Ça s'est passé à Wimbledon : je menais deux sets à zéro contre Denis Kudla et j'ai perdu en cinq au 1er tour. A partir de ce match, j'étais en chute libre sur le plan mental. C'est quelque chose qu'il faut que j'améliore et que je comprenne mieux", a-t-il analysé.
Reparti de plus belle cette semaine sur le Rocher, Davidovich Fokina semble avoir retrouvé tout son fighting spirit. Avant sa victoire contre le numéro 1 mondial, ses cinq premières tentatives contre des membres du Top 5 s'étaient toutes soldées par des échecs. Capable d'enchaîner après son exploit contre Djokovic, il a capitalisé dessus, comme soudain plus conscient de ses capacités sur tous les plans.
Alors ce n'est pas Grigor Dimitrov, 29e mondial certes très talentueux mais connu pour son inconstance, qui devrait l'intimider. Pas plus que la perspective de jouer sa première demi-finale en Masters 1000. "Je suis prêt à aller chercher le titre ! Vous savez, quand vous battez le numéro 1 mondial, vous ne manquez pas de confiance", a-t-il encore fait remarquer. Dans la période de flottement actuelle dans la hiérarchie du tennis mondial, il aurait tort de voir moins grand.
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